Politique du secret : regards sur « Le Bureau des légendes »

Diffusée pour la première fois en 2015, la série Le Bureau des légendes, créée par Éric Rochant et produite par The Oligarchs Productions, raconte la vie d’espions français infiltrés, de ceux qui les dirigent et de ceux qui tentent de les démasquer. Plébiscitée par les audiences, louée par la critique pour sa qualité, elle marque aussi une rupture dans la longue histoire de l’espionnage à l’écran et dans la littérature.

Cet ouvrage s’emploie à analyser Le Bureau des légendes et s’attache  à montrer comment la série renouvelle le regard porté sur les agents du renseignement. On les croyait bouffons ou barbouzes, on les découvre fonctionnaires ou militaires accomplissant leurs tâches en professionnels. On les pensait froids et cyniques, on les surprend tiraillés entre les exigences d’un métier de vocation absolue et les affres des sentiments. On pensait cet univers impénétrable et l’on découvre que la DGSE scrute cette série non sans satisfaction. Loin, en somme, des stéréotypes, qui nous ont longtemps fait croire que les vrais espions et les séries d’espionnage ne pouvaient être qu’anglo-saxons.

Ce volume clôt la série d’ouvrages consacrés aux séries TV, initiée aux Presses universitaires de France en 2012 sous la direction de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer.

Yves Trotignon, consultant au sein d’un cabinet d’intelligence stratégique, est un ancien cadre de la DGSE et un ancien diplomate. Spécialiste du jihadisme et du contre-terrorisme, il enseigne notamment à Sciences Po Paris.


 

Comment est produit « Le bureau des légendes », série à succès d’espionnage diffusée sur Canal + ? On en parle avec Eric Rochant son showrunner. Peut-on la qualifier de réaliste ? Réponse avec Yves Trotignon, ancien cadre de la DSGE et auteur de « Politique du secret. Regard sur le Bureau des légendes » (PUF, 2018)


Quand un ancien espion regarde le « Bureau des Légendes » (Vice)

Depuis maintenant trois saisons, la série de Canal Plus Le Bureau des Légendes (BdL) est encensée pour le regard juste, crédible et supposément réaliste qu’elle pose sur le renseignement français. Mais qu’en pensent ceux qui œuvrent du côté du boulevard Mortier, le siège de la DGSE ?

Yves Trotignon, ancien cadre de la « Boîte » et grand connaisseur des films d’espionnage, publie ce mercredi 6 juin Politique du secret. Regards sur le Bureau des Légendes (éditions PUF), afin de « montrer ce qu’un ancien du service pense de la série ». Du coup, on a passé un coup de fil à ce grand spécialiste du djihadisme et du contre-terrorisme et enseignant à Sciences Po, pour mieux décrypter les aventures de Malotru et consorts.

VICE : Est-ce que la série nous apprend de nouvelles choses sur le renseignement français ?

Yves Trotignon : Non, la série n’a pas cette vocation. En revanche, elle formalise des choses qui n’étaient pas vues à la télé française, notamment le fait que vous pouvez à la fois coopérer avec un service allié, tout en lui faisant des vacheries – ou que vous pouvez parler aux gens que vous détestez. Puis le BdL a le mérite de montrer des choses qui relèvent de la logique pure du renseignement et qui n’étaient pas montrées dans la fiction française. Pour observer ces mécanismes, il fallait aller voir du côté des romans de John LeCarré, des films de Michael Mann, ou de certains Hitchcock.

Le BdL semble être une des premières œuvres de fiction françaises qui montre la vie des espions de manière crédible.

C’est effectivement une nouveauté en France. Il y a des séries qui avaient déjà montré la banalité, si j’ose dire, et l’humanité des policiers – dans Engrenages par exemple – mais personne ne s’était jamais intéressé à l’espionnage de cette façon-là, dans le cadre d’une série TV. Cela s’explique sans doute par l’amour que porte Rochant [le showrunner du BdL] au cinéma américain des années 1970, ce qu’on appelle le Nouvel Hollywood : un cinéma politiquement conscient du monde, qui n’est pas un cinéma de divertissement, ni de dénonciation brutale, mais un cinéma qui montre les choses et qui essaye d’être assez réaliste. Attention, le Bureau des Légendes n’est pas non plus une série documentaire, mais elle a l’immense mérite de montrer ce qu’est le renseignement humain : les sources, le mensonge, les doutes, la solitude…

En regardant le BdL, vous ressentez une certaine nostalgie ?

