Revue de presse (59)

France

La carte de France de la radicalisation islamiste

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Ouverture d’une première «salle de shoot» à Paris (Le Figaro)

Après des années de controverses, une «salle de shoot» va finalement ouvrir vendredi à Paris. Une première même si une expérimentation associative a déjà eu lieu à Montpellier dans les années 1990. La France devient ainsi le dixième pays au monde à expérimenter cet espace réservé aux toxicomanes, un projet apparu il y a trente ans en Suisse.

La toute nouvelle «salle de consommation à moindre risque» (SCMR) installée dans le Xe arrondissement de la capitale sera inaugurée mardi par la ministre des Affaires sociales et de la Santé, et la maire de Paris, Anne Hidalgo

Ce lieu de 400m2, géré par l‘association Gaïa spécialisée dans le traitement de la dépendance aux drogues, devait initialement être installé boulevard de la Chapelle. Finalement accolé à l’hôpital Lariboisière, il disposera d’une entrée indépendante, sur la rue. Les substances consommées – héroïne, crack, sulfate de morphine ou médicaments de substitution – seront apportées par les toxicomanes eux-mêmes mais un matériel d’injection propre et stérile leur sera fourni.

Située près de la gare du Nord, un des principaux lieux de vente et de consommation de drogues dures de la capitale, elle devrait accueillir environ 200 personnes par jour.

«C’est un bouleversement total de la politique consensuelle menée par tous les gouvernements depuis plus de vingt ans dans la lutte contre la toxicomanie. Nous passons d’une politique de réduction des risques à une politique de banalisation et de légitimation de la drogue. L’État dit “vous ne pouvez pas vous droguer mais on va vous aider à le faire”», s’insurge Philippe Goujon, député maire LR du XVe.

Les usagers de la salle de consommation parisienne ne pourront être poursuivis pour usage et détention illicites de drogues. L’assouplissement de la législation aux alentours du lieu d’expérimentation fait craindre à Déborah Pawlik, élue LR de l’arrondissement, un effet «pot de miel» pour les dealers. «Cette salle va mécaniquement créer une demande et entraîner une augmentation du trafic, du nombre de toxicomanes dans le quartier et accroître le risque de nuisances et de règlements de comptes»


Union Européenne

Donald Tusk menace : ce sera un « hard Brexit » ou « pas de Brexit » (La Tribune)

Dans un discours prononcé jeudi 13 octobre au soir devant le European Policy Center (EPC) de Bruxelles, le président du conseil de l’UE, Donald Tusk, a estimé que les Britanniques n’avaient le choix qu’entre « un Brexit dur ou pas de Brexit du tout », ajoutant cependant que cette dernière option était peu probable pour le moment.

Par « Brexit dur » (« hard Brexit »), on entend une sortie de l’UE du Royaume-Uni sans nouvel accord commercial. Les liens entre Londres et les 27 seraient alors régis par les règles générales de l’Organisation mondiale du Commerce. Des droits de douanes pourraient alors être à nouveau érigés. Donald Tusk estime donc qu’il ne peut y avoir d’alternative si Londres continue de refuser comme condition à l’accès au marché unique européen la libre-circulation des personnes. « Il est inutile de spéculer à propos d’un Brexit doux (soft Brexit) », a affirmé Donald Tusk. L’UE ne voudra donc pas s’engager dans une négociation où l’on pourrait accorder des concessions partielles.

Pour Donald Tusk, l’UE comme le Royaume-Uni auront tout à perdre dans ce « hard Brexit » : « la vérité brutale est que le Brexit sera une perte pour nous tous », a-t-il insisté. Cette volonté de dramatisation répond aux dernières annonces de Theresa May, la première ministre britannique, et de son ministre des Affaires étrangères Boris Johnson. La première avait posé comme priorité la maîtrise des frontières sur l’accès au marché unique. Le second s’était dit « absolument confiant » dans le fait qu’un « bon accord » pourrait être atteint.

La stratégie européenne est donc simple, pour l’instant : tenir une position ferme en ne laissant aucune marge de manœuvre à un accord « négocié ». Ou le Royaume-Uni accepte les « quatre libertés » dont la liberté de circulation des personnes, ou il perd l’accès au marché unique. Avec cette position, l’UE espère encore annuler le vote du 23 juin. D’ici quelques années, un nouveau référendum pourrait avoir lieu et renverser le vote.

Donald Tusk a, du reste, espéré pouvoir compter sur des « alliés » au Royaume-Uni s’il « existe une chance de renverser le processus ». En tenant bon, l’UE veut créer un front anti-Brexit capable de changer la donne. Un abandon du Brexit serait il est vrai un triomphe pour Bruxelles qui prouverait alors par l’exemple que l’euroscepticisme est une impasse.

La fronde judiciaire débute contre le Brexit au Royaume-Uni (Euractiv)

Les plus hauts magistrats d’Angleterre vont se pencher à partir de jeudi sur des recours contre la décision de la Première ministre Theresa May de lancer la procédure du Brexit sans consulter le Parlement. Ces actions en justice ont été introduites par des citoyens aux profils très hétéroclites, allant du coiffeur à la gestionnaire de fonds de pension.

« C’est le Parlement qui nous a fait entrer dans l’Union européenne et seul lui peut nous en faire sortir », explique l’un de leurs avocats, John Halford. Certes, les députés ont accepté le résultat du référendum -même si la majorité d’entre eux ont milité pour rester dans l’UE. Mais des débats sur la question du Brexit au parlement pourraient prendre des mois, et retarder le processus. D’autant que certains élus, en particulier l’opposition travailliste, veulent peser sur les termes de la sortie, craignant qu’elle soit trop brutale.

