Arnaque au faux président : l’affaire Gilbert Chikli

A la Une de l’heure du crime, l’arnaque à la mode chez les escrocs « Deux points zéro » : Le coup du faux Président !

C’est une escroquerie vieille comme le monde, dont nous avons tous entendu parler : Un faux facteur, un faux policier, un faux plombier, s’introduit chez vous sous un prétexte crédible, une fuite d’eau, un voleur qui écume le quartier, un mandat d’un oncle d’Amérique… l’escroc détourne ensuite l’attention de la victime et repart avec son bas-de-laine ou ses bijoux.

Le coup du faux Président est le plus moderne ! Il consiste pour l’escroc à se faire passer par téléphone auprès d’un employé, pour le Président de sa société et de le persuader d’effectuer d’urgence un virement bancaire, dans le cadre d’une opération hautement confidentielle ! Les centaines de milliers d’euros, virés en général sur un compte en Chine, s’évaporent ensuite mystérieusement au détriment de la Société.

Depuis 2011, les autorités estiment le préjudice à 350 millions d’euros récoltés aux dépens de 700 grosses sociétés. Parmi les victimes : La Poste, les Galeries Lafayette, DisneyLand Paris, la Caisse d’Epargne, la banque HSBC – et même le Palais de l’Elysée !

Que fait la police ? C’est ce qu’on va vous raconter dans un instant avec mes invités…

Plus d’un millier d’entreprises escroquées

Depuis plus de trois ans, l’arnaque dite au « faux président » sème la terreur au sein des entreprises. Elles sont plus d’un millier à en avoir été victimes en France. Le mode opératoire est chaque fois le même : un homme se fait passer pour le président d’une entreprise par mail ou par téléphone et demande au comptable ou à un employé de faire des virements aux montants considérables. La pression psychologique est telle que l’employé s’exécute, pensant qu’il s’agit d’une opération secrète décidée par le grand patron.

Les escrocs ont ainsi extorqué plusieurs centaines de milliers d’euros à des entreprises aussi grosses que Michelin mais aussi à des PME.

Le père de cette arnaque particulièrement lucrative ? Gilbert Chikli, un Français réfugié en Israël. En 2005, il s’était fait passer tour à tour pour le président du groupe La Poste et pour un agent de la DGSE auprès d’une agence parisienne et était parvenu à voler plus de 350 000 euros. Ce coup d’éclat n’était alors que le premier d’une longue liste.

Condamné en mai dernier à sept ans de prison par contumace, il est accusé d’avoir escroqué plus de 30 banques et sociétés entre 2005 et 2006. Le film « Je compte sur vous » de Pascal Elbé qui sortira le 30 décembre prochain est inspiré de son histoire.

Invités

  • Sylvie Noachovitch, avocate de l’une des victimes de Gilbert Chikli, directrice d’une agence de La Banque Postale au moment des faits
  • Valérie de Senneville, journaliste au service Société du journal Les Echos. Elle a pu rencontrer Gilbert Chikli aux environs de Tel Aviv
  • Carole Gratzmuller, PDG d’Etna Industrie. Son entreprise a été victime d’une arnaque au président.

Source : RTL


Gilbert Chikli, l’escroc qui jouait au présidentff

Valerie de Senneville – Source : Les Echos

Un film inspiré de sa vie sort en France ce mois-ci. Les « arnaques au président » continuent de coûter des millions aux entreprises qui en sont victimes. Rencontre en Israël, aux environs de Tel Aviv, avec le maître incontesté de ces escroqueries, histoire de confronter la réalité à la fiction…

D’abord il a retiré ses lunettes. Puis, il a allumé une cigarette, sans un mot. En vous dévisageant, avec un air de maquignon évaluant la bête. « Quelle est sa faille ? », semble dire son regard. La rencontre avec Gilbert Chikli – « l’inventeur » de l’escroquerie au président –, dans cet immense hall d’hôtel à Ashdod, à une heure de Tel-Aviv, a des allures de polar… Ça tombe bien : Je compte sur vous, le film de Pascal Elbé, inspiré de la vie de ce Franco-Israélien, sort le 30 décembre dans les salles.

