Revue de presse (52)

France

Au moins trois projets d’attentat déjoués en août (AFP)

Sept personnes soupçonnées de terrorisme ont été arrêtées au moins d’août, a annoncé ce mardi Bernard Cazeneuve. Le ministre de l’Intérieur, qui reçoit son homologue allemand, précise qu’au moins trois d’entre elles avaient « un projet constitué » d’attentat. Tous les individus, interpellés par les hommes de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont été écroués.

Selon des chiffres rendus publics début août par le ministère de l’Intérieur, depuis début 2016, les services français avaient interpellé 165 personnes, dont 91 ont été mises en examen et 63 incarcérées, dans le cadre de la lutte antiterroriste.

Le préfet Yann Jounot sera le prochain coordonnateur national du renseignement (Zone militaire)

En juillet, Didier Le Bret, l’actuel coordonnateur national du renseignement (CNR), a fait savoir qu’il quitterait prochainement ses fonctions pour se présenter, sous les couleurs du PS, aux élections législatives de 2017 dans la 9e circonscription des Français de l’étranger. Restait alors à savoir qui allait le remplacer. La réponse a été donnée le 22 août, à l’issue du premier Conseil des ministres de la rentrée. Ainsi, ce sera donc l’actuel préfet des Hauts-de-Seine, Yann Jounot, 57 ans, qui sera le prochain CNR. Il prendra ses fonctions à compter du 1er septembre.

Énarque (promotion Fernand Braudel), le Yann Jounot a commencé sa carrière en tant que directeur de cabinet du préfet de la Drôme en 1987, puis a rejoint le cabinet civil du ministre de la Défense, qui était alors Pierre Joxe, entre 1991 et 1993. Après plusieurs postes occupés au ministère de l’Intérieur, il a notamment été préfet délégué pour la sécurité et la défense de la zone de défense Est avant d’être nommé Directeur de la planification de sécurité nationale, puis Directeur de la protection et de la sécurité de l’Etat au Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale.

Pour rappel, la mission du CNR est de coordonner l’action des différents services de renseignement français et de s’assurer de leur bonne entente tout en leur transmettant les directives de l’exécutif. Son rôle, qui pourrait être encore renforcé en lui donnant une capacité d’arbitrage budgétaire, est donc particulièrement important dans ce contexte marqué par la menace jihadiste.

La directrice de l’administration pénitentiaire sur le départ (L’Express)

Selon les informations de L’Express, Isabelle Gorce, 54 ans, va quitter ses fonctions de directrice de l’Administration pénitentiaire (DAP) fin septembre, soit huit mois après l’arrivée de Jean-Jacques Urvoas à la tête du ministère de la Justice.

La Chancellerie confirme notre information en estimant probable un départ dans cinq semaines.Selon nos informations, Isabelle Gorce pourrait être remplacée par l’actuel préfet de Seine-Saint-Denis, Philippe Galli, à ce poste depuis juin 2013.

Limitation du chiffrement : CNIL et Conseil national du numérique mettent en garde le gouvernement (Next Inpact)

Alors que le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve rencontrait ce matin son homologue allemand afin d’évoquer la question du chiffrement, les présidents du Conseil national du numérique (CNNum) et de la CNIL ont signé hier une tribune invitant les responsables politiques à « ne pas se tromper de cible ».

« Accusé de faciliter la propagande et la préparation d’actes terroristes, certaines voix au sein du gouvernement français plaident en faveur d’une initiative européenne visant à sa limitation [du chiffrement, ndlr]. Attention, toutefois, à ne pas céder à des solutions de facilité qui pourraient avoir des conséquences graves et non anticipées. » L’avertissement se veut grave et solennel, à l’heure où certains se lancent dans un concours Lépine sécuritaire. Cette tribune, publiée dans Le Monde, est en effet signée par les membres du CNNum (Mounir Mahjoubi, Benoît Thieulin, Tristan Nitot…) mais aussi par Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la CNIL, ou bien encore Gilles Babinet, « Digital champion » de la France auprès de la Commission européenne.

« Limiter les moyens de chiffrement ou instaurer des « portes dérobées » pour permettre aux forces de l’ordre d’accéder aux données chiffrées de nos applications affaiblirait la sécurité des systèmes d’information dans leur ensemble tout en ayant une efficacité limitée », préviennent ainsi les signataires de la tribune.

