Les guerriers de l’ombre, un portrait intime de la DGSE

La DGSE – Direction générale de la Sécurité extérieure – est l’un des seuls services de renseignement au monde à recourir de manière intensive à la clandestinité. Son but : la défense des intérêts de la France. Engagés dans les régions les plus hostiles, ses agents peuvent se dissimuler sous une fausse identité et opérer avec une fausse activité pendant une longue période.

Pour la première fois en France, mais également dans le monde, des agents clandestins de la DGSE acceptent de briser le silence. Jean-Christophe Notin donne la parole à ces « espions » qui courent les plus grands dangers.

Leur expérience, complétée par celle de chefs de poste et de membres du Service action, permet de brosser un portrait de l’officier de la DGSE sur le terrain. Un portrait intime de ces hommes et ces femmes, engagés souvent seuls, sans arme, où les fantasmes sont confrontés à la réalité, les réussites professionnelles aux échecs sentimentaux, les motivations aux risques encourus

Feuilleter un extrait (Editions Tallandier)


LES GUERRIERS DE L’OMBRE, un portrait intime de la DGSE (CANAL+)

Une perspective inédite, car totalement authentique, de l’officier de renseignement français sur le terrain. Treize officiers. Treize voix mais pas un seul visage… Jamais des agents de cette valeur n’ont encore témoigné, non seulement en France, mais aussi dans le monde.

Ces treize témoins ont appartenu aux services de la DGSE ayant recours à la clandestinité dont l’un, qu’ils ont appelé le « service clandestin », n’a qu’une poignée d’équivalents dans le monde. Ils ont plus de deux cents années d’expérience à eux tous et ont servi dans tous les points chauds de la planète depuis un quart de siècle. Certains ont quitté le service il y a une dizaine d’années, d’autres il y a quelques mois. Leur mission ? Recueillir le meilleur renseignement, celui qui reste inaccessible à tout autre service. Pour y parvenir, à eux de trouver la ruse qui permettra d’accéder au chef de guérilla acculé, à la fraction au pouvoir mais rejetée par toute la communauté internationale…

Douze hommes et une femme ont accepté de raconter leur recrutement, leur formation, leurs angoisses et leurs satisfactions à agir clandestinement, ainsi que les conséquences sur leur vie privée. Mais de la Somalie à l’Afghanistan en passant par l’Irak, leurs récits permettent de lever une partie du voile. En découle une grille de lecture de l’action de la DGSE dans les anfractuosités de l’actualité internationale. Ou comment la réalité peut se révéler bien supérieure à la fiction…

Sous le regard du spécialiste Jean-Christophe Notin et du réalisateur Frédéric Schoendoerffer, les agents livrent un portrait sans détours de la DGSE, du quotidien des « héros » aux références historiques documentées.


TV : « Les Guerriers de l’ombre » au service de la République (Le Monde)

Ils n’ont pas de visage ni de voix. Encore moins de nom et d’identité. Ce sont des clandestins, des « guerriers de l’ombre », des espions qui, pendant des années, ont travaillé pour la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le contre-espionnage français. On a déjà pu découvrir une partie de leur travail dans la série Le Bureau des légendes, d’Eric Rochant, mais, cette fois-ci, la réalité dépasse la fiction.

Ce sont de vrais agents secrets du « service clandestin » (une unité qui ne figure toujours pas dans l’organigramme de la DGSE) qui, pour la première fois, devant la caméra de Frédéric Schoendoerffer – réalisateur en 2004 de la fiction Agents secrets –, expliquent en détail leurs missions à Jean-Christophe Notin, spécialiste des conflits français contem­porains. Ce dernier signe également un livre d’entretiens du même nom aux éditions Taillandier (304 pages, 18,90 euros).

Tous debout en contre-jour devant une grande baie vitrée ouvrant sur les toits de Paris qui dessine leurs ombres, ces treize officiers de renseignements (dont une femme) ont entre 40 et 60 ans. Ils ont travaillé dans la clandestinité sous fausse identité et crapahuté sur tous les points chauds de la planète afin d’y recueillir les meilleurs renseignements dont a besoin l’autorité politique et militaire pour prendre des décisions. Mais, prévient leur chef, toutes leurs actions doivent rester confidentielles car, en cas d’échec, personne ne doit pouvoir attribuer la paternité de ces actions à la France.

Les dégâts politiques de l’affaire du Rainbow-Warrior, en 1985, où l’identité de deux agents de la DGSE ayant saboté le navire de Greenpeace fut révélée, sont là pour le rappeler. Ainsi que la mort de Denis Allex, agent du « service clandestin » capturé en Somalie par les djihadistes de ­Al-Chabab le 14 juillet 2009 puis ­exécuté, alors que le service action de la DGSE tentait de le libérer, le 11 janvier 2013.

A tour de rôle, ces espions qui ont choisi de quitter le travail clandestin, racontent leur recrutement, leur motivation, leur formation, leurs angoisses à agir dans une duplicité permanente, le mensonge et l’humilité. Ils évoquent aussi leurs réussites et leurs échecs professionnels, les conséquences sur leur vie de famille qui se finit, la plupart du temps, par un divorce. Leurs récits confirment que ces officiers traitants n’ont rien à voir avec les clichés véhiculés dans la plupart des films.

L’importance du terrain

« Je voulais qu’ils disent la part d’abnégation, de courage mais aussi de satisfaction et de peur qu’ils m’avaient si souvent racontée en privé, explique Jean-Christophe Notin. Ce sont des Français pour le moins singuliers puisque prêts à prendre beaucoup de risques pour la sécurité de leurs concitoyens sans attendre la moindre reconnaissance. »

A l’heure des drones, des satellites et des écoutes électroniques, certains rappellent d’ailleurs l’importance du renseignement humain sur le terrain afin d’éviter les erreurs.

Loin d’être un film hagiographique ou de propagande, Les Guerriers de l’ombre dresse un portrait sobre et humain de cette poignée d’hommes et femmes qui ne sont connus de leurs collègues et de la hiérarchie que sous leurs pseudonymes.

« La reconnaissance n’est pas leur moteur et je trouve qu’il y a une valeur d’exemple dans tous ces témoignages », dit Frédéric Schoendoerffer.

Les Guerriers de l’ombre, de Frédéric Schoendoerffer et Jean-Christophe Notin (France, 2017, 90 min).

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