Aucune. En revanche, c’est amusant de reconnaître certains décors, ou de se dire « Tiens, ce n’est pas du tout comme ça que ça se passe ». Contrairement, à ce qu’on voit dans la série, les portes de bureaux sont ouvertes et il n’y a pas de noms sur les portes de bureaux. Mais des armoires beigeasses, il y a en a ! Par exemple, la cellule de crise de la série avec les murs bleus, cela a été mon bureau.

Vous expliquez dans votre livre que vous avez été surpris de la justesse du vocabulaire utilisée dans le BdL. Il y a vraiment des gens qui parlent comme le personnage de Marie-Jeanne, capable de missives telles que « Il n’y a pas de hasards, il n’y a que des enculeries » ?

C’est marrant parce que je n’avais jamais entendu « enculeries » dans les couloirs de la DGSE. En revanche, il y a plein de formules et de raisonnements qui sont propres au service. Ce qui m’a beaucoup amusé et plu dans la série, c’est que l’on retrouve une façon de penser. On sent bien que les acteurs ont été en contact avec des gens qui connaissent cela. Il y a une façon de penser, de parler, de se comporter qui est très juste.

Comment définir cette façon d’être ?

Pas sèche, mais éventuellement un petit peu dure. Ce sont des gens attentifs, mais un peu cyniques, avec de la distance par rapport aux choses. Dans la série, personne ne rigole jamais. Mais en réalité, les gens rigolent, s’amusent, ils sont humains. On peut avoir un collègue qui est drôle, on peut faire une blague à son chef. Bon, si c’est la guerre on n’a pas le temps de faire des blagues.

Quels sont les aspects moins crédibles de la série ?

Il y a des choses qui relèvent de l’organisation du service. Par exemple, dans la série, le directeur du renseignement est un militaire, ce qui n’arrive jamais, et le directeur des opérations qui est censé être un militaire, est un civil dans la série. Après, il y a des incohérences en matière de fonctionnement. Dans la saison 3, le directeur général se déplace lui-même pour libérer Malotru [Mathieu Kassowitz], ce qui n’arriverait jamais. Puis, il y a des questions techniques. À la fin de la saison 2, quand Malotru fait exploser une bombe directionnelle en jouant aux échecs avec un émir djihadiste, il en ressort indemne. Quand un truc qui tue le type en face de vous explose, vous avez quelques séquelles, vous finissez au moins sourd.

Malgré ces inexactitudes, les gens de la DGSE apprécient-ils cette série ?

Oui, bien sûr. Parce que l’on parle enfin d’eux. Ce manque était durement ressenti. C’est quand même une forme de reconnaissance par la société de voir une série, du moins une œuvre, qui parle de vous en bien. Si le BdL avait été une série pour dire qu’à la DGSE, ils travaillent comme des manches, elle n’aurait pas été très populaire et n’aurait pas eu le soutien du service et du ministère des Armées. Et puis, vous avez enfin une série qui montre que les espions sont comme les autres : ils bossent, ils font des erreurs, ils ont des amants, des maîtresses, ils vont à la cantine, ils prennent le métro. Cela manquait à tel point que les gens comme moi, et ceux qui m’ont succédé, devaient aller chercher ailleurs des références culturelles pour expliquer ce que l’on faisait comme métier. Pendant très longtemps, mon film référence était Les Hommes du président, puisque l’analyse du renseignement c’est un peu comme le journalisme d’investigation. Mais depuis 2012, ma référence est Zero Dark Thirty.

Pourquoi ce film ?

Zero Dark Thirty montre ce qu’on appelle le « cycle du renseignement », qui se décline en plusieurs temps. Schématiquement, au début, vous avez quelqu’un qui pose une question (un président, un ministre…). Après, tout le monde commence à bosser, donc à chercher du renseignement, ce qu’on appelle « l’activation des capteurs » (via une source, des services alliés, des écoutes téléphoniques). Ensuite, on en recueille si le système fonctionne. Enfin, le renseignement est analysé. Une fois que l’analyste a fait son travail, il transmet cela à l’autorité, ce qu’on appelle une « diffusion du renseignement ». L’analyse arrive dans les mains des gens qui ont posé la question et décident de s’arrêter là ou de relancer le cycle. Zero Dark Thirty est passionnant parce qu’il montre ce cycle du renseignement dans sa totalité, y compris ce qui ne marche pas.

