La politique sociale du général de Gaulle

Alain Kerhervé nous présente son ouvrage « Une révolution en héritage », une étude précise et minutieuse de la politique sociale du général de Gaulle.

Cercle Aristote


Cet ouvrage sur la politique sociale de Charles de Gaulle veut évoquer un thème fort peu évoqué par l’ensemble des biographies et ouvrages consacrés à sa politique.

Du discours d’Oxford en 1942 jusqu’au référendum de 1969, en passant par l’incontournable programme du CNR et les nombreuses réformes, c’est toute une vie au cours de laquelle Charles de Gaulle entend mener une révolution sociale.

Alain Kerhervé fait œuvre d’historien en proposant une analyse chronologique de l’œuvre inachevée de Charles de Gaulle et fait le récit des mois qui ont précédé le référendum d’avril 1969 décrivant les agissements de ceux qui ont voulu torpiller son ambition sociale.

« N’en doutons pas, toutes les salves du gaullisme ne sont pas encore tirées. Et la dernière viendra d’outre-tombe » – Jean-Raymond Tournoux

 Tout cela se serait passé différemment si l’attitude de Pompidou avait été différente. Charles de Gaulle à Michel Debré, le 24 avril 1969.

Alain Kerhervé, chroniqueur politique notamment sur le site internet gaullisme.fr est également acteur de la vie publique, il a longtemps dirigé une organisation syndicale de salariés et est aujourd’hui élu local d’une ville bretonne.

Encore lui ? Encore un film ? Encore un livre ? Où et quand cesserez-vous les fouilles dans la vallée du Roi ? (Jean Lacouture — Nouvel’Obs du 9 septembre 1988).

27 ans plus tard, le constat est toujours d’actualité.

« Jamais bien sûr, ni nous, ni personne à venir. Qui oserait prétendre que l’essentiel a été dit et écrit sur le personnage immense dont nous n’avons pas cessé de mesurer sur notre paysage, notre horizon, dans notre conscience collective, l’ombre portée » répond l’auteur de quelques milliers de pages consacrées à Charles de Gaulle.

L’hebdomadaire L’Express du 8 mai 2008 corrobore cette approche. Christian Makarian évoque l’avenir du gaullisme politique :

« Alors que le képi et l’uniforme ont presque disparu de notre paysage politique, que la froideur de la mondialisation semble éteindre toute fièvre de grandeur », alors que la crise économique et sociale actuelle asphyxie toute initiative de changement, « ce géant né au XIXe siècle a encore tant de chose à dire, tant de chose à partager ».

Le Pays, dans toutes ses composantes, attend que l’on replace les femmes et les hommes au cœur de toute chose. À l’image de ce qu’Hervé Gaymard déclarait au Figaro le 9 novembre 2000, « il faut bâtir un nouvel humanisme qui rétablisse le principe de responsabilité avec une citoyenneté active qui permette à l’homme de s’épanouir dans sa vie, dans sa famille, dans son travail, dans la cité », il nous faut construire avec persévérance la démocratie de participation.

« Il est clair que l’une des raisons principales de notre déchirement intérieur, c’est l’injustice de la condition ouvrière » affirmait l’homme du 18 juin (Saint-Brieuc, 9 juin 1951).

Cet ouvrage sur la politique sociale de Charles de Gaulle veut réhabiliter un thème fort peu évoqué par l’ensemble des ouvrages consacrés à son œuvre. Du programme du CNR au référendum d’avril 1969, Charles de Gaulle veut mener une révolution sociale qu’il ne pourra mener à terme. L’œuvre inachevée de Charles de Gaulle, la Participation, l’auteur, Alain KERHERVÉ en propose dans ce livre une analyse chronologique et dénonce ceux qui, dans l’entourage du Général, ont voulu torpiller son ambition sociale.

Charles de Gaulle en appelle à tous : « Puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera, tôt ou tard, une source d’ardeur nouvelle après que j’aurai disparu »

À mon humble niveau, celui d’un militant syndical, puis élu local, le moment est venu de participer du mieux que je peux à l’évocation d’un thème à mon avis insuffisamment traité : la politique sociale de Charles de Gaulle. Ceux qui ont toujours combattu De Gaulle, ou depuis sa disparition, les mêmes qui s’évertuent à l’oublier dans l’espoir d’une reconversion politique partisane osent nous interpeller « Laissez De Gaulle en paix ». Mais, hier comme aujourd’hui et demain, c’est lui qui ne nous laisse pas en paix. Et c’est tant mieux.

Corsaire éditions

Georges Bernanos – Le Nombre

La Civilisation des Machines est la civilisation des techniciens, et dans l’ordre de la Technique un imbécile peut parvenir aux plus hauts grades sans cesser d’être imbécile, à cela près qu’il est plus ou moins décoré.