Or, Theresa May a annoncé qu’elle voulait enclencher avant fin mars 2017 l’article 50 du Traité de Lisbonne, préalable aux négociations de divorce qui doivent durer deux ans maximum. Elle argue que mettre en œuvre le Brexit est une prérogative de l’exécutif qui ne requiert pas l’approbation du Parlement.

Les premiers recours ont été introduits par un coiffeur de 37 ans, Deir Dos Santos, et la co-fondatrice du gestionnaire de fonds SCM Direct, Gina Miller. Un autre a ensuite été déposé par un groupe se faisant appeler « citoyens ordinaires ». Des manifestants ont également campé devant les bureaux des avocats des plaignants, dont celui constitué par Grahame Pigney, expatrié en France et qui se dit « Européen convaincu ». Avec son fils de 22 ans Rob, qui vit à Gibraltar, un arboriculteur du Pays de Galles et un étudiant londonien, ils ont rassemblé près de 164 000 euros auprès de donateurs pour se pourvoir en justice.

L’audience devant la Haute Cour de Londres doit durer trois jours. La décision des juges n’est pas attendue avant plusieurs semaines. Et le perdant fera certainement appel, estiment les analystes, qui s’attendent à ce que le cas atterrisse alors directement devant la Cour suprême.

Theresa May est prête à accorder aux parlementaires britanniques un droit de regard sur le processus de sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne à condition que les élus « n’affaiblissent pas » les négociations avec les pays membres du bloc communautaire.

Les députés du Parti travailliste ont présenté une motion parlementaire demandant un débat général sur le plan du gouvernement et exigeant que le Parlement « puisse examiner correctement ce plan […] avant que l’article 50 soit invoqué ».

Brexit : un nouveau référendum écossais sur l’indépendance en préparation

Devant le congrès du Parti national écossais (SNP), Nicola Sturgeon, cheffe du gouvernement écossais a confirmé qu’un « projet de loi proposant un référendum d’indépendance sera publié pour consultation » la semaine prochaine.  « Je suis déterminée à ce que l’Écosse puisse reconsidérer la question de son indépendance et ce avant que le Royaume-Uni ne quitte l’UE si c’est nécessaire pour protéger les intérêts de notre pays », a-t-elle indiqué. Et, sans attendre le résultat de cette consultation, Nicola Sturgeon a appelé ses troupes à faire campagne pour l’indépendance, tout en mettant en garde contre tout sentiment de trop forte assurance.

Et d’interpeller Theresa May : « l’Ecosse n’a pas choisi d’être dans cette situation – c’est votre parti qui nous y a mis. En 2014, vous nous avez dit que l’Ecosse était un partenaire égal dans le Royaume-Uni. Eh bien, c’est le moment de le prouver  ».

Le 18 septembre 2014, les Écossais avaient, à 55 %, choisi de rester dans le Royaume-Uni. A l’époque, l’Union européenne avait fait campagne en faveur du « non » à l’indépendance, menaçant les partisans du « oui » d’obliger le nouvel Etat à se retrouver exclu de facto en dehors de l’UE, obligé de recommencer la procédure d’adhésion depuis le début. La situation est évidemment désormais très différente. Le Royaume-Uni sortant de l’UE, l’argument n’est plus valide. L’exclusion de l’Ecosse de la procédure de négociation est aussi un argument pour les Nationalistes écossais qui peuvent y voir le retour de la domination des intérêts « anglais » et un retour sur la dévolution des pouvoirs de la fin des années 1990.

Mais Nicola Sturgeon aura fort à faire pour imposer un deuxième référendum. D’abord, parce que les 62 % d’Ecossais qui ont voté contre le Brexit ne voteront pas tous en faveur de l’indépendance. Selon l’institut BMG, ce nouveau référendum reste peu populaire et n’est soutenu que par 38 % des Ecossais, 47 % y étant opposés, même si en cas de « Brexit dur », le camp des Indépendantistes pourrait progresser.

Les négociateurs abandonnent l’idée d’un compromis en 2016 sur le TTIP (Euractiv)

Malgré les progrès réalisés sur les aspects techniques, les négociateurs des deux côtés de l’Atlantique ont renoncé à conclure le TTIP cette année. « Les raisons de conclure le TTIP sont toujours solides », a assuré Dan Mullaney, négociateur en chef du TTIP pour le côté américain. « Les États-Unis restent pleinement investis dans ces négociations et s’engagent toujours à les mener à bien. »

Le représentant américain a également indiqué que les deux parties comptaient continuer à avancer dans les mois à venir, avant la fin de l’administration Obama, en janvier. Un discours très différent de celui que tenait le même Dan Mullaney lors du dernier cycle de négociations, en septembre, quand il appelait encore à la conclusion du TTIP d’ici la fin de l’année.

Négociateurs et spécialistes s’attendent à une suspension des discussions en 2017, à cause des élections aux États-Unis, mais aussi dans plusieurs pays européens. Certains estiment cependant que l’accord pourrait être conclu en 2018.

Vingt groupes de travail se sont ainsi rencontrés à New York la semaine dernière (3-7 octobre) pour faire progresser les préparations techniques nécessaires à la conclusion de ce qui serait le plus grand accord de libre-échange au monde.

La structure du texte est donc en train d’émerger, et les deux parties ont présenté et échangé leurs propositions. La plus grande partie des futurs « chapitres » du TTIP (il y en aura près de 30) sont à présent « consolidés », c’est-à-dire qu’ils contiennent les propositions des deux parties.

Il n’existe pas de calendrier précis pour les prochains mois de négociations sous l’administration Obama. Le négociateur en chef européen et les États membres ont prévu de faire un bilan lors du sommet du Conseil du 11 novembre. Aucune date n’a été arrêtée pour le prochain cycle de négociations.