Le showrunner de la série, Éric Rochant, est aussi à l’origine d’un film culte sur le renseignement, Les Patriotes, qui est montré aux nouvelles recrues de la DGSE. Était-ce déjà le cas à votre époque ?

À mon époque, on regardait déjà ce film et cela continue aujourd’hui. Ils montraient aussi Le Transfuge et Dossier 51, qui étaient considérés comme des films très réalistes. L’idée est de dire que vous n’irez pas sur le terrain tout de suite. Il faut d’abord vous former, vous aguerrir. Ces œuvres de fiction servent à vous mettre des images dans la tête, pour vous dire « Tiens cela se passe plutôt comme ça ». Les films sont commentés, on ne vous dit pas que la réalité est comme cela, ils servent à illustrer un cours. Un instructeur est là pour vous détailler différentes étapes montrées dans les films comme l’identification des besoins, l’identification de la cible, l’approche de la cible, la tentative de recrutement, le recrutement, la gestion de la source et j’en passe.

Vous êtes enseignant à Sciences Po, est-ce que vous avez ressenti un « effet Bureau des Légendes » ?

Il y a quelques années quand on allait parler aux étudiants, ils fantasmaient, vous parlaient avec crainte comme si vous alliez les étrangler avec un fil de pêche caché dans votre montre. La référence cinématographique qui venait tout de suite c’était James Bond, ce qui me mettait en colère, et me met toujours en colère d’ailleurs. Depuis que la série est sortie, le vocabulaire autour de James Bond est devenu totalement ringard. La série a une influence en matière de représentation du renseignement. Mais il faut aussi casser les mythes, parce que la série elle-même recrée un mythe. Avant il fallait expliquer que le métier n’était pas de boire des Martini sur un toit d’hôtel à Hong Kong. Maintenant, il faut dire que ce que l’on voit à l’écran, les étudiants ne le feront sans doute jamais, que les locaux ne sont pas comme ça, que cette mission ne peut pas se passer comme ça…

Cela pourrait créer une déception pour certaines recrues ?

Oui, ceci dit il y a toujours eu une certaine proportion de gens qui arrivaient dans les services et étaient déçus. C’est un métier dans lequel on peut projeter beaucoup de fantasmes. Mais au bout du compte, c’est une administration : il y a des horaires, des règles, on pose ses congés, on va manger à la cantine, il faut changer de nom sur Facebook, les portables sont éteints dans les bureaux… Votre vie change. Et il est possible de ne pas le supporter. Et puis la maison n’est pas connue pour sa souplesse, ce n’est pas une start-up, il n’y a pas de baby-foot comme chez Google. En gros, depuis la sortie de la série – qui s’adresse donc à un public plutôt jeune – les gens des services sont obligés de dire aux recrues : « Attention les gars, ça va être super, mais ça ne va pas se passer comme dans le BdL ».


Un ex-agent de la DGSE se penche sur la série « Le Bureau des légendes » (Le Monde)

A l’aide du regard d’Yves Trotignon, ancien agent de la DGSE, le lecteur prend la mesure du travail de Romain qu’Eric Rochant et son équipe ont fourni pour rompre avec ce qui s’est fait jusqu’à maintenant en France dans le domaine des fictions sur l’espionnage.

Initialement annoncé pour le 18 avril, ce livre a failli ne pas voir le jour. La publication du dernier ouvrage d’Yves Trotignon, ancien agent de la DGSE, a été repoussée au 6 juin en raison d’un litige avec la société audiovisuelle The Oligarchs Productions (TOP) qui produit la série française à succès Le Bureau des légendes (BDL), diffusée sur Canal+ depuis 2015.