Dans la droite lignée de la très sérieuse Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI), ils soulignent surtout qu’il protège « des milliards d’individus » (y compris au sein des administrations) contre les cybermenaces, l’espionnage économique, le piratage de cartes bancaires, etc. « Comme tout objet technique, le chiffrement est tout à la fois remède ou poison selon qu’il tombe entre de bonnes ou de mauvaises mains. »

L’option des backdoors est clairement à écarter selon les auteurs de la tribune : « Il est techniquement impossible de s’assurer que de tels accès ne soient disponibles qu’au profit des personnes autorisées ». À tout moment, ces portes pourraient ainsi s’ouvrir aux organisations pirates, mafieuses ou même terroristes.


Union Européenne

L’Allemagne va adopter un plan de défense civile (Zone militaire)

D’après la presse d’outre-Rhin, le gouvernement allemand devrait présenter d’ici quelques jours son premier de défense civile depuis la fin de la Guerre Froide, dans la droite ligne des recommandations de l’Otan.

Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, ce plan encouragera à la population civile allemande de prendre les dispositions nécessaires pour être autonome pendant 10 jours en faisant des réserves de nourritures, d’eau, de batterie et d’argent liquide. De leur côté, les autorités devront augmenter leurs réserves d’essence et de médicaments (vaccins, antibiotiques, iodure de potassium en cas de contamination radioactive) et renforcer la sécurité des bâtiments publics.

Ce plan doit permettre de faire face à « l’éventualité de la concrétisation d’une menace. » Si une attaque du territoire allemand qui nécessiterait le recours à une défense conventionnelle est estimée « peu probable », ces mesures visent à préparer la population à une possible attaque informatique de grande ampleur susceptible de paralyser l’activité du pays ainsi qu’à un usage d’armes de destruction massive.


Monde – Géopolitique

Polémique autour de la diffusion d’un document classé confidentiel-défense sur une potentielle intervention militaire de la France en Syrie (Zone militaire)

Fin août 2013, la France et les États-Unis préparaient des raids aériens en Syrie afin de « punir » le régime de Bachar el-Assad pour l’attaque chimique de la Goutha, commise quelques jours plus tôt avec du gaz sarin. Seulement, le président Obama annonça, à la dernière minute, son intention de consulter le Congrès avant de lancer cette opération, qui sera finalement annulée. Et, suite à un accord entre les diplomates russes et américains, obtenu le 14 septembre, Damas acceptera de détruire son arsenal chimique.

Le quotidien Le Monde, dans le cadre de sa série intitulée « Les coulisses du quinquennat », est revenu longuement sur cet épisode dans son édition du 25 août. Ainsi, l’on apprend que des Rafale basés à Abou Dhabi et à Djibouti [ndlr, où des Mirage 2000 sont habituellement déployés] devaient tirer 5 missiles de croisière Scalp contre des bases militaires syriennes en cas du feu vert du président Hollande.

Les deux auteurs de ce papier, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, étaient quasiment aux premières loges puisque, le 30 août 2013, ils avaient été reçus à l’Élysée par le chef de l’État. Ils racontent : « Sur le bureau du président, envahi de dossiers, quelques documents, certains estampillés ‘Confidentiel défense’. Hollande consulte l’un d’entre eux en particulier. Nous en avons eu copie. Rédigé la veille, le 29 août, par son état-major particulier, il détaille la ‘timeline du raid’ à venir. C’est le véritable vade-mecum de l’intervention française. Tout y est répertorié. (…) Hollande annote le document, compare les décalages horaires, pour mieux se caler avec l’allié américain. »

Seulement, pour illustrer l’article, le quotidien a publié une des pages de ce document classé « confidentiel défense », celui dont ses journalistes disent en avoir obtenu un copie… Ces derniers ne disent pas comment ces informations leur ont été communiquées mais il n’y a guère besoin d’être doué d’un sens de la déduction très poussé pour comprendre qu’elles n’ont pu leur être données que par ceux qui les avaient en leur possession, c’est à dire les services de l’Élysée. D’ailleurs, aucune protestation officielle n’a été faite suite à la publication de ce document.