Il semble de plus en plus improbable que des compromis soient obtenus d’ici la fin de l’année, selon Peter Chase, du Fonds Marshall allemand. « Soit nous trouvons un accord définitif en décembre, soit nous courrons le risque de ne jamais finaliser le TTIP », a-t-il conclu.

TTIP : avancées techniques, ralentissement politique des négociations (AFP)

Ce 15 cycle de négociations s’est concentré sur le volet réglementaire : cohérence réglementaire, barrières techniques au commerce, et santé animale et végétale (mesures sanitaires et phytosanitaires). Les neuf secteurs où la coopération réglementaire a été discutée sont les suivants : automobile, produits pharmaceutiques, chimiques, cosmétiques, technologies de l’information et de la communication, pesticides, ingénierie, appareils médicaux, et textiles.

La Commission poursuivie en justice sur la légalité des tribunaux d’arbitrage (Euractiv)

ClientEarth, une ONG de défense juridique de l’environnement, poursuit la Commission pour avoir refusé de révéler une opinion juridique sur le règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE), une des parties les plus critiquées des traité commerciaux de l’UE.

L’ONG a requis l’accès au document en vertu des règles de transparence européennes, mais a reçu une version tellement censurée qu’il est impossible de lire l’analyse des juristes de la Commission. Une accusation gênante pour l’institution, qui se targue régulièrement d’être la plus transparente au monde, surtout comparé aux gouvernements nationaux.

La Commission assure que le secret entourant la question est nécessaire afin de protéger les négociations en cours avec les États-Unis pour le partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP). Cette défense sera à présent évaluée par le tribunal général européen, à Luxembourg. Les États membres ont donné à l’exécutif européen le mandat de négocier des accords de libre-échange.

Outre le TTIP, un autre traité, le CETA, entre l’UE et le Canada, contient également un mécanisme de RDIE, et fait l’objet d’opposition au sein de certains parlements nationaux.

Laurens Ankersmit et Anaïs Berthier, de ClientEarth, ont été rejoints pour ce dossier par Onno Brouwer et Nicholas Frey, du cabinet Freshfields Bruckhaus Deringer, qui travaillent gratuitement le temps de cette affaire. Onno Brouwer a par ailleurs représenté l’eurodéputée Sophie in’t Veld lors d’une autre procédure d’accès à des documents qui a créé un précédent en limitant l’utilisation possible de l’exception liée aux relations internationales.

La Cour constitutionnelle allemande autorise sous conditions Berlin à signer le traité CETA (Le Monde)

Le tribunal constitutionnel de Karlsruhe a autorisé jeudi 13 octobre le gouvernement allemand à approuver sous conditions le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada – appelé « accord économique et commercial global » (AECG ou CETA, pour Canada-EU Trade Agreement).

La Cour constitutionnelle pose toutefois des conditions. Elle exige, en particulier, de Berlin la garantie que l’Allemagne pourra à l’avenir quitter l’accord, au cas où elle lui demanderait. Les juges n’ont, en effet, pas encore statué sur la constitutionnalité du traité, et plusieurs mois s’écouleront avant qu’ils arrivent à un jugement sur ce point.

Accord CETA : un rajout de dernière minute qui ne change rien (Le Monde)

Le CETA, qui comptait déjà 1598 pages après une première renégociation, s’est vu compléter par une “déclaration interprétative” de 5 pages censée répondre aux dernières interrogations des sceptiques avant la signature officielle du traité, le 27 octobre.

Cette déclaration interprétative, qui a fuité sur Internet, ne sera présentée officiellement que lors de la réunion des ministres du commerce européens le 18 octobre. Elle a notamment été rédigée pour convaincre les syndicats allemands (et, par ricochet, les sociaux-démocrates du SPD) d’apporter leur soutien à cet accord.

On peut y lire que les Etats garderont leur “droit de règlementer”, que les services publics seront exclus du périmètre de l’accord et que les nouveaux tribunaux d’arbitrage pour régler les litiges entre entreprises et Etats seront “équitables et transparents”. Des grands principes rassurants, alors que l’accord est accusé par de nombreuses organisations de la société civile de signer un blanc-seing aux multinationales et de déposséder les Etats de leurs prérogatives. L’eurodéputé LR Franck Proust y voit la preuve que “tout ce qu’on a pu entendre des opposants était exagéré et infondé”.

Tous les spécialistes s’accordent pourtant à dire que cette annexe ne change rien au contenu de l’accord – qu’ils soient, d’ailleurs, favorables ou non au CETA. “Cette déclaration n’est au mieux qu’un exercice de communication au pire l’expression de l’incroyable incapacité des socialistes européens et de la commission à comprendre les critiques adressées au CETA”, estime l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot. “C’est une traduction en language politique d’un accord très technique”, acquièse Franck Proust.

En effet, on ne trouve dans cette annexe rien de neuf, si ce n’est la répétition de grands principes déjà énoncés dans le corps du CETA… mais sans grande portée. Par exemple, comme le rappelle Amélie Canonne, de l’ONG Aitec, “le ‘droit de réglementer’ est un concept inutile”, car de nombreux chapitres de l’accord s’attachent précisément à limiter la marge de manoeuvre des Etats, sous peine de sanction (et c’est bien normal, c’est le principe même des accords commerciaux). De la même façon, la promesse que les services publics seront protégés ne mange pas de pain : vu que “la notion de service public n’existe ni en droit européen ni en droit commercial” et qu’il n’existe pas de consensus sur sa définition, il est difficile de savoir exactement quels services seront exclus du champ d’application du CETA… et il n’y a aucune garantie que des services publics du futur (donc pas mentionnés explicitement dans les garanties de l’accord) seront protégés.