Un film au scénario rocambolesque, pourtant tiré d’une histoire vraie. Celle d’un homme qui, avec un simple téléphone portable, a berné au seul son de sa voix des patrons de succursales de banques et des hauts cadres d’entreprises du CAC40… Il y a quelque chose de fascinant dans ce pouvoir de manipulation. Entre 2005 et 2006, en à peine dix-huit mois, Gilbert Chikli a convaincu La Poste, les Galeries Lafayette, Disneyland Paris ou encore la Caisse d’épargne et les Pages jaunes de lui remettre des millions d’euros, en liquide ou par virement. Depuis, la technique dite « du président » – se faire passer pour le PDG d’une entreprise pour demander à un salarié d’organiser un versement – a fait des émules. Près de 400 millions d’euros auraient été dérobés à des centaines d’entreprises, en utilisant des techniques analogues. En mai 2015, Gilbert Chikli a été condamné à sept ans de prison en France… par contumace. Mais il s’était déjà enfui en Israël, un pays qui n’extrade pas ses ressortissants.

Il fallait aller se rendre compte sur place… A Paris, il a fallu négocier pendant un mois en passant par les adresses mails de ses proches, sans jamais savoir qui lit les messages. Et à Ashdod au sud de Tel-Aviv, attendre qu’il fasse signe : jamais il ne donne d’heure. Il faut qu’il contrôle tout, y compris ses interlocuteurs.

Flambeur, mais sur ses gardes

Finalement, il arrive à l’hôtel, on file dans un taxi. Direction sa villa. Tee-shirt, jean, lunettes de soleil, Gilbert Chikli a la démarche assurée d’un p’tit gars de Belleville, le quartier parisien où il est né en 1965. Shirly, sa seconde femme et la mère de ses filles, silhouette fluette perchée sur douze centimètres de talons, s’excuse pour sortir avec ses copines. On s’installe, paquets de cigarettes, café… La vaste cuisine blanche ouvre sur un salon au mur duquel est accroché un immense écran plat : «Le plus grand du monde », précise-t-il, pas peu fier. On visite toute la maison, sa chambre (immense écran plat, encore), celles de ses enfants et, au sous-sol, les pièces conçues en cas d’alerte à la bombe – nous sommes en Israël. Mais le danger chez Chikli ne vient pas que du ciel ; dehors, à quelques pas de la piscine, un local pour un « gardien » armé. La pièce est équipée d’écrans de télésurveillance. Sur un des murs extérieurs, des impacts de balles. Les « amis » de Gilbert Chikli ne sont pas tous de gentils escrocs au grand cœur. Son truc à lui, c’est la « déballe », l’argumentaire fictif qui sous-tend tout le système.

Tout commence dans la foulée des attentats de Madrid et de Londres, au milieu des années 2000. L’ancien élève du cours Florent imagine un rôle à sa mesure : agent des services secrets français. Gilbert Chikli se choisit un nom de scène, Paul Ricar : « C’est mon nom d’artiste, mais j’en ai plusieurs. Ricar, ça sonne bien, les gens aiment bien boire.  » Avec un culot monstre, il va reproduire toujours le même scénario : le (faux) président (de la banque, de la société, du groupe, etc.) appelle un de ses cadres pour lui dire qu’un agent de la DGSE va lui téléphoner, il faudra lui verser de l’argent. L’objectif final, fait-il croire, est de repérer les éventuels terroristes qui vont se servir des sommes ainsi détournées « pour la bonne cause ». Et ça marche !