Enquête sur une fuite massive de données de la DCNS sur le sous-marin Scorpène (AFP)

Le constructeur naval français a été victime d’une fuite massive d’informations techniques confidentielles concernant les sous-marins Scorpène, des bâtiments destinés à l’Inde, à la Malaisie, au Brésil et au Chili. L’affaire a été révélée mercredi 24 août par The Australian, qui a publié sur son site Internet des extraits des 22 400 pages des différents documents collectés. Les trois documents en ligne seraient sensibles mais non classifiés et porteraient sur la période 2010-2011. Les textes comportent des informations stratégiques comme les manuels techniques ou les modèles des antennes du sous-marin. Ils décrivent les sondes des vaisseaux, leurs systèmes de communication, de navigation. De plus, 500 pages sont consacrées exclusivement au système de lance-torpilles, a précisé le journal.

Contacté, le groupe public indique qu’« une enquête approfondie est menée par les autorités nationales de sécurité ». Ces investigations permettront de déterminer« la nature exacte des documents qui ont fait l’objet de ces fuites, les préjudices éventuels pour nos clients ainsi que les responsabilités ».

En tant que Commandeur des croyants, le roi du Maroc Mohammed VI prononce un important discours sur le jihadisme (Le Figaro)

Mohammed VI, roi du Maroc et Commandeur des croyants, a prononcé un discours très vigoureux contre Daech. Pour l’historien Pierre Vermeren, c’est une excellente nouvelle, même si son impact sur le djihadisme risque d’être limité.

Il ne s’agit pas seulement d’un discours politique mais aussi théologique, au titre de la commanderie des croyants et du chérifisme, puisque Mohammed VI se revendique explicitement de la maison du Prophète Mahomet dans son discours. Le Commandeur des croyants et calife marocain, Mohammed VI, qui est aussi roi dans l’ordre politique, incarne l’autorité religieuse suprême en islam sunnite.

Le sultan du Maroc était dans une position religieuse supérieure à celle du calife ottoman à l’époque impériale (qui a pris fin en 1924), dans la mesure où le sultan du Maroc (devenu roi en 1957) est aussi un chérif, c’est-à-dire un descendant du prophète en ligne directe.

Sa puissance politique et religieuse se limite pour l’essentiel au territoire du Maroc et à la diaspora marocaine, ce qui n’est d’ailleurs pas sans poser parfois des problèmes avec certains États européens. Cela étant dit, comme il n’y a pas aujourd’hui d’autorité religieuse supérieure à la sienne dans l’islam sunnite, non seulement les monarques et religieux du monde arabe sont dans une grande déférence à son égard, mais sa parole pèse d’un poids supérieur à celle des autres autorités islamiques.

Au Maroc même, devenir islamiste, c’est entrer en dissidence par rapport au commandeur des croyants, puisque cela suppose un défi à son autorité politico-religieuse suprême. Les Frères musulmans ont dû rentrer dans le rang au Maroc, et reconnaître cette commanderie. C’est ce qui leur permet de diriger aujourd’hui le gouvernement. C’est aussi le cas des salafistes marocains, qui sont en train de négocier leur légalisation dans la vie politique marocaine. Ce n’est pas le cas de tous les groupes islamistes, dont certains sont maintenus pour cette raison en dehors du jeu politique marocain.

Dans son discours, le roi se présente comme la seule autorité habilitée à proclamer le djihad. Cela dit, les djihadistes marocains du Levant prêtant allégeance au Calife Bagdadi, ils se situent en dehors de l’allégeance au roi du Maroc. Outre un rappel à l’ordre et à la loi islamique, le roi du Maroc s’adresse donc ici aux émigrés mais aussi aux Occidentaux, afin de leur rappeler l’illégitimité religieuse à ses yeux du combat engagé par les djihadistes révolutionnaires.

Le représentant syrien à l’ONU accuse la France d’être responsable de l’attaque au gaz sarin dans la Ghouta de Damas en 2013 (RT)

Selon le responsable syrien à l’ONU, cité par les journalistes de The Independent, les services de renseignement français seraient responsables du bombardement au gaz sarin à la Ghouta, qui a ôté la vie à au moins 1 500 personnes le 21 août 2013.

«L’utilisation d’armes chimiques dans la région de Damas était destinée à empêcher Oke Selstrem [chef du groupe des inspecteurs] de se rendre à Alep, car la France savait qui avait utilisé des armes chimiques à Alep. Ils voulaient empêcher Oke Selstrem d’atteindre Alep par tous les moyens, de ce fait, ils ont utilisé des armes chimiques à Damas, avec l’implication du renseignement français», a déclaré Bachar al-Jaafari, représentant syrien auprès des Nations unies, dans une interview à The Independent.

