The Wire : un chef-d’œuvre incontestable ?

Des séries .. et des hommes : The Wire (Libération)

The Wire est la série de tous les superlatifs. Celle à laquelle on déroule systématiquement le tapis rouge dans les milieux autorisés. Celle que l’on tient en haute estime dans les quartiers sensibles qui s’y voient représentés. Faut-il par conséquent la considérer comme un chef-d’œuvre incontestable ? En compagnie d’Ariane Hudelet, qui lui a récemment consacré un essai aux PUF, nous relançons le débat en tentant de gratter le vernis qui recouvre l’une des pièces maîtresses du grand échiquier de David Simon.

Le défi posé par une série adoubée comme The Wire est de parvenir à l’analyser sans tomber dans la dithyrambe à tout-va ou, à l’inverse, dans la dévalorisation gratuite ne tardant pas à sonner creux. Comme toute création télévisuelle, elle se prête à une étude filmique visant à faire parler les images et à produire du sens, en se gardant tant que possible de lui plaquer une quelconque idéologie prédéterminée. C’est la démarche d’Ariane Hudelet qui, à travers un essai paru aux PUF le 13 avril dernier, n’oublie jamais de convoquer l’esthétique et la mise en scène de la série pour décortiquer la manière dont s’articulent ses nombreux enjeux. Car dans enjeu, il y a jeu : tel est l’angle qu’elle a choisi pour dérouler le long fil de The Wire, œuvre du système et de l’énigme, de la représentation et de la violation des règles.

Cet entretien est l’occasion d’aborder trois thèmes principaux prêtant à débat : l’oscillation entre « réalisme » et utopisme de la série, la noirceur (susceptible de virer au cynisme) de son propos et la rigueur/rigidité de son travail visuel et sonore. Est-ce par le prisme de la fiction, en empruntant volontiers des voies romanesques (voire romantiques), qu’elle parvient le mieux à atteindre une forme de vérité ? Quel crédit accorder à des voix dissonantes qui estiment qu’en refusant d’inclure la moindre action associative ou collective à son récit, elle finit par devenir « trop cynique » ? Et quel regard porter sur la modestie de son système esthétique, quand Agnieszka Holland (qui a en réalisé trois épisodes) confie sans langue de bois que David Simon se soucie peu de la « sensibilité de l’image », et que l’intéressé lui-même avoue s’en tenir à un « rendu journalistique » ?

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