La Poste, son plus beau coup

« L’idée du président est venue toute seule », raconte-t-il, avant de reconnaître avoir quand même « fait beaucoup, énormément de tentatives avant de tomber sur La Poste ». La Poste, c’est son premier et son plus beaucoup. Le 25 juillet 2005, Gilbert Chikli contacte Madame G., directrice d’une agence postale à Paris. Dans le procès-verbal, les policiers racontent :

« Lors de la conversation, il évoquait des rencontres passées et mettait en confiance son interlocutrice qui n’avait alors aucun doute sur l’identité de l’appelant. Il informait ensuite Mme G. qu’elle allait être contactée sur son téléphone portable personnel par « Paul », un agent des services secrets, avec qui elle devrait coopérer… »

En quarante-huit heures, Paul va appeler la directrice de l’agence 43 fois ! D’abord la culpabilisation – « Vous avez ouvert un compte à une personne douteuse » –, puis la valorisation, le fameux « Je compte sur vous  », qui sert de titre au film. Gilbert Chikli laisse à peine dormir sa proie pour l’inciter à faire une provision de fonds exceptionnelle de 358 000 euros. Cette somme, l’employée modèle doit la réunir dans un sac, prendre un taxi et descendre aux toilettes pour femmes du restaurant Au Canon de la Nation, à Paris. Les billets remis à un complice devaient, dans la fable, être « scannés par Paul puis restitués à Madame G. à la terrasse d’un bistrot de la rue de la Paix ». Il n’en sera rien, bien sûr.

Personne n’a chiffré la fraude totale

Par la suite, Chikli va constamment affiner sa technique. Il parvient à faire virer par le CCF (aujourd’hui HSBC) près de 4 millions d’euros vers un compte hongkongais. Au final, combien a-t-il ainsi soustrait ? 6, 10, 50 millions d’euros ? Personne, n’a réussi faire le calcul exact, pas même les juges. Quand on lui pose la question, Gilbert Chikli élude :

« Je connais la tactique, la psychologie, la façon de penser, d’agir et de réagir des grands patrons. Il faut penser comme eux, et quand vous pensez comme eux, vous prenez comme eux. »

Son regard se fait soudain dur. Au total, en moins de deux ans, plus d’une centaine d’entreprises vont se faire avoir.

« Il a été très fort, admet un enquêteur. En deux appels, il devinait tout de la vie intime de ses victimes. » « C’est un don  », admet tout en humilité Gilbert Chikli. Certes, mais ce n’est pas suffisant. On voudrait bien qu’il nous explique le truc du magicien, la martingale du joueur. « Mais arrêtez avec ça, il n’y a pas de technique ! » Il se fâche, il ne veut pas apparaître comme ayant encore la main sur les escroqueries qui se multiplient.

Le père de l’arnaque au président finit cependant par se radoucir ; il n’aime rien tant que se raconter :

«  Ma technique, ça s’appelle la technique du tac au tac. C’est imprévisible, car on ne peut jamais savoir ce que va vous dire votre interlocuteur. Evidemment, il faut très bien capter ses paroles, ses mots et pouvoir intervenir, réagir sur ce qu’il va vous dire, etc. C’est quelque chose que l’on va improviser, ce n’est pas quelque chose que l’on va préparer ou apprendre. Quand vous regardez un film, soit vous trouvez l’acteur bon, soit vous le trouvez mauvais. C’est exactement le même principe : si vous êtes bon, vous allez accrocher, si vous êtes mauvais, on ne va pas vous croire. C’est du travail, ce n’est pas venu comme ça », dit-il. Et il claque des doigts. « Mais il y a bien une technique puisque vous avez fait autant d’émules ? », insiste-t-on. « Il y a ce qu’on appelle la technique de base, c’est comme tout, et après ou on est bon ou on est mauvais. »

Et l’argent récolté ? « J’ai beaucoup travaillé avec la Chine. » Aujourd’hui, les enquêteurs ont, en effet, les yeux rivés vers ce pays, plaque tournante du blanchiment d’argent sale.

« Ce n’est pas un secret. Le monde entier sait que c’est en Chine que l’on va aujourd’hui pour faire de la “décaisse” », explique Gilbert Chikli.

L’homme est un paradoxe ambulant : intelligence instinctive et propos de marlou. Constamment sur ses gardes. De sa jeunesse, de ses arnaques, il ne cache rien, mais maquille beaucoup, joue la comédie et s’amuse à tout emberlificoter :

« Quand nous étions petits, nous n’avions pas d’argent. Depuis l’âge de 8 ans, j’essaie de me débrouiller. Je faisais des petites arnaques à l’école, c’était marrant. Il y avait une coopérative, alors on passait par la fenêtre et on se servait, et quand les gens avaient besoin d’un cahier, il n’y en avait plus ou alors il fallait qu’ils paient et c’était chez moi », raconte-t-il l’air gourmand.