Le 12 décembre 2013, l’ONU avait publié un rapport où était confirmée l’existence de «preuves flagrantes et convaincantes de l’utilisation d’armes chimiques contre des civils, dont des enfants», mais l’auteur de l’attaque n’avait pas été identifié.

Pourtant, les services de renseignement américains et français avaient promptement imputé ce crime au gouvernement de Bachar el-Assad, sans autre preuve que leurs suppositions.

Néanmoins, un an plus tard, ces conclusions avaient été remises en cause par le rapport du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Un ancien inspecteur de l’ONU et spécialiste des missiles, Richard Lloyd, et un professeur du MIT, Theodore Postol, avaient conclu que l’attaque chimique n’avait pu être lancée que depuis une zone tenue par les milices de l’opposition.

Sputnik :

L’enquête sur l’attaque à l’arme chimique qui a frappé la région de Damas en 2013 n’est toujours pas close, a déclaré à Sputnik l’ambassadeur de Syrie à l’Onu, Bachar al-Jaafari.

« Après la première attaque chimique contre Khan al-Assal, près d’Alep, je suis allé voir le secrétaire général de l’Onu pour solliciter une assistance dans l’instruction de cet incident, destinée à réponde à la question de savoir s’il y avait effectivement une attaque chimique et qui se tenait derrière ce crime », a raconté l’interlocuteur de l’agence. « L’affaire n’est toujours pas élucidée », a relevé M. al-Jaafari, en rappelant qu’il a fallu plus de quatre mois pour dépêcher en Syrie un groupe d’inspecteurs, dirigé par Oke Selstrem. »

L’attaque à l’arme chimique qui a frappé la région de Damas en 2013 a été organisée par le renseignement français et s’inscrivait dans un plan spécial, destiné à détourner l’attention des inspecteurs de celle de Khan al-Assal, imputée aux rebelles », a déclaré M.al-Jaafari, signalant que M.Selstrem n’est toujours pas allé à Alep.

Damas et l’EI coupables d’attaques chimiques en Syrie, selon l’ONU (Le Monde – AFP)

Au terme d’un an de travail, une enquête conjointe des Nations unies (ONU) et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a déterminé qu’en Syrie, les forces du président syrien Bachar Al-Assad s’étaient rendues coupables de deux attaques toxiques et l’organisation Etat islamique (EI) d’une troisième. Dans un rapport de 95 pages, consulté mercredi 24 août par Reuters et l’Agence France-Presse, la commission formée avec l’aval unanime du Conseil de sécurité de l’ONU a rendu les conclusions de ses recherches. Celles-ci ont été menées sur neuf attaques perpétrées dans sept régions du pays, où des investigations de l’OIAC avaient déjà établi que des substances chimiques avaient probablement été utilisées.

Les experts onusiens ont donc conclu que des hélicoptères des troupes du régime étaient responsables de deux attaques au chlore dans deux villes de la province d’Idlib, à Talmenes le 21 avril 2014 et à Sarmine le 16 mars 2015. Ils ont aussi estimé disposer de suffisamment d’éléments pour affirmer que les djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) avaient utilisé du gaz moutarde au soufre à Marea, dans la province d’Alep, le 21 août 2015. Les enquêteurs n’ont en revanche pas réussi à établir de responsabilité claire pour les six autres attaques, attribuées par les Occidentaux au régime de Damas. Ils n’ont pas pu recueillir d’« informations suffisantes » ou celles-ci étaient contradictoires. Il s’agit des incidents signalés à Qmenas le 16 mars 2015, à Al-Tamanah les 29 et 30 avril puis les 25 et 26 mai 2014, à Kafr Zita les 11 et 18 avril 2014, et enfin à Binnish le 21 août 2015.

L’armée turque entre en Syrie (Le Figaro)

L’armée turque et les rebelles soutenus par Ankara ont lancé mercredi à l’aube une grande offensive terrestre et aérienne sur Djarabulus, une localité syrienne tenue par le groupe État islamique. Une dizaine de chars turcs soutenus par la coalition internationale sont entrés en territoire syrien et tiraient en direction des positions tenues par les djihadistes. Les rebelles ont eux pris un village proche de Djarabulus. L’opération mobilise également l’aviation et les forces spéciales turques.

