Erdogan, l’ivresse du pouvoir

Un portrait intime et politique d’un homme saisi par l’ivresse du pouvoir, qui détient une des clés d’un règlement de la crise au Moyen-Orient, avec, entre autres, le témoignage de Fethullah Gülen, ex-allié et désormais homme à abattre.

À l’heure où la guerre et ses tragédies embrasent le Moyen-Orient, le président de la République turque Recep Tayyip Erdogan est devenu l’une des personnalités incontournables dans le jeu des nations, l’une des plus contestées aussi.

Parvenu au pouvoir en 2003, en tant que Premier ministre, il s’est d’abord imposé aux yeux du monde, et même des opposants à son Parti de la justice et du développement, l’AKP, comme un dirigeant moderniste d’un genre nouveau. Proeuropéen et libéral mais prônant l’islam politique, ce chef charismatique rebat les cartes du jeu national en arrachant l’État au contrôle de l’armée, en concédant aux Kurdes une certaine dose d’autonomie culturelle et en renouant avec la tradition ottomane dans toute la région. À l’extérieur, il semble chercher une « troisième voie », entre coopération et distanciation avec l’Occident.

Parallèlement, il renforce peu à peu son pouvoir et fait preuve d’une grande dureté face à ceux qui s’opposent à lui : minorités, intellectuels libéraux, jeunesse, journalistes, magistrats… Depuis les élections de novembre 2015, qui ont redonné à l’AKP la majorité absolue au Parlement, et plus encore depuis qu’il a déjoué, le 15 juillet dernier, une tentative de coup d’État, sa dérive autoritaire semble s’accélérer. Accusé de présider à un régime corrompu, paternaliste et intolérant, maniant les élections pour renforcer sa domination, il écrase de son emprise la scène politique nationale en bâillonnant l’opposition et les médias. Un despote d’un genre nouveau est-il en train de naître ?
Enquête portrait

En Turquie, aux États-Unis et en Allemagne, Guillaume Perrier et Gilles Cayatte ont pu s’entretenir avec nombre des partisans et des adversaires d’Erdogan. Ils ont notamment recueilli le témoignage exceptionnel de son ancien allié, Fethullah Gülen, que le président turc accuse d’avoir fomenté le coup d’État depuis son exil américain. Cette enquête très documentée dresse ainsi le portrait intime et politique d’un homme saisi par l’ivresse du pouvoir, qui détient une des clés d’un règlement de la crise au Moyen-Orient.

ARTE

Fethullah Gülen - Recep Tayyip Erdoğan
Fethullah Gülen – Recep Tayyip Erdoğan
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