L’exercice de la justice : la vie quotidienne d’un tribunal en France

Que se passe-t-il dans l’enceinte d’un tribunal ? Comment se retrouve-t-on à la barre des prévenus ? Et comment les juges procèdent-ils pour appliquer la sanction la plus juste ? Chronique de la justice ordinaire.

Replay France TV

Un homme criblé de dettes s’effondre en larmes. Une adolescente se mutile pour soigner son mal de vivre. Un détenu avoue qu’il est tout sauf « innocent ». Un autre justifie sa violence parce que, selon lui, les femmes ont « un petit cerveau »… Ces histoires —dramatiques ou émouvantes — constituent le quotidien du tribunal de grande instance de Vienne, au sud de Lyon, dans l’Isère. Une ville de 30 000 habitants de la vallée du Rhône.

Derrière les murs du palais, des magistrats, des greffiers confrontés tous les jours à la violence ordinaire. Au total : 15 000 procédures à traiter par an, 300 personnes présentées devant la justice. Et une galerie de justiciables insolents, cocasses, menteurs ou effondrés qui doivent s’expliquer devant des robes noires.

Alors, comment juger ? Comment sanctionner au plus juste ceux qui ont transgressé la loi, et ce sans jamais oublier les victimes ? C’est toute la complexité du travail quotidien de ces fonctionnaires dans leur difficile exercice de la justice. Une tâche si compliquée parfois que l’on ne voudrait pour rien au monde être dans la peau d’un juge

Auteur-réalisateur : Michaël Prazan – Production TV Presse, avec la participation de France 3

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Soixante-huitards de droite

Mai 68 restera à jamais marqué par la victoire culturelle et idéologique de l’extrême gauche et par l’aspiration libertaire de la jeunesse. Pourtant, il y eut une autre jeunesse, nostalgique d’une France de l’ordre et tout aussi critique sur son époque.

Ainsi, parmi les manifestants de 68, d’autres jeunes ont tenté, eux aussi, de faire leur révolution et d’imposer violemment leur vision du monde. Ce documentaire raconte l’histoire de cette autre révolte contre le pouvoir gaulliste.

À partir des témoignages d’acteurs de ce mouvement, connus et inconnus, tels que Patrick Buisson, Patrice Gélinet, Bernard Lugan, Gérard Longuet, Alain Madelin ou encore Alain Robert, retour sur un Mai 68 oublié, celui des baby boomers, adeptes d’une droite réactionnaire.

Documentaire de Bertrand Delais

France TV – Voir sur Rutube

Le vrai visage des gaulois

Depuis deux décennies, archéologues et historiens s’emploient à montrer que l’opposition radicale entre des Romains civilisés et des Gaulois primitifs, martelée depuis des siècles, est totalement caduque. Avec les scientifiques les plus en pointe, ce film mène l’enquête pour nous faire découvrir le vrai visage des gaulois.

Occupation dense et valorisation des campagnes, structures et fonctions des villes, haut niveau technique de l’artisanat, qualité des productions artistiques, importance de la religion, commerce intensif avec ses voisins, art de la guerre… Les découvertes archéologiques de ces dernières années, auxquelles s’ajoutent les études menées en laboratoire, renouvèlent en profondeur notre connaissance des gaulois.

Et l’on découvre que loin d’être habitée par des sauvages hirsutes vivant au fond des bois, la Gaule, par son foisonnement d’activités agricoles, artisanales et presque industrielles comme ses mines, est au moins l’égale des pays voisins ou plus lointains que l’histoire a longtemps qualifié de brillantes civilisations… Le « mystère gaulois » est en passe d’être élucidé…

Science Grand Format – France 5

Un film de Philippe Tourancheau, Richard Poisson et Cedric Harang. / Production  : Eclectic Presse


Le vrai visage des Gaulois (France Inter)

Ils souffrent de nombreuses idées reçues, notamment à cause du manque de traces qu’ils nous ont laissé. Loin de leur image de guerriers sanguinaires, les Gaulois étaient avant tout des bâtisseurs, des commerçants et des artistes… !

Les Gaulois n’ont laissé que peu de traces nous permettant d’améliorer nos connaissances à leur sujet. Pendant longtemps, la principale source écrite dont nous disposions était l’ouvrage La Guerre des Gaules, rédigé par Jules César lui-même lors de ses campagnes militaires.

Pourtant ces traces existent. Il faut aller chercher les vestiges d’oppidums à travers les campagnes de France, ces anciennes agglomérations, centres névralgiques des régions gauloises. Et très vite, les objets vieux de plusieurs siècles se mettent à parler.

A l’occasion de la diffusion du documentaire Le Vrai visage des Gaulois sur France 5 ce mardi 24 avril à 20h50. Laurent Olivier et Pierre Nouvel, tous deux archéologues, nous renseignent sur ce peuple, si proche de nous et en même temps si peu connu.

Intox – Tuez Kadhafi !

L’intervention militaire en Libye conduite par Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama en 2011 s’inscrit dans la stratégie de changement de régime dans le monde arabo-musulman décidée par les Etats-Unis après les attaques terroristes de septembre 2001. Retour sur les prétextes qui ont permis de justifier le déclenchement des hostilités contre Mouammar Kadhafi et l’élimination d’un dictateur devenu encombrant.

« Intox – Tuez Kadhafi! » : Documentaire de Jacques Charmelot – France 5


« Intox – Tuez Kadhafi ! », un tyran si gênant (TeleObs)

Avec le documentaire « Intox – Tuez Kadhafi ! », réalisé par Jacques Charmelot, le téléspectateur plonge aux origines du chaos libyen.