L’opération a été précédée de tirs d’artillerie ainsi que de raids de l’aviation turque et de la coalition formée par les États-Unis. Ankara avait annoncé au cours du week-end vouloir jouer un rôle plus actif en Syrie et cette opération baptisée «Bouclier de l’Euphrate» est la plus ambitieuse de la Turquie depuis le début du conflit syrien il y a cinq ans et demi.

Les États-Unis ont apporté leur soutien à cette opération turque, a indiqué un responsable américain sous couvert d’anonymat. Pour l’heure, le soutien a pris la forme de partage de renseignements et de participation de conseillers militaires américains. Elle pourrait prendre la forme de soutien aérien au sol, si les Turcs en font la demande, a expliqué ce responsable en voyage avec le vice-président américain.

De son côté, Damas, la capitale syrienne, «condamne le franchissement de la frontière turco-syrienne par des chars et des blindés turcs en direction de la ville de Djarabulus avec une couverture aérienne de la coalition menée par Washington, et considère qu’il s’agit d’une violation flagrante de sa souveraineté, selon un communiqué publié mercredi.

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La Russie suspend provisoirement l’usage de bases iraniennes pour ses frappes en Syrie (RT)

«La Russie a terminé son opération pour le moment», a précisé le porte-parole de la diplomatie iranienne, Bahram Qasemi, au sujet de l’utilisation de la base arienne iranienne de Hamadan par des bombardiers lourd russes. Moins d’une semaine après les premiers raids opérés au départ de l’Iran pour aller bombarder les djihadistes en Syrie, Téhéran confirme la suspension des opérations. Du côté russe, en revanche, personne n’a fait de commentaire sur ces déclarations de la diplomatie iranienne. Le 16 août, la Russie avait expliqué avoir bombardé les terroristes de Daesh en Syrie depuis les territoires iraniens.

Propagande de guerre : le photographe d’Osmane fréquentait les décapiteurs de l’enfant syrien (Les-crises)

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Une sacrée histoire aujourd’hui, qui montre qu’on peut faire aussi de la grosse propagande avec une information vraie – mais qui en masque d’autres…

Je comptais donc pointer le “2 poids 2 mesures” classique en Syrie, où le pauvre-petit-garçon-tout-mignon-blessé-par-les-méchants-assado-russes fait la Une des médias, “plein d’émotions” devant “le vrai visage de la guerre en Syrie”. Et cela fait la Une de tous les médias.. Mais il y a bien mieux en fait, à propos de cette photo…

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Nouvelles tensions entre l’Allemagne et la Turquie (Belga)

La fuite d’un document confidentiel allemand évoquant les liens entre le pouvoir turc et des groupes islamistes a entraîné de nouvelles tensions entre Berlin et Ankara, la Turquie réclamant des explications mercredi tandis que les autorités allemandes ont admis une erreur.

La chaîne de télévision publique allemande ARD avait diffusé mardi des extraits d’une réponse classée « confidentielle » à une question de parlementaires. Dans celle-ci, le ministère allemand de l’Intérieur qualifiait la Turquie de « plateforme pour des groupes islamistes au Proche et Moyen-Orient » en raison de son soutien « aux frères musulmans en Egypte, au Hamas et à des groupes armés islamistes en Syrie » dont les noms n’ont pas été cités.

Les relations germano-turques n’ont cessé de se tendre ces dernières semaines en raison de l’adoption par le Parlement allemand d’une résolution reconnaissant le génocide arménien et de menaces turques de suspendre un accord crucial limitant l’afflux de migrants en Europe.

Nigeria : retour sur le conflit opposant Shekau et Barnaoui à la tête de Boko Haram

Abou Mosab al-Barnaoui, à peine 22 ans, n’est autre que le fils du fondateur du groupe jihadiste nigérian. De son vrai nom Habib Yusuf, Barnaoui « est l’aîné des fils encore en vie de Mohammad Yusuf, fondateur du Jamaa’atu Ahlis-Sunnah Lid-Da’wati wal-Jihaad », véritable nom de Boko Haram, affirme Fulan Nasrullah, spécialiste nigérian du conflit sur Twitter.son patronyme fait référence à sa région d’origine, l’État du Borno (Nord-Est). Al-Barnaoui signifie « l’homme issu du Borno », en langue kanuri, dont les consonances ont été « arabisées ». C’est Shekau lui-même qui a attribué ce nom de guerre au jeune Habib Yusuf, après la mort de son père, tué par la police nigériane en 2009. À l’âge de 15 ans, Habib Yusuf devient Abou Mosab al-Barnaoui et rentre dans le jihad. « Abou Mosab était comme un frère pour Shekau, un fils. Il en a fait son bras droit », écrit Fulan Nasrullah sur Twitter.