La partie sur le système d’arbitrage ISDS (rebaptisé ICS pour marquer la rupture avec l’ancien système, très décrié) n’est guère plus utile : elle se porte à rappeler les principales dispositions du nouveau système, sans répondre à toutes les interrogations qui subsistent.

Cette nouvelle annexe n’est donc rien de plus qu’un bel exercice de pédagogie – ou de communication, selon le point de vue – des dirigeants de l’Europe et du Canada pour convaincre l’opinion publique et les élus que leurs craintes ont été prises en compte.

Les curieuses manoeuvres autour du CETA attisent une opposition coriace (Euractiv)

La perspective que l’accord puisse s’appliquer dès sa signature, avant que les Parlements nationaux ne le ratifient officiellement, hérisse les opposants qui s’interrogent sur l’aspect démocratique de la procédure.

Le gouvernement français n’a eu que faire d’une tribune signée de 100 parlementaires, et réclamant de reporter l’application directe de l’accord. Ce mépris est mal passé. Au point que les députés de la majorité comme de l’opposition moquent ouvertement les positions du gouvernement, comme en témoigne ce document rédigé par un élu, qui circule à l’Assemblée Nationale.

Lequel démonte point par point un argumentaire développé par le secrétariat d’Etat au commerce extérieur sur l’accord commercial : qu’il s’agisse de la cour d’arbitrage des différents (ISDS), de l’aspect environnemental ou du respect démocratique, la position du gouvernement est vivement critiquée.

Dernier fait d’armes, le gouvernement a  fait pression sur le groupe des sociaux et démocrates pour éviter une résolution consultative réclamant le report de l’application de l’accord. Comme souligné par Politis.fr, le groupe s’est alors lancé dans un tour de cuisine parlementaire rare : il a « démissionné » 4 députés de la commission des affaires européennes le 5 octobre, jour du vote de la résolution, avant de les renommer le lendemain, comme en témoigne le Journal officiel. Une pratique pour le moins peu démocratique.

Le Canada règle la question des visas pour sauver le CETA (Euractiv)

La Bulgarie et la Roumanie ont toutes deux exprimé leur réticence à accepter l’accord commercial entre le Canada et l’UE, le CETA, à moins qu’Ottawa ne libéralise enfin les visas de leurs citoyens. Le gouvernement canadien s’est donc empressé de résoudre le problème. Ce regain d’activité devrait amadouer Sofia et ouvrir la voie à une ratification de l’accord pourtant controversé d’ici la fin du mois d’octobre.

Le 6 octobre, Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, a promis à son homologue bulgare, Boyko Borissov, que les visas seraient initialement levés pour les hommes et femmes d’affaires, les gens qui se sont déjà rendus au Canada et tout citoyen bulgare en possession d’un visa américain à la date du 1er mai 2017. Sofia a pour sa part indiqué que le gouvernement Trudeau ferait « tout son possible pour exempter tous les autres citoyens bulgares de visa fin 2017 ». Bucarest aurait pour sa part exigé que l’exemption de visa s’étende à tous ses citoyens d’ici fin 2017, selon des sources roumaines, citées peu de temps après la déclaration bulgare par Mediafax.

Libéralisation des services : l’UE à l’offensive (Libération)

Tisa (Trade in Services Agreement), l’accord sur le commerce des services. Moins connu et moins médiatisé, il fait depuis 2013 l’objet de négociations entre une cinquantaine de pays, dont l’Australie, le Canada, le Chili, le Japon, le Mexique, les Etats-Unis et les 28 de l’Union européenne. Ce projet d’accord, qui a vocation à couvrir près de 70% du commerce mondial des services, concerne tous les secteurs.

Ce vendredi, WikiLeaks, en partenariat avec plusieurs médias européens – l’Espresso en Italie, Público en Espagne et Libération en France –, rend publics de nouveaux documents, datés de juin 2016, qui témoignent notamment de la position très offensive de l’Union européenne dans ces discussions, alors que les négociations sont censées aboutir en décembre.

Le premier document publié ce vendredi par WikiLeaks concerne les «conditions de localisation», autrement dit les exigences que peuvent avoir les pays vis-à-vis des entreprises étrangères.

Le deuxième document est consacré aux services financiers – assurances, banques, fonds de pension… – et là aussi, Bruxelles est en pointe sur le dossier.

Enfin, le dernier document consiste en une série de demandes faites par l’Union européenne à plusieurs pays (Chili, Colombie, Hongkong, Japon, Mexique, Pakistan, Etats-Unis…) en matière d’accès au marché. Autrement dit, il s’agit des secteurs qu’elle veut voir s’ouvrir aux entreprises des Etats parties au Tisa… à commencer par les siennes.

L’accord commercial avec l’Afrique australe entre en vigueur (Euractiv)

Le long chemin de l’accord de partenariat économique entre l’UE et les pays d’Afrique Australe s’est achevé. Le 10 octobre, l’accord commercial en discussion depuis 2007 est entré en vigueur. L’accord prévoit la libéralisation des échanges entre les 5 pays africains et l’Union européenne, et prend le relais des préférences commerciales non-réciproques accordées par l’UE à ces pays sous l’accord de Cotonou, qui arrive à échéance en 2020.

Concrètement, la Namibie, le Botswana, le Swaziland et le Lesotho vont bénéficier d’un accès sans aucun droit de douane au marché européen. L’Afrique du Sud, l’économie la plus avancée, va se voir appliquer des droits de douane sur une partie minime de ses exportations vers l’UE. En contrepartie, les pays africains doivent ouvrir leur marché aux exportations européennes en supprimant les droits de douane sur 86 % des produits en provenance de l’UE.

