Métamorphose de la Turquie, de l’ère kémaliste au règne d’Erdogan

Libre Journal des lycéens du 25 juin 2016 : “Métamorphose de la Turquie, de l’ère kémaliste au règne d’Erdogan” (Radio Courtoisie)

Pascal Lassalle recevait Tancrède Josseran, attaché de recherches à l’Institut de stratégie comparée et Fabrice Monnier, docteur en histoire. Thème : “Métamorphose de la Turquie, de l’ère kémaliste au règne d’Erdogan”.

Références bibliographiques

La nouvelle puissance turque : L’adieu à Mustapha Kemal (Tancrède Josseran), Éd. Ellipses (juin 2010)

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« La politique d’un État est dans sa géographie, elle suggère, à la manière d’un portrait une destinée ». Sans conteste, la célèbre formule prêtée à Napoléon convient à la Turquie. Avancée de terre entourée de mers, aux confins de l’Europe et de l’Asie, la Turquie est un Janus géopolitique. À l’image du Dieu romain, elle associe deux visages antagonistes, l’un tourné vers l’Occident, l’autre profondément épris de sacré. L’histoire de la Turquie contemporaine est celle d’un conflit permanent entre Islam et laïcité, démocratie et autoritarisme, peuple et élite.

Or, depuis 2002 et l’arrivée des islamistes aux affaires, une révolution silencieuse est en cours. La marche vers l’Europe, la mondialisation, ont bousculé les clivages. Convertis, non sans arrière-pensée, au rêve européen, les islamistes turcs sont les plus ardents partisans de l’adhésion. Nationaliste, laïque, progressiste, la matrice kémaliste est démantelée au profit d’une synthèse originale alliant foi, démocratie et économie de marché. Ce processus est porté par une classe d’entrepreneurs islamiques dynamiques. La nouvelle élite entend aujourd’hui construire un nouveau contrat social à l’écoute des attentes réelles de la population. L’ancienne Turquie s’était bâtie sur l’oubli du passé impérial et le rejet de la théocratie, la nouvelle puise, sans complexe, ses racines dans l’histoire ottomane et la transcendance. Cette révolution verte clôt chaque jour davantage la parenthèse ouverte en 1923 par Mustapha Kemal.

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Atatürk : Naissance de la Turquie moderne (Fabrice Monnier), Éd. CNRS (avril 2015)

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Atatürk demeure l’icône de la Turquie moderne. Nul ne conteste qu’il fut un chef de guerre hors pair et un législateur inspiré. Mais il était aussi un tyran sans scrupules et le persécuteur implacable des minorités religieuses. Jeune Turc ambitieux, officier d’état-major plein d’allant, preux de l’islam, ardent républicain, politicien madré… Les contradictions ont la vie dure dès qu’il s’agit d’évoquer la figure à multiples facettes du fondateur de la première république laïque en « terre d’islam », personnage énigmatique et paradoxal.

Nourri des recherches les plus récentes, l’ouvrage de Fabrice Monnier retrace cette vie menée tambour battant, dans le contexte d’un Empire ottoman en faillite où les passions politiques, le jeu cynique des grandes puissances, l’intolérance religieuse et les rivalités ethniques entraînent mouvements de populations, déportations et assassinats de masse.

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