Le jeune Barnaoui fait sa première apparition en janvier 2015 à 21 ans dans une vidéo de propagande pour revendiquer l’un des plus importants massacres de civils, celui de Baga, dans le nord-est du Nigeria. Son aisance d’élocution fait de lui le « porte-parole » du groupe, aux yeux des experts. Mais les premières tensions commencent à apparaître au sein de Boko Haram. Shekau ne cesse de répéter que Barnaoui n’est pas le porte-parole officiel du groupe, semblant présager l’ascension imminente du jeune homme.

Selon des sources proches du mouvement, Barnaoui prend ses distances avec son mentor lorsque Shekau décide de prêter allégeance à l’État islamique (EI) dès 2015, et se rapproche d’un autre membre éminent de la secte et proche confident de son père défunt, Mamman Nur. Ensemble, Nur et Barnaoui recrutent des combattants hors de la forêt de Sambisa, leur fief, et dispersent leurs membres autour du lac Tchad et dans la région nord du Nigeria, proche du Sahel.

À travers des messages audio, les deux « dissidents » dénoncent les « tendances dictatoriales » de Shekau, l’accusant d’avoir assassiné des commandants et de ne pas condamner les pillages de masse. Des critiques qui trouvent écho jusque dans les rangs de l’EI. « Shekau ne faisait pas l’unanimité », explique Romain Caillet, chercheur à l’Institut français du Proche-Orient. La rupture est consommée quand l’organisation mère présente Barnaoui dans son journal officiel comme le « nouveau wali » (chef) de Boko Haram. Les deux entités se rejoignent finalement sur les ambitions « mondiales » du jihad, Barnaoui assurant vouloir concentrer ses attaques sur les « croisés chrétiens » en Afrique.
Selon des sources proches du groupe, Nur aurait refusé la proposition de l’EI de prendre la position de leader pour des « raisons stratégiques », préférant agir comme conseiller de l’ombre. Mardi, l’armée a annoncé avoir « mortellement blessé » Shekau ainsi que 300 de ses combattants dans un raid aérien sur le fief de la forêt de Sambisa, sans que l’information ait pu être confirmée par les autorités nigérianes. Ce n’est pas la première fois que Shekau est annoncé mort. Mais dans un contexte de lutte interne, un moindre affaiblissement du groupe « pro-Shekau » pourrait ouvrir une voie royale à ses rivaux.

Nigeria : les Vengeurs du Delta du Niger annoncent un cessez-le-feu (Jeune Afrique)

Les rebelles des Vengeurs du Delta du Niger (NDA) ont annoncé sur le site web qu’ils déposaient les armes et rentraient en négociation avec le gouvernement nigérian après huit mois de sabotages dans le sud pétrolifère du pays qui ont mis l’économie du Nigeria à genoux. Les NDA s’engagent à observer une cessation des hostilités dans le delta du Niger contre tous les intérêts des multinationales pétrolières. En contrepartie, le parti au pouvoir doit arrêter les intimidations, invasions et les agressions contre les citoyens innocents, (…) notamment de la communauté Ijaw, peuple qui occupe les Etats du Delta et de Rivers.

A son arrivée au pouvoir l’an dernier, le président Muhammadu Buhari avait déclaré vouloir mettre fin au programme d’amnistie dont bénéficiaient des anciens membres de groupes armés du Delta (notamment du MEND), héritage de négociations avec le gouvernement précédent du président Goodluck Jonathan.

Les NDA sont apparus en début d’année. Ils ont revendiqué la plupart des attaques perpétrées depuis contre la compagnie pétrolière nationale NNPC, ainsi que contre des sociétés étrangères comme Shell, Chevron et Eni.

Ils assurent ne vouloir faire aucune victime humaine mais mettent en avant des revendications fortement indépendantistes soutenues par les mouvements pour l’autonomie du Biafra, la région du delta, d’où le Nigeria tire la quasi-exclusivité de son pétrole et qui fut le théâtre d’une féroce guerre civile entre 1967 et 1970.

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