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Le Parlement européen veut contrer la « propagande russe » (Ruptures)

L’Union européenne devrait renforcer sa « contre-propagande » contre les campagnes de « désinformation » russes, ainsi que celles des djihadistes. C’est le sens du rapport rédigé par l’eurodéputé Anna Fotyga, qui fut ministre des Affaires étrangères (PiS) de Pologne en 2006-2007. Le document a été endossé le 10 octobre par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée de Strasbourg.

Il plaide pour renforcer une unité créée il y a un an, baptisée Force de communication stratégique (StratCom) et composée de diplomates et d’experts chargés de repérer et de « déconstruire » ce que Bruxelles nomme les mythes et les mensonges concoctés et répandus par Moscou. Cette force devrait devenir une entité à part entière au sein du Service diplomatique européen, plaide le document, moyennant des effectifs propres et stables reposant sur un financement adéquat.

Pour Mme Fotyga, il y a urgence du fait de l’« extension rapide des activités inspirées par le Kremlin en Europe » qui visent à « maintenir ou accroître l’influence de la Russie, et à diviser l’UE ». Dans le viseur du rapport : les « immenses ressources des activités de propagande russe », telles que les télévisions en plusieurs langues à destination de l’extérieur, des « pseudo-agences de presse », le financement de « think-tanks » russes installés dans des pays de l’UE voire de partis politiques nationaux.

Le rapport propose par ailleurs le lancement d’un audit sur de grands projets médiatiques subventionnés par Bruxelles, comme la chaîne multilingue Euronews. Le service en langue russe de cette station pourtant très europhile serait en passe de devenir… un outil caché de propagande du Kremlin, s’inquiètent certains cercles européens.

Grèce : Berlin remporte une victoire décisive sur le dossier de la dette (La Tribune)

La restructuration de la dette hellénique (176 % du PIB dont 70 % détenus par la zone euro) est, semble-t-il, renvoyée aux… calendes grecques.

Le ministre fédéral allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a fait son choix. Après avoir tenté d’obtenir la participation financière du FMI au programme grec signé en août 2015 et l’absence de coupes dans le stock de dette grecque , il a finalement renoncé à son premier vœu pour se concentrer sur le second. Aussi le FMI devrait-il ne rester que comme « conseiller » dans le cadre de la troïka, si l’on en croit une information publiée dimanche 9 octobre par Reuters (et officiellement démentie par le FMI).

Certes, la facture sera plus élevée pour les contribuables allemands et européens puisque c’est le Mécanisme européen de Stabilité (MES) qui devra assumer le versement complet du programme. Mais c’est un moindre mal pour Wolfgang Schäuble dans la mesure où il ne s’agit que d’une garantie donnée au MES. Ce dernier se contentera, grâce à ladite garantie, dans un premier temps, de lever de l’argent sur les marchés pour le reverser à Athènes.

Avec cette solution, Wolfgang Schäuble peut justifier l’adoption d’un nouveau « plan d’aide » moyennant une position ferme sur les « réformes » envers Athènes.


Monde – Géopolitique

Des militaires français ont été blessés par l’explosion d’un IED au Mali (Zone militaire)

Au cours d’une opération anti-terroriste dans la région de Kidal, précisément à Tinzawaten, près de la frontière avec l’Algérie, trois membres d’un groupe armé terroriste (GAT) auraient été « neutralisés » (c’est à dire mis hors de combat) par la force Barkhane.  Quasiment au même moment, à Abeibera, toujours dans la région de Kidal, six militaires français ont été blessés par l’explosion d’un engin explosif improvisé (IED) au passage de leur véhicule.

Cet incident est survenu le lendemain de la mort, à Kidal, de Cheikh Ag Aoussa, un ancien adjoint d’Iyad Ag Ghaly, le chef du groupe jihadiste Ansar Dine devenu numéro deux Haut-conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), un groupe armé membre de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

Irak : Un drone piégé tue deux Peshmergas et blesse deux commandos des forces spéciales françaises (Zone militaire)

Selon le quotidien Le Monde, deux membres du Commando Parachutiste de l’Air (CPA) n°10, auraient effectivement été gravement blessés le 2 octobre et, depuis, évacués vers un hôpital militaire parisien. Or, ces deux militaires, dont un se trouve dans un état critique, ont été blessé par l’explosion d’un drone piégé, envoyé par des jihadistes de l’État islamique (EI ou Daesh). Deux combattants kurdes irakiens (Peshmergas) y auraient laissé la vie. D’après Le Monde, les deux commandos auraient réussi intercepté le drone avant qu’il n’explose à terre.

Rwanda : Kagame évoque une nouvelle rupture des relations diplomatiques avec la France après la réouverture de l’enquête sur l’assassinat de Juvénal Habyarimana  (Jeune Afrique)

De nouvelles tensions diplomatiques sont apparues entre la France et le Rwanda ces derniers jours. Dans un discours à Kigali ce 10 octobre, le président rwandais Paul Kagame a en effet évoqué la possibilité d’une nouvelle rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

En cause, la réouverture de l’enquête française sur l’attentat du 6 avril 1994, qui avait marqué le début du génocide des Tutsis. Selon une dépêche de l’AFP, le 7 octobre, les juges français ont en effet relancé cette enquête, close depuis juin, en demandant à nouveau à entendre un témoin. C’est déjà cette enquête qui avait provoqué la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, entre 2006 et 2009.

