Alain de Benoist – L’idéologie du genre

L’idéologie du genre repose sur deux erreurs fondamentales. La première est de croire que le sexe biologique n’a aucun rapport avec l’identité sexuelle ni avec la personnalité, et que le genre se construit sans autre relation avec le sexe que les « conventions » entretenues par la culture, les traditions, l’éducation ou le milieu sociale. La seconde est de confondre systématiquement le genre, au sens exact du terme, les préférences ou orientations sexuelles, et enfin le « sexe psychologique » ou « bisexualité psychique », c’est-à-dire le degré de masculinité ou de féminité présent en chacun d’entre nous.[…].

En réalité, le genre représente la dimension sociale-historique, culturelle et symbolique de l’appartenance au sexe biologique. C’est le sexe pris dans son acception culturelle, dans la multiplicité de ses constructions sociales, de ses représentations imaginaires et symboliques. […] Les constructions sociales de genre, en d’autres termes, se greffent sur la thématique de la polarisation sexuelle : elles n’abolissent pas la sexuation, elles l’interprètent et la modulent. […] La construction sociale est omniprésente dans les sociétés humaines, mais elle ne s’effectue jamais à partir de rien. Elle élabore, elle habille, elle transforme un déjà-là, c’est-à-dire qu’elle prend toujours appui sur ce donné que constitue la bipolarité biologique des sexes.

L’idéologie du genre argumente à partir du genre, mais en lui donnant un sens nouveau. Dissociant radicalement le genre du sexe biologique, elle soutient que l’identité sexuelle ne dépend en rien de ce dernier, mais des rôles sociaux attribués aux individus par l’éducation ou la culture. […] L’existence des sexes n’est pas nécessairement niée, mais n’est plus considérée comme un déterminant majeur de l’identité sexuelle. […] Le genre résulterait exclusivement, soit d’un libre choix, soit, plus souvent, de l’intériorisation sociale d’un certain nombre de conditionnements, de « préjugés » ou de « stéréotypes » acquis sous l’effet des pressions culturelles ou sociales, des traditions, de l’éducation, de la famille, etc. […].

La différence est ainsi tenue, comme indissociable d’une domination ou d’une hiérarchie, l’égalité étant à l’inverse posée comme synonyme d’équivalence ou d’identité. La différence sexuelle induirait obligatoirement un rapport de domination. Pour sortir de ce rapport de domination, il faudrait supprimer la différence des sexes. […].

L’erreur commence lorsqu’on prétend nier la nature au nom de la culture ou la culture au nom de la nature. Elle prend fin quand on relativise le rôle de l’une et de l’autre sans pour autant les nier.

Alain de Benoist, Les démons du bien

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