A 13 ans, il se retrouve à Fleury-Mérogis. Très tôt, il développe une conviction :

«Dans ce monde, il faut avancer très vite. Et il faut apprendre, sinon on perd et moi, perdre, je ne sais pas ! Moi, je suis un gagnant et même si je perds alors j’apprends. Dans tous les cas, je ne perds jamais  », fanfaronne-t-il.

Gilbert Chikli a fait ses classes comme « publiciste », c’est ainsi que la plupart de ses confrères se sont fait les dents : proposer à des entreprises des encarts publicitaires dans des annuaires papier ou Internet… qui ne verront jamais le jour.

L’arnaque, c’est sa drogue, son « kif ». Pourtant, il s’insurge quand on le traite d’escroc.

« J’aurais pu être quelqu’un d’autre. Un bon avocat, c’est un très bon déballeur, donc j’aurais pu être avocat… » Il a fait à peu près tout ce qui existe dans le « métier », mais il a toujours refusé « les ventes d’armes car tout ce qui se rapporte au sang, je refuse ».

Il est dans le déni de l’illégalité de ses activités. Pour lui, la « déballe » est une activité comme une autre. Il jure pourtant avoir arrêté : « Je fais maintenant de l’immobilier, j’ai un bureau à Tel-Aviv. Je ne me revois pas prendre le téléphone. » De toute façon, le filon n’est plus si juteux que ça car « il a été trop utilisé, tout le monde est au courant ». Et ça ne va pas s’arranger avec la sortie du film de Pascal Elbé. « Tu as vu la bande-annonce ? » Au bout de 24 heures, Gilbert Chikli tutoie, parce « c’est comme ça en Israël  ». Non, on n’a pas encore vu la bande-annonce. Lui vient de la recevoir sur son téléphone portable. Est-il fier de voir son histoire ainsi portée à l’écran ? « Oui, bof… De toute façon, j’aurais préféré José Garcia pour jouer mon rôle  », répond-il, faussement modeste [c’est Vincent Elbaz qui a été retenu, NDLR]. Son nom apparaît en tout petit à la fin du générique, dans les remerciements. Il en sera sûrement vexé…Mais il a intérêt à ce que ce soit un succès : il doit percevoir un pourcentage sur le film. « Je verserai tout à des associations », assure-t-il. Un arnaqueur au grand cœur… Et il ne regrette rien :

«Regretter, ce serait me renier. » Même s’il avoue dans un souffle : « Les gens comme nous, ça ne finit généralement pas bien, et on le sait. Ça ne me fait pas peur parce que c’est la vie que j’ai choisie et on ne peut pas faire autrement, c’est comme ça. »

Le cabinet Accenture, alors chargé de la trésorerie de Thomson, a perdu 5,9 millions d’euros, le Crédit lyonnais 1 million et La Poste (La Banque postale) 358 000 euros. Les sociétés HSBC, Dassault Systèmes, Alstom, les PagesJaunes, les Galeries Lafayette ont reçu les appels de Gilbert Chikli.

Ces sociétés ne sont pas les seules et la liste des victimes de l’inventeur de l’arnaque au président vire, dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, à l’inventaire à la Prévert : deux agences de la banque Hervet (aujourd’hui HSBC), le groupe Accor, Canon, Disneyland Paris, Barclays Bank, Bred Banques Populaires, Caisse d’épargne….