En 2006, le Rwanda avait rompu ses relations avec la France suite à la délivrance de mandats d’arrêts internationaux contre neuf de ses hauts responsables. Jean-Louis Bruguière, le juge antiterroriste alors en charge de cette enquête, suivait à l’époque la piste d’une responsabilité du Front patriotique rwandais (FPR), alors rébellion majoritairement tutsie, et aujourd’hui le parti au pouvoir à Kigali.

Pour Kigali, ce sont au contraire les extrémistes Hutus qui sont responsable de cet attentat, qui servait de signal de départ au génocide des Tutsis, qui a fait 800 000 morts selon l’ONU entre avril et juillet 1994.

La relance de l’enquête par les juges – désormais confiée à Jean-Marc Herbaut et Nathalie Poux – pourrait provoquer une nouvelle crise. Ceux-ci ont demandé à entendre un nouveau témoin, ce qui a conduit à la réouverture de cette enquête débutée en 1998. Il s’agit de Faustin Kayumba Nyamwasa, un dissident rwandais réfugié en Afrique du Sud, où il a été l’objet d’une tentative d’assassinat.

Chef des renseignements militaires du FPR au moment des faits, Kayumba Nyamwasa avait été lui-même été soupçonné par la justice française d’avoir participé à l’organisation de l’attentat. Mais depuis sa dissidence et son arrivée en Afrique du Sud, il a plusieurs fois accusé Paul Kagame d’être le commanditaire de l’attentat et s’est dit disponible pour collaborer avec la justice française.

La Pologne choisit des hélicoptères américains, le patron d’Airbus furieux (RFI)

L’avionneur européen Airbus va demander réparation à la Pologne. Quatre jours après avoir abandonné ses négociations pour l’achat de 50 hélicoptères Caracal, Varsovie annonce que la Pologne fera finalement affaire avec l’Américain Lockheed Martin.

On nous a claqué la porte au nez, explique furieux Tom Enders. Une fin de négociation d’autant plus difficile à accepter que l’avionneur européen avait commencé à construire les appareils commandés qui devaient être livrés initialement dès l’an prochain. D’autant plus difficile que, de sources proches du dossier, des dizaines de millions d’euros d’études et de modifications avaient été engagés pour répondre au plus près à la demande polonaise. D’autant plus difficile enfin que l’Américain Lockheed Martin, le constructeur des hélicoptères Black Hawk finalement acheté par le gouvernement polonais, avait participé à l’appel d’offres remporté initialement par Airbus. Selon le ministre polonais de la Défense, deux premiers hélicoptères Black Hawk devraient être livrés avant la fin de cette année à la Pologne.

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Syrie : pourquoi la Russie a opposé son véto au projet de résolution français au conseil de sécurité de l’ONU (Russie Politics)

Le projet de résolution présenté par la France a été voté par les membres du Conseil de sécurité, sauf par la Russie (qui est membre permanent et dont le vote est donc obligatoire pour faire passer un texte) et le Vénezuela. La Chine et l’Angola se sont abstenus. Contre la position française, la Russie a également proposé sa version de résolution, mais qui ne prévoit pas d’arrêter de bombarder les groupes terroristes: Mais le Conseil de Sécurité de l’ONU a rejeté le texte présenté par la Russie. Neuf des 15 pays membres du Conseil de sécurité ont voté contre le texte, dont la France, les États-Unis et le Royaume-Uni. Le Venezuela, l’Égypte et la Chine ont voté avec la Russie pour soutenir son texte, tandis que l’Angola et l’Uruguay se sont abstenus.

Voici la traduction intégrale de l’explication officielle donnée par le ministère des affaires étrangères russe. Bien loin du « cynisme ».

« Le 8 octobre, la Russie a voté contre le projet de résolution sur la Syrie présenté par la France au Conseil de sécurité de l’ONU.

Son texte, manifestement présenté sous incitation de Washington immédiatement après le refus des Etats Unis de remplir les accords russo-américains sur le règlement du conflit syrien, a profondément déformé la réalité de la situation, était politisé, déséquilibré et partisan. Toute la responsabilité quant à l’escalade des tensions en Syrie est en bloc attribuée au pouvoir du pays. Dans le même temps, en voulant interdire l’aviation dans la région d’Alep, il y a une réelle tentative de garantir une protection à Al Nusra et aux groupes terroristes affiliés malgré l’obligation des pays membres de l’ONU de mettre tous les moyens en oeuvre pour lutter contre la menace terroriste. Le projet français taisait totalement le fait que la crise humanitaire à Alep ait été artificiellement provoquée quand, en août et en septembre, les groupes terroristes ont refusé de laisser passer les convois humanitaires et ont menacé de tirer dessus. Dans le même temps, le projet ignore les enjeux d’un début, le plus rapide possible, du processus politique entre les forces syriennes, processus qui a été justement saboté par ces mêmes opposants que l’Occident protège et couvre envers et contre tout.

Afin de ne pas permettre une scission du Conseil de sécurité, nous avons proposé un compromis de projet de résolution. Toutefois, les co-auteurs du projet français, encouragés par des critiques déchaînées de Damas, n’ont pu faire preuve de sagesse politique. A des négociations orientées vers des résultats positifs concrets, ils ont préféré la langue de l’ultimatum, une forte opération de communication, l’exploitation de la problématique humanitaire dans des buts politiques, éloignés des intérêts réels du peuple de Syrie, et également des autres peuples de la région. Il est significatif que notre refus de partager une telle ligne soit partagé par toute une série de membres du Conseil de sécurité.

L’échec de la tentative d’abus de l’autorité du Conseil de sécurité montre l’obsession des initiateurs de la résolution française pour l’idée d’un changement inconstitutionnel du régime en Syrie par l’implication des ressources de l’internationale terroriste, largement alimentée depuis l’étranger.