Alex Berger, président de TOP, producteur exécutif de BDL et associé à Eric Rochant, créateur, coauteur et coréalisateur de BDL, a attaqué le 6 avril la société Humensis, propriétaire des Presses universitaires de France (PUF), éditrices de l’ouvrage d’Yves Trotignon, pour avoir utilisé le titre de l’œuvre et l’affiche de la saison 1 sur des plates-formes de promotion en ligne. « Les PUF ont utilisé notre marque, la photo de la série et l’image de Mathieu Kassovitz sans nous demander la moindre autorisation », prévient Alex Berger, qui ajoute que « personne à TOP n’a lu le livre, mais en tant que producteur j’ai l’obligation de défendre les ayants droit, et c’est ce que j’ai fait. »

Sa société de production a réclamé une compensation à hauteur de 19 000 euros. Or, l’affaire, traduite le 11 avril devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris, s’est achevée en faveur de la maison Humensis, et surtout d’Yves Trotignon qui pourra faire la promotion de son ouvrage à paraître dans quelques jours.

Dans son ordonnance de référé, le TGI a débouté la société de production et l’a condamnée à verser une indemnité de 3 000 euros à Humensis. « On n’a jamais voulu interdire la sortie du livre », précise Alex Berger, qui n’a pas fait appel. « Les 3 000 euros ont servi à recomposer la couverture du livre. »


Beryl 614, ancien agent de la DGSE, avait bien l’intention de traiter de la série d’Eric Rochant, le Bureau des Légendes, sur Talks with a Spy. Une chaîne sur le renseignement et l’espionnage ne pouvait en effet pas passer à côté d’une telle série ! C’est désormais chose faite avec ce 14e épisode.

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Un procureur sur la ville

Cette série de six documentaires, tournés dans six villes, livre un aperçu saisissant du fonctionnement de la justice à travers six parquets et leur procureur. Elle ébauche également une géographie de la criminalité sur le territoire français.

Réalisés sans commentaires, ces documentaires mettent en évidence le pouvoir et le rôle du procureur de la République et de ses substituts dans la machine judiciaire. Ils soulignent l’ampleur de la tâche qui est la leur et les limites des moyens dont ils disposent

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TV : « Un procureur sur la ville » nous embarque dans le quotidien des Sisyphe judiciaires (Le Monde)

Ils ont souvent les yeux cernés et la mine un peu chiffonnée. C’est qu’on leur demande beaucoup, à ces hommes et à ces femmes qui exercent la fonction de procureur de la République. La série de cinq documentaires que Cyril Denvers leur consacre pourrait presque passer pour un film de promotion d’entrée dans la carrière – « En­gagez-vous, rengagez-vous ! » – tant elle montre la variété des missions que doivent assurer les magistrats du parquet.

« Un procureur dans la ville » serait d’ailleurs un titre plus juste à cette série qui les suit dans leurs permanences téléphoniques avec les policiers, en déplacement sur les scènes de crime, face aux ­gardés à vue, en conférences de presse, auprès des détenus, ou lors de réunions de travail avec les élus et les autres acteurs sociaux et ­économiques de la ville et, bien sûr, à l’audience où ils ont en charge de représenter l’accusation. A tout seigneur, tout honneur, c’est à ­Bobigny (Seine-Saint-Denis), le deuxième parquet de France et le département le plus criminogène du pays, que la série s’est ouverte. Une femme au parler franc, ­Fabienne Klein Donati, diri­ge l’équipe d’une cinquantaine de magistrats du parquet, confrontés à la misère et à l’extrême violence, dans un tribunal en « état d’urgence permanent ». Ici plus que partout ailleurs, le service du traitement en temps réel (TTR), celui de la permanence téléphonique du parquet, offre une plongée vertigineuse dans l’univers sombre du département, trafic de stupéfiants, rixes, immigration clandestine, foyers de radicalisation terroriste, qui forment le quotidien de ces Sisyphe judiciaires.

On les retrouve à Nîmes, à Epinal, à Brest, à Nice, sur le front incessant des délits routiers, des excès d’alcool ou de stupéfiants – « Je suis le sixième procureur à vous ­recevoir pour le même délit », sermonne l’un d’eux un prévenu qui bafouille des justifications maladroites –, des violences conjugales ou sexuelles, s’efforçant comme ils peuvent d’incarner l’autorité de la loi sous la lumière blafarde d’un bureau encombré de papiers, dressant entre eux et ceux qui leur font face la langue particulière du code pénal – « Je vous notifie »,« vous êtes déféré » – derrière laquelle les moins expérimentés semblent se retrancher comme à l’abri d’un bouclier ­protecteur face à l’infinie variété des dérèglements des ­comportements humains.