La Civilisation des Machines est la civilisation de la quantité opposée à celle de la qualité. Les imbéciles y dominent donc par le nombre, ils y sont le nombre. J’ai déjà dit, je dirai encore, je le répéterai aussi longtemps que le bourreau n’aura pas noué sous mon menton la cravate de chanvre : un monde dominé par la Force est un monde abominable, mais le monde dominé par le Nombre est ignoble.

La Force fait tôt ou tard surgir des révoltés, elle engendre l’esprit de Révolte, elle fait des héros et des Martyrs. La tyrannie abjecte du Nombre est une infection lente qui n’a jamais provoqué de fièvre.

Le Nombre crée une société à son image, une société d’êtres non pas égaux, mais pareils, seulement reconnaissables à leurs empreintes digitales. Il est fou de confier au Nombre la garde de la Liberté. Il est fou d’opposer le Nombre à l’argent, car l’argent a toujours raison du Nombre, puisqu’il est plus facile et moins coûteux d’acheter en gros qu’au détail. Or, l’électeur s’achète en gros, les politiciens n’ayant d’autre raison d’être que de toucher une commission sur l’affaire.

Avec une Radio, deux ou trois cinémas, et quelques journaux, le premier venu peut ramasser, en un petit nombre de semaines, cent mille partisans, bien encadrés par quelques techniciens, experts en cette sorte d’industrie.

Que pourraient bien rêver de mieux, je vous le demande, les imbéciles des Trusts? Mais, je vous le demande aussi, quel régime est plus favorable à l’établissement de la dictature ? Car les Puissances de l’Argent savent utiliser à merveille le suffrage universel, mais cet instrument ressemble aux autres, il s’use à force de servir.

En exploitant le suffrage universel, elles le dégradent. L’opposition entre le suffrage universel corrompu et les masses finit par prendre le caractère d’une crise aiguë. Pour se délivrer de l’Argent — ou du moins pour se donner l’illusion de cette délivrance — les masses se choisissent un chef, Marius ou Hitler. Encore ose-t-on à peine écrire ce mot de chef. Le dictateur n’est pas un chef. C’est une émanation, une création des masses. C’est la Masse incarnée, la Masse à son plus haut degré de malfaisance, à son plus haut pouvoir de destruction.

Ainsi, le monde ira-t-il, en un rythme toujours accéléré, de la démocratie à la dictature, de la dictature à la démocratie, jusqu’au jour…

Georges Bernanos, La France contre les robots (1947)

Complément d’enquête : les repentis du jihad

Après l’attentat contre Charlie Hebdo puis les attaques au Bataclan, quels dispositifs le gouvernement français a-t-il mis en place pour lutter contre la radicalisation ? Les programmes de désembrigadement et centres de désendoctrinement sont-ils efficaces ? Quelle réinsertion pour les apprentis jihadistes ? Faut-il croire les repentis ? Complément d’enquête se penche sur ces questions.

France 2

Au sommaire :

Les repentis du jihad

Deux ans jour pour jour après l’attentat contre Charlie Hebdo, Farid Benyettou, a créé le malaise dans l’émission « Salut les Terriens » de Thierry Ardisson en brandissant un pin’s « Je suis Charlie ». L’ex-« émir » de la filière des Buttes-Chaumont se dit aujourd’hui repenti. Il travaille même comme conseiller en déradicalisation !

Pour la première fois, « Complément d’enquête » a pu filmer ses entretiens auprès de jeunes endoctrinés. Une mission à haut risque que lui a confiée Dounia Bouzar, spécialiste de l’islam aux méthodes contestées. Qui sont ces repentis ? Peut-on « désembrigader » les esprits ? Et comment être sûr qu’ils ne pratiquent pas la taqiya, l’art de la dissimulation ?

Un reportage de Baptiste des Monstiers, Fabien Fougère et Bruno Maruani.

Invité : Karim Mokhtari, ancien détenu.

Les ratés de la « déradic » 

Experts autoproclamés, surmédiatisés, gabegie publique… La déradicalisation serait-elle un fiasco, comme le dénonce un rapport d’enquête de deux sénatrices ? Ses cibles principales, ce sont Sonia Imloul et Dounia Bouzar, deux icônes de la lutte anti-jihad tombées en disgrâce.

La première a été condamnée pour détournement de fonds publics après avoir touché 60 000 euros de l’Etat, la deuxième a claqué la porte du ministère de l’Intérieur début 2016. Pourquoi le gouvernement leur a-t-il fait confiance ? Y a-t-il eu précipitation après les attentats de Paris ?

En Indre-et-Loire, un centre destiné à accueillir des jeunes radicalisés fonctionne… à vide ! Entre amateurisme et escroquerie, « Complément d’enquête » explore la déradicalisation à la française : un chantier ultrasensible dans lequel l’Etat patauge depuis deux ans.

Une enquête de Julien Daguerre, Raphaële Schapira et Florian Le Moal.

Invité : David Bénichou, juge au pôle antiterroriste du TGI de Paris de juin 2012 à août 2016.