Il est parfaitement connu que la Russie n’est pas intervenue dans le conflit syrien pendant les quatre années durant lesquelles les gouvernements occidentaux ont alimenté les groupes armés terroristes et elle n’est entrée en Syrie sur demande de son gouvernement légitime que lorsqu’il y a eut un réel risque pour Damas d’être pris par les terroristes. Il était inadmissible que la Syrie encoure le même sort que l’Irak ou la Libye, avec le renversement desquels a commencé la déstabilisation du Moyen Orient, engendrant et l’état islamique et de nouvelles réincarnations d' »Al Qaïda » comme « Nusra ». Il est regrettable que certains de nos partenaires ne tirent pas les leçons de l’histoire. »

L’Etat Islamique confirme la mort en Syrie de son chef de la propagande (Sputnik)

Le groupe terroriste Etat islamique a confirmé la mort de son chef de la propagande Wa’il Adel Hassan al-Fayad, connu sous le nom d’Abu Mohammed al-Furqan. Le Pentagone a annoncé avoir éliminé ce terroriste, dont le vrai nom était Wa’il Adel Hassan al-Fayad, lors d’un bombardement de la ville de Raqqa.

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Syrie : la Russie installe une base navale permanente (Courrier International)

“Le vice-ministre russe de la Défense, Nikolaï Pankov, a annoncé le 10 octobre, que les installations portuaires russes se trouvant à Tartous [nord-ouest de la Syrie] seront transformées en base navale permanente”, relate Newsweek sur son site. La semaine dernière, le ministère de la Défense avait déjà confirmé le déploiement de batteries de défense antiaérienne S-300 pour compléter son dispositif à Tartous, poursuit l’hebdomadaire américain.

“Le port de Tartous abrite depuis 1971 une base utilisée pour l’entretien des navires russes en Méditerranée. Cette base, utilisée au départ à des fins logistiques, a été renforcée l’année dernière avec le début de la campagne militaire russe en Syrie”, précise Newsweek.

Yémen : la coalition saoudienne bombarde une cérémonie funéraire en plein cœur de Sanaa (Le Monde)

Des milliers de personnes ont manifesté, dimanche 9 octobre, à Sanaa devant les locaux des Nations unies (ONU), en signe de protestation contre une attaque aérienne qui a fait au moins 140 morts et 525 blessés, samedi, dans la capitale yéménite, selon un bilan du bureau de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires dans le pays.

L’attaque a été menée par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, en guerre contre les rebelles houthistes et leur allié, l’ex-président Ali Abdallah Saleh. Elle a visé à plusieurs reprises un centre de réception dans un quartier aisé de la capitale, aux mains des rebelles depuis deux ans. Une cérémonie funéraire s’y tenait en l’honneur du père du ministre de l’intérieur rebelle, Jalal Al-Ruwaishan.

La frappe « a pu viser des personnalités de premier plan liées aux houthistes et à Saleh, présentes à la réception », note Adam Baron, chercheur associé au Conseil européen des relations internationales. Le maire de la ville, Abdulqader Hilal, a été tué, ainsi que l’ancien gouverneur de la province d’Al-Bayda Mohammed Naser Al-Amri et un puissant général rebelle, Ali Al-Dafi : des personnalités importantes, mais pas les principales figures de la rébellion, précise le chercheur.

Frappes américaines au Yémen, suite à l’attaque contre le destroyer USS Mason (Zone militaire)

Après avoir prévenu que l’attaque contre le destroyer USS Mason et le navire logistique USS Ponce, à proximité du détroit de Bab al-Mandeb, ne resterait pas impunie, le Pentagone a fait état, le 12 octobre, d’un nouveau tir de missile contre le même navire de l’US Navy.

« Ceux qui menacent nos forces doivent savoir que les commandants de bateaux américains ont le droit de défendre leurs navires », a poursuivi M. Cook, après avoir précisé que l’incident s’était produit aux abords du port de Hodeida et que le missile, probablement de défense côtière, avait été tiré depuis un territoire contrôlé par la milice chiite Houthis, soutenue par l’Iran et contre laquelle intervient, depuis mars 2015, une coalition dirigée par l’Arabie Saoudite.

Le fait est, la réaction américaine ne s’est pas faite attendre : dans la nuit du 12 au 13 octobre, trois radars, situés dans des zones contrôlées par les rebelles Houthis, ont été visés par des frappes autorisées par le président Obama, en réponse aux deux attaques ayant visé l’USS Mason. Un responsable américain a précisé que ces sites avaient été visés par des missiles de croisière BGM-109 Tomahawk, tirés par le destroyer USS Nitze.

Pourquoi Trump veut poursuivre Clinton en justice pour des e-mails supprimés (Numerama)

Le candidat républicain est passé dimanche soir à l’offensive contre Hillary Clinton. Une séquence, en particulier, a mis la candidate démocrate en difficulté. Elle concernait les e-mails professionnels et confidentiels que l’ancienne secrétaire d’État avait reçu et envoyé depuis un compte personnel. Alors qu’elle faisait l’objet d’une enquête officielle, Clinton avait supprimé plus de 30 000 e-mails de ses serveurs personnels.

L’histoire remonte à la campagne présidentielle de 2008. Pour communiquer lors de la primaire qui l’oppose à Barack Obama, l’équipe de campagne d’Hillary Clinton crée des noms de domaine spécifiques comme clintonemail.com, et décide d’utiliser des téléphones Blackberry pour échanger les courriels. Le serveur qui traite les e-mails est installé physiquement dans la demeure du couple Clinton à Chappaqua (état de New York), dans une ancienne salle de bain rénovée.