Kaminski, l’avocat protecteur

« C’est Belmondo dans Le Magnifique  ! » s’exclame David-Olivier Kaminski quand on l’interroge sur Gilbert Chikli. L’avocat connaît assez le milieu pour apprécier à sa juste valeur le talent de l’escroc au président. Il y a comme un contraste entre les clients de David-Olivier Kaminski et ses bureaux cossus du boulevard Saint-Germain, à Paris. D’ailleurs, il refuse d’être catalogué « avocat de voyou ». « C’est stupide de dire ça, on est avocat. Point. » David-Olivier Kaminski n’a toujours pas digéré la condamnation de son client. « Il a pris cher vous savez, sept ans, pour ce genre de dossier, c’est beaucoup trop », affirme l’avocat, qui a aussi défendu le rappeur Kery James et certains prévenus dans l’affaire du listing HSBC…

Trois questions à… Pascal Elbé, réalisateur du film « Je compte sur vous »

Pourquoi faire un film sur Gilbert Chikli ?

J’avais lu, il y a quelques années, dans un quotidien l’histoire incroyable de cette directrice de La Banque postale remettant dans les toilettes d’un café près de 350 000 euros en liquide. Comment une personne peut-elle entrer à ce point dans la tête d’une autre pour lui faire faire des choses insensées ? Cela m’avait vraiment interpellé. Trois ans plus tard, Isaac Sharry, mon producteur, me parle de Gilbert Chikli et de ses arnaques dingues. C’était la même personne ! Cela m’a tout de suite intéressé. Je suis allé à Tel Aviv pour le rencontrer. Il a un charme fou, on a beaucoup parlé. Je me suis dit que je tenais un bel objet de cinéma, mais il a fallu m’éloigner de la réalité pour faire vraiment œuvre de fiction.

Vous reprenez pourtant certains faits bien précis, comme l’arnaque de La Banque postale…

Ce qui m’a réellement intéressé c’est le profil psychologique de Gilbert Chikli et de ses victimes. Sa vie d’escroc ne m’intéressait pas en tant que telle, je n’allais pas faire Les Affranchis à Tel Aviv. C’est plus intéressant de faire le portrait d’un type qui en apparence a l’air banal, normal et qui se déchaîne dès qu’il est au téléphone.

Vous semblez pourtant éprouver une certaine sympathie pour le personnage, le film hésite souvent entre polar et comédie…

Je fais du cinéma. Quand Chikli me racontait ses histoires, lui-même me faisait rire parfois. Le mélange des sentiments fait la vraie vie. Je n’allais donc pas faire un film moral, mais je n’avais pas envie non plus de faire l’apologie de l’escroquerie. C’était toute la difficulté du film : je ne pouvais pas faire le portrait trop âpre d’une certaine forme de folie, mais il fallait aussi respecter les gens qu’il avait eus au téléphone et qui l’avaient chèrement payé.


Escrocs 2.0 contre CAC 40

Depuis quatre ans, les entreprises françaises sont la cible d’arnaques, de « faux ordres de virements internationaux » qui visent aussi bien les grands groupes français que les PME. La moitié du CAC 40 aurait déjà été attaquée…

Le préjudice est estimé, de source policière, à près de 300 millions d’euros, sans même avoir à braquer la caisse. Tout se passe d’abord au téléphone, au culot : l’escroc se présente comme le patron du groupe, que l’employé de la filiale ne connait. Il suffit ensuite de raconter une bonne histoire, comme une OPA ou une acquisition d’entreprise à l’étranger qui doit rester discrète. Pour être crédible, l’escroc peut louer sur Internet un numéro de téléphone dont les premiers chiffres correspondent au siège social de l’entreprise, il peut pirater le mail du patron et même trouver facilement sa signature sur Infogreffe.

Qui sont ces escrocs ?

Ils sont très habiles pour effacer les traces que pourraient laisser les téléphones ou les adresses d’ordinateurs. Mais petit à petit, certains dossiers ont permis de remonter jusqu’à Israël. Principaux suspects : des arnaqueurs bien connus des services. L’argent extorqué aux entreprises françaises n’est pas viré en Israël, il est envoyé en Chine, où il est blanchi : en échange du virement, de l’argent liquide est remis en France aux professionnels de l’arnaque.

Ce circuit échappe complètement à la vigilance de la cellule anti-blanchiment, qui surveille le réseau bancaire classique. De nombreuses enquêtes sont en cours sur les faux ordres de virement, mais les cerveaux de l’arnaque ne sont pas encore inquiétés.

Source : France Inter

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