Quand le climat est moins tendu, les voilà encore, éphémères professeurs d’instruction civique – « je fais de l’engueulothérapie », dit l’un d’eux – ou animant, comme le procureur Etienne Manteaux, à Epinal, des « stages de citoyenneté », une alternative à l’incarcération pour des personnes condamnées à de petits délits. La scène est cocasse qui montre le procureur, face à un groupe plus ou moins attentif, expliquer qu’une « fourchette peut devenir une arme par destination » ou la différence entre meurtre et assassinat (le meurtre avec prémédi­tation) en citant l’exemple du mari jaloux – « Vous rentrez chez vous, vous trouvez votre femme au lit avec un homme, que faites-vous ? » On voit le même, lors d’une visite de routine en prison, s’enquérir des conditions de vie des dé­tenues – « Vous êtes sortante quand ? », demande-t-il poliment à une jeune femme dont on n’entend que la voix lui répondre d’un air las : « En 2024 » –, puis, dans la foulée, se tourner vers le directeur du centre pénitentiaire : « Et vos travaux d’étanchéité, c’est fini ? » Mais il y a aussi ce beau moment offert par la justice civile, lorsqu’une procureure et une juge ­accueillent une femme âgée qui demande avec émotion l’adoption de celle, plus jeune, ­assise à ses côtés. Comme une parenthèse de générosité, qui éclaire les visages des magistrats, avant qu’ils ne repartent affronter le fracas.

Un procureur sur la ville, de Cyril Denvers (Fr., 2016, 6 × 50 min)


Game of Thrones – Bilan de la saison 6

La saison 6 de Game of Thrones s’est achevée le 26 juin dernier sur HBO devant près de 9 millions de téléspectateurs, un record pour la chaîne. Pour autant, la série événementielle est-elle parvenue à répondre aux attentes des fans et à tracer le sillon des romans de George Martin dont elle s’était jusqu’ici largement inspirée ?

Notre réponse à cette question et à beaucoup d’autres, à l’occasion d’un retour détaillé sur les principaux rebondissements, thèmes centraux et révélations apportées par cette nouvelle saison tant attendue.Du sort réservé à Jon Snow à l’identité tenue secrète de ses parents, les interrogations ne manquaient pas pour les fans de Game of Thrones au moment d’aborder la sixième saison de la série adaptée des romans de George Martin. D’autant que le temps était venu de « dépasser » les évènements dépeints par l’auteur américain dans sa saga littéraire, dont il s’attelait (et s’attelle toujours) à finaliser l’écriture du sixième tome, The Winds of Winter.

À l’aide d’extraits sonores issus de la saison 6 (voire de saisons antérieures), je vous propose de revenir sur ses moments-clés en compagnie de Stéphane Rolet, spécialiste des rapports texte-image à la Renaissance et auteur d’un essai intitulé Le Trône de fer, ou Le Pouvoir dans le sang (Presses Universitaires François-Rabelais, collection « Sérial »).

Nous en profitons pour analyser la puissance de la fiction à (ré)activer des personnages longtemps tenus dans l’ombre, mais aussi le jeu d’échos, de réminiscences et d’interférences qu’instaure la série au sein de sa propre mise en scène, la « comédie du pouvoir » et le refus du compromis sexuel auquel elle n’hésite pas à se prêter, ainsi que la place prépondérante qu’elle accorde aux enfants et aux femmes (notamment dans cette saison 6).

Lieu de joutes sadiques et de batailles spectaculaires, Game of Thrones sait aussi manier avec dextérité la prédiction fructueuse et le jeu de piste reposant sur des indices dissimulés dans le fond des plans. Autant d’éléments visuels et narratifs sur lesquels nous revenons en détail dans ce podcast, avant de nous porter sur l’avenir de la série et les premiers souffles glaciaux des vents de l’hiver.

Source : Des séries et des hommes (Libération)

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Attention ! Ce podcast dévoile des éléments cruciaux de l’intrigue de la saison 6 de Game of Thrones. Nous vous recommandons donc d’avoir vu celle-ci intégralement avant de l’écouter.