La candidate prend alors l’habitude d’utiliser ce canal et lorsqu’elle est finalement nommée secrétaire d’État de l’administration Obama en 2009, et elle décide contre les recommandations de la NSA de continuer à utiliser son Blackberry et son serveur d’e-mails personne basé sur Microsoft Exchange, qui est transféré en 2013 vers un petit hébergeur de Denver. Elle utilise cette adresse e-mail y compris lorsqu’elle est à l’étranger pour ses différentes visites diplomatiques.

L’affaire fut révélée en mars 2015 et a mis Clinton dans l’embarras. Les règles de l’administration américaine interdisent en effet aux employés du Secrétariat d’État d’utiliser des adresses e-mails personnelles pour échanger des documents et correspondances officiels, non seulement pour des raisons évidentes de sécurisation des communications, mais aussi pour des raisons d’archives. Toute communication de l’État doit être archivée pour être un jour mise à la disposition des chercheurs et des historiens, ou pour être communiqués au public s’ils ne sont pas classés secret-défense. Par ailleurs une règle impose aux fonctionnaires de communiquer à l’administration tout e-mail professionnel qu’ils recevraient sur leurs boîtes personnelles.

Dans le cadre d’une enquête interne liée à une commission sur l’attaque de Benghazi, les équipes de Clinton ont fourni en 2014 à l’administration américaine quelques 30 000 courriels… sous forme imprimée. 32 000 e-mails supplémentaires ont été purement et simplement supprimés, au motif qu’il s’agirait de messages personnels. Mais personne n’a pu le vérifier, même si le FBI a réussi à en récupérer une partie.

Le rapport du FBI disait aussi qu’Hillary Clinton avait gravement manqué de vigilance et qu’elle avait par exemple accédé aux e-mails sur son serveur personnel alors qu’elle était à l’étranger, s’exposant à une interception des documents et de ses identifiants par des services de renseignement ou des hackers étrangers. Mais étonnamment, le rapport recommandait de ne pas lancer de poursuites pénales contre l’ancienne secrétaire d’État, faute d’intention frauduleuse. Cet avis fut suivi dès le 6 juillet 2016 par l’avocate générale Loretta Lynch, qui annonça la clôture de l’enquête et son classement sans suites.

Washington accuse formellement la Russie de piratage du camp Démocrate (Numerama)

Les services de renseignement américains sont catégoriques. C’est bien la Russie qui serait derrière le piratage des serveurs du parti démocrate. Dans un communiqué qui se montre étonnamment accusateur pour un sujet aussi sensible, le département de la sécurité intérieure (DHS) et le bureau du directeur du renseignement national (ODNI) ont rendu leur verdict : Moscou a piloté l’opération.

Les données obtenues dans les serveurs du parti démocrate avaient été adressées en toute discrétion au site WikiLeaks. Dans la masse d’informations figurent des copies de courriers électroniques, des recherches sur les failles du candidat républicain et des transcriptions. S’était alors posée la question de savoir si la Russie tentait d’aider Donald Trump, qui s’est montré plutôt bienveillant à son égard.

« Ces vols et ces divulgations ont pour but d’interférer avec le processus électoral aux USA » commentent le DHS et l’ODNI qui ajoutent que des actions visant le scrutin des États fédérés ont également lieu même s’ils admettent qu’il ne sont pas en situation de les attribuer à Moscou. Tout ce qu’ils affirment, c’est que ces opérations sont parties dans la majorité des cas de serveurs russes.

Réagissant aux dénonciations de Washington, un porte-parole du Kremlin, dont les propos ont été repris par l’agence de presse Interfax, les a qualifiées de « foutaises ». « Les sites du président Vladimir Poutine sont attaqués quotidiennement par des dizaines de milliers de pirates. On peut tracer nombre de ces attaques vers le territoire des États-Unis, mais nous n’accusons pas à chaque fois la Maison Blanche ou Langley, siège de la CIA ».

Les enjeux du projet TurkStream entre la Russie et la Turquie (RFI)

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré à Istanbul son homologue turc Recep Tayyip Erdogan lundi 10 octobre 2016. La rencontre s’est soldée par la signature d’un accord sur la réalisation du projet TurkStream qui doit acheminer le gaz russe vers l’Europe en passant par la mer Noire.

Le gazoduc TurkStream doit permettre d’acheminer à terme, de la Russie vers l’Europe, pas moins de 31,5 milliards de mètres cubes de gaz par an. La Turquie importe 80 % de sa consommation en gaz, principalement de la Russie et a donc tout intérêt à devenir une plaque tournante de ce transit. Sa situation géographique, aux portes du vieux continent et à la frontière des grands pays producteurs du Moyen-Orient et de l’Asie, fait déjà de la Turquie un acteur incontournable pour le transit des hydrocarbures vers l’Europe. En 2020, ce gazoduc devrait acheminer du gaz d’Azerbaïdjan vers l’Union européenne en passant par la Turquie, la Grèce et l’Albanie.

Colombie : la 2e guérilla du pays accepte de négocier la paix (Euronews)

L’effet prix Nobel : quatre jours après l’attribution du prix Nobel de la paix au président colombien, lundi, c’est l’Armée de libération nationale, l’ELN, la seconde guérilla colombienne qui a finalement accepté d’entrer en négociations avec le gouvernement colombien.

Inspirée par la révolution cubaine, l’Armée de libération nationale est considérée depuis des années comme une organisation terroriste aux Etats-Unis comme en Europe. Cette milice compterait 1500 à 2000 combattants.

Après l’accord signé avec la guérilla des Farc le 26 septembre dernier, l’horizon semble s‘éclaircir en Colombie après 50 ans de conflits meurtriers qui ont fait plus de 260 000 morts et 45 000 disparus.

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