15 jours à l’Identité Judiciaire

Montrez-moi une scène de crime ! – LSD, La série documentaire (France Culture)

Une série documentaire de Michel Pomarède, réalisée par François Teste

LSD a passé 15 jours d’immersion au sein de l’Identité Judiciaire. 15 jours à suivre une grosse poignée de techniciens et de policiers dans le quotidien de leur travail : faire parler une scène de crime ou de vols pour aider les enquêteurs à mettre un nom sur une empreinte.

15 jours pour débusquer derrière le jargon du métier et les silences des femmes et des hommes passionnés par leur métier. Dans le service, certains sont armés (les policiers) , d’autres non ( les techniciens) . Ils manient avec dextérité l’écouvillon pour les prélèvements le crayon à papier pour dresser un plan ou le zoom de leur appareil photo pour immortaliser les détails d’une arme.

Âme sensible s’abstenir : leur tête à tête avec la mort violente après un règlement de compte ou plus récemment sur des scènes d’attentat renvoie les séries télévisées à de gentilles bluettes…C’est peut-être pour cela qu’ils ont développé un solide sens de l’humour noir.


Episode 1 : Identité judiciaire, la mort, un travail au quotidien

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Alphonse Bertillon qui fut le premier directeur du service de l’identité judiciaire en 1893 repose en paix au Père Lachaise. Il a un buste dans le hall du service au 3 quai de l’horloge, derrière le palais de justice, à un jet de pierre de la place du Châtelet.

Que Bertillon se rassure son 16ème successeur Xavier Espinasse et son service composé de 180 personnes (moitié scientifique, moitié policier) continuent son œuvre. A savoir : figer à l’aide d’un plan, de photos une scène de crime ou de vol avec effraction et procéder à l’aide d’écouvillons et de poudres à la recherche de traces et indices. Certes, ces limiers vêtus parfois de combinaisons blanches et coiffés de charlottes côtoient la mort presque au quotidien mais ils la traitent d’abord avec minutie et ensuite avec de l’humour. Ça aide !

A l’I.J., nous sommes des scientifiques pas des enquêtrices.

Les personnels scientifiques de l’I.J. n’ont pas pour Graal de porter une arme.

Une scène de crime, c’est une scène de vie ou scène de mort ? Les deux. C’est de la vie autour de la mort.

Sur une scène de crime, on trouve 2 sortes de traces : traces visibles et traces latentes.

Avec Xavier Espinasse , le patron de l’Identité Judiciaire mais aussi Thierry, le chef de la section photo-plan ; Perrine, la chef-adjointe de la section traces et indices ainsi que Florence, novice dans la section et aussi Steeve, Frank et André, responsable du Bureau de Commandement Opérationnel.


Episode 2 : Identité judiciaire, opération blue star, à la recherche d’une trace de sang

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Un appartement quelque part dans Paris, des enquêteurs posent des questions au propriétaire qui l’a loué à une femme retrouvée morte l’été dernier ailleurs dans la capitale. A leur côté, deux hommes et une femme de l’identité judiciaire s’affairent : Frank et Julie cherchent des traces de sang sur les couteaux de la cuisine avec un produit miracle le Bluestar… Steeve prend des photos.

Pendant ce temps-là au service, Perrine cherche des empreintes sur des traces sur des sachets ayant contenu des stupéfiants et Thierry inspecte les photos d’un homme déguisé en super-héros retrouvé mort devant un immeuble. La routine.

On était habitué aux cadavres pourris et ce cadavre frais nous gênait car ça nous rapprochait de l’humain peut-être !

La vision du cadavre m’effraie peu mais le contact avec les victimes me gêne. Les sentiments ça m’affaisse !

Après le décès, au bout d’1 mois déjà, la première escouade de mouches vient sur la scène de crime. Elles pénètrent le corps par tous les orifices humides naturels.

Avec Thierry, le chef de la section photo-plan ; Perrine, la chef-adjointe de la section traces et indices ainsi que Frank, Julie, Fabrice et Steeve, Nicolas, le chef de la section des traces technologiques et Catherine, employée comme traceur au FAED ( Fichier automatisé des empreintes digitales).


Episode 3 : 13 novembre 2015, mobilisation générale à l’identité judiciaire

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A partir de 23h ce soir-là et jusque tard dans l’après-midi le jour d’après l’ensemble du service s’est déployé sur les terrasses du 11ème arrondissement, au Stade de France également au Bataclan. Ils ont travaillé sans relâche pour identifier les 130 victimes mais ont aussi recueilli les empreintes permettant d’identifier certains terroristes. 1 an après, ils livrent le récit de cette longue nuit qui s’est terminée pour beaucoup par une grande fatigue et pour certains par des larmes.

Il y avait beaucoup de boulot ce soir-là.

Le job quoi ! Le boulot faut le faire vis-à-vis des victimes. J’ai pas de sentiments à avoir sur le moment.

Quand on parle de silence de mort, c’est exactement ça. L’expression n’a jamais été aussi appropriée cette nuit-là. Et puis, un téléphone se met à sonner et puis un deuxième, et puis un troisième et je crois que 90 téléphones portables se sont mis à sonner.

Traditionnellement, les corps sont repérés avec des cavaliers portant des lettres mais l’alphabet ne contient que 26 lettres !

Bande 2h38 mn : pendant 3 mois et demi, j’ai écouté l’enregistrement de la scène de crime du Bataclan.

Avec Xavier Espinasse, le patron de l’Identité Judiciaire mais aussi Thierry, le chef de la section photo-plan ; Nicolas, le chef de la section des traces technologiques ; Perrine, la chef-adjointe de la section traces et indices ainsi que Julie, Steeve, Fabrice et Max, chef adjoint du groupe de nuit.


Episode 4 : Identité judiciaire, nuit calme pour Max et les hiboux

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Les hiboux, c’est le surnom du groupe de nuit : 7 personnes qui veillent pendant 12 heures de 20h à 8h du matin. Alors qu’en journée le service fonctionne en sections, la nuit, l’équipe est polyvalente .

Photos, plans, kit entomologique, ils savent tout faire. Y compris la cuisine mais ça c’est la spécialité de Max qui veille au grain au bon fonctionnement de cette drôle de famille. Critiques des programmes télé, blagues de potaches et recettes fusent au milieu d’échanges sur les dernières interventions.

La nuit, c’est là, dit-on, que tombent les belles affaires : la mort rôde encore plus que le jour et prend souvent la forme de « HV ». Traduction : Homicide Volontaire. Pas cette nuit-là en tous cas, le crime de sang a fait relâche…

S’il y a un doute sur les circonstances de la mort, il est important de figer les lieux dès le départ !

Signe distinctif : cuistot du groupe de nuit. 20h ! C’est l’heure de manger. Priorité absolue. Quand on a mangé, on peut sortir toute la nuit.

A chacun son mythe. A Paris, c’est Alphonse Bertillon. A Lyon, c’est Edmond Locart.

Des fois, on apprend les affaires sur lesquelles on va être appelé dans la nuit, aux infos à la télé.

Avec Christophe, le chef de groupe de nuit, Nicolas, Romain et Max


Bibliographie :

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