La France en face

Comment vit-on à Saint-Dizier en Haute-Marne ? Mieux qu’à Neuves-Maisons en Meurthe-et-Moselle ? Ou moins bien qu’à Villaines-la-Juhel en Mayenne ? Vaut-il mieux être paysan en Languedoc-Roussillon ou soudeur à Saint-Nazaire ?

Ces quelques territoires qu’à priori tout oppose ont pourtant un point commun : la fragilité sociale. 60 % de la population vit dans cette France dont on ne parle jamais, à l’écart de la mondialisation. Par rapport à Paris ou Montpellier, c’est le jour et la nuit.

Les 25 grandes métropoles françaises rassemblent, elles, 40 % de la population. Ici vivent la plupart des cadres, des techniciens spécialisés et l’essentiel des immigrés. Deux France pour un même pays ! Plus qu’un gouffre, c’est une fracture qui explique l’hypertension que nous ressentons.

Grâce aux travaux des chercheurs en géographie sociale, économie et histoire contemporaine, Jean-Robert Viallet est parti un an sur les routes de France. Le tableau qu’il dresse redessine la géographie sociale de la France.

Un documentaire de Hugues Nancy et Jean-Robert Viallet – D’après une idée originale de Hugues Nancy et Christophe Nick

Réalisé par Jean-Robert Viallet / Musique : Tal Zana / Producteur : Christophe Nick – Une production : YAMI 2, avec la participation de France 3, avec le soutien de la Région Île-de-France

Homicides involontaires : tuer sans le vouloir

Sur la route, à la chasse, dans l’entreprise ou ailleurs, de nombreuses personnes meurent chaque année, victimes d’homicide involontaire. Comment se remet-on d’avoir causé le décès de quelqu’un sans le vouloir ? Comment faire face à la famille et à soi-même ? Réponse dans ce nouvel opus du « Monde en face » avec un film suivi d’un débat.

Jocelyne, assistante familiale (accusée d’être responsable de la mort de Mati, 2 ans) : « J’étais comme un robot, j’ai pas pleuré. En fait, j’arrêtais pas de dire ‘c’est pas vrai, c’est pas arrivé’. Ç’a été très dur, et après… le grand vide. »

Jocelyne : « Au début, quand on nous a dit qu’on était accusés [avec Jean-Pierre, son mari] d’homicide, moi je l’ai assimilé à un meurtre ; je comprenais pas, ça voulait dire que je l’avais tué. Je comprenais pas qu’on puisse mettre ce mot, homicide, sur ce qui était arrivé (…) Ça nous bouffe ça, et en même temps faut aussi qu’on se dise qu’en voulant le protéger on l’a tué… »

Émilie, la maman de Mati : « Vous avez déconné, on vous a pris vos enfants ; et puis à leur tour ils ont déconné et ils ont pris la vie de votre enfant. C’est comme si quelque part il emportait tous les regrets que j’ai du fait qu’il ait été placé. »

Antoine, 22 ans (a causé la mort d’une cycliste lors d’un accident de la route en 2012) : « J’avais mon permis depuis trois jours. J’ai tout le temps l’impression d’être un coupable, et même si tout va bien en apparence, j’y pense tout le temps ; ça me tue ; tout me ramène à ça. […] Elle avait deux petites filles, je sais que pour eux ce ne sera plus jamais pareil. En fait, je me vois comme quelqu’un qui a la tête d’un criminel, d’un meurtrier, qui a honte… »

Joachim, 43 ans (sous l’emprise de l’alcool a causé la mort de sa compagne lors d’un accident de la route en 2003) : « J’ai l’impression qu’on m’a posé une étiquette de meurtrier et que je la porte… Ces images du passé, je les porte à chaque instant ; me dire que j’ai enlevé la vie, et en plus d’un être qui m’aimait, c’est encore plus lourd. Ma dette, je vais la payer toute ma vie. »

Pascal et Christine (ont perdu leur fils Jérémy dans un accident de la route) : « Le mot coupable est trop fort, parce que c’est de la haine, de la vengeance, et la vengeance, ça ne résout rien. C’était une soirée entre amis, il était à la fête, c’est une partie du destin, de leur destin. Ce n’est pas parce qu’on a cette façon de voir les choses que la personne qui a fait ça doit s’en affranchir. Elle doit répondre devant la justice pour homicide involontaire. Ils ont une peine morale à vie. Nous, on a une douleur à vie, un chagrin à vie, qu’on va essayer d’atténuer. »

Auteur-réalisateur Olivier Pighetti – Production Piments Pourpres, avec la participation de France Télévisions

Après la diffusion du documentaire «Tuer sans le vouloir», Marina Carrère d’Encausse ouvre le débat avec ses invités. Elle reçoit Carole Bianchini et Nicole Tagliati, témoins dans le documentaire «Tuer sans le vouloir», Nadine Poinsot, présidente de l’association Marilou qui lutte contre la délinquance routière, et Edouard Martial, avocat pénaliste.