Alors que Nicolas Sarkozy vient d’être mis en examen dans le cadre d’un possible financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, France 5 propose un documentaire dense et percutant sur le processus qui a permis aux pays occidentaux, dont la France, d’éliminer Mouammar Kadhafi, l’homme fort du pays.

« Dans les domaines qui sont aujourd’hui ceux d’une priorité extrême pour notre sécurité, le terrorisme et les migrations irrégulières, la situation est infiniment pire qu’elle ne l’était en 2011 », constate aujourd’hui François Gouyette, ancien ambassadeur de France à Tripoli (2008-2011).

Depuis la chute du régime, la Libye se trouve morcelée et aux mains de milices. Pire, le pays est devenu le repaire d’une nouvelle génération de terroristes et sert de voie de passage aux cohortes de migrants qui y risquent quotidiennement leur vie. Les Libyens, eux, sont abandonnés à leur destin et attendent en vain l’aide occidentale. Comment en est-on arrivé là ?

Grâce aux précieux témoignages de responsables américains, français, italiens et libyens qui ont pris part aux événements de l’époque, l’enquête de Jacques Charmelot analyse le mécanisme qui a permis aux Occidentaux de justifier le déclenchement d’une intervention militaire et de se débarrasser d’un dictateur devenu gênant.

Campagne de diabolisation de Kadhafi à l’aide d’arguments spécieux pour mobiliser l’opinion publique, pressions américaines pour convaincre Barack Obama qui avait promis, après l’Irak, d’en finir avec les opérations militaires au Moyen-Orient, manipulations d’opposants libyens…

« Quoi que l’on puisse penser de son régime en termes de respect des droits de l’homme, Kadhafi défendait un Etat souverain, tout comme Saddam Hussein en Irak. La logique de la globalisation pousse à considérer ces Etats comme des ennemis qui doivent être éliminés », analyse Hugh Roberts, responsable de l’International Crisis Group. Nous nous sommes débarrassés de Kadhafi, mais nous n’avons rien fait pour le peuple libyen ».

« C’est là notre erreur dans la mesure où nous avions décidé qu’il fallait procéder à un changement de régime », reconnaît aujourd’hui Ivo Daalder, ex-ambassadeur des Etats-Unis à l’Otan et artisan de l’intervention armée en 2011.

Ce n’est que depuis l’immense crise migratoire à laquelle l’Europe fait face par ricochet que ces questions viennent hanter les Etats.

« Nous avons gagné la guerre mais perdu la paix », résume, amer, Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères de 2008 à 2011.

Une fois encore, une question primordiale reste sans réponse : que faire face aux révoltes populaires dans des pays qui n’ont aucune expérience de la démocratie ?

Interpol : une police sous influence ?

Pour pallier un budget insuffisant, Interpol, la police mondiale, noue d’étranges partenariats avec des multinationales (Philip Morris, Sanofi…), des institutions accusées de corruption (la Fifa), et des pays controversés (Qatar, Émirats arabes unis…).

Une enquête sidérante au cœur de la collusion public/privé.

Interpol, la mythique police mondiale, souffre d’un sous-financement chronique. Ses 192 États membres ne mettent pas suffisamment la main à la poche. En 2000, Ron Noble, son nouveau secrétaire général, de nationalité américaine – une première pour une institution qui, auparavant, puisait ses dirigeants dans le vivier européen –, lui fait prendre un virage à 180 degrés.

Dans les médias, il martèle qu’il lui faut un milliard de dollars, au lieu des quelques dizaines de millions qui lui sont alloués. Mais les États font la sourde oreille. L’organisation se lance alors dans d’ahurissants partenariats public/privé avec des multinationales (Philip Morris International, Sanofi…), des institutions accusées de corruption (la Fifa), et encaisse les chèques mirobolants d’États controversés (Qatar, Émirats arabes unis…). Consacré à la lutte contre la cybercriminalité, le Complexe mondial pour l’innovation d’Interpol, inauguré en 2015, a ainsi vu son budget multiplié par cinq grâce à la « générosité » de Singapour (qui, jusqu’en 2009, figurait sur la liste des paradis fiscaux). Ce dernier a financé, à lui seul, la construction du bâtiment, érigé sur son territoire alors qu’il devait au départ se situer près du siège lyonnais d’Interpol.

Ces financements influent sur les enquêtes de l’organisation, engendrant de graves conflits d’intérêts. Le successeur de Ron Noble, l’Allemand Jürgen Stock, arrivé en 2014, tente d’infléchir cette tendance, mais les interrogations demeurent.

Opacité

Pendant cinq ans, deux journalistes indépendants, l’un français, Mathieu Martiniere, l’autre allemand, Robert Schmidt, ont mené une enquête à quatre mains et sur trois continents sur l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol).

Rares sont en effet les médias invités à franchir ses grilles. Accompagné d’un commentaire limpide décortiquant l’enchevêtrement des intérêts publics et privés, le film s’appuie sur des images d’actualité, de nombreuses interviews de journalistes et de chercheurs, mais aussi d’anciens et actuels dirigeants d’Interpol. Il dresse ainsi un état des lieux de nos polices, à l’heure où la sécurité se privatise et où la cybercriminalité atteint un tel degré de technicité qu’elle contraint les agents à coopérer avec des entreprises.

Au passage, le documentaire lève le voile sur quelques dérives : des notices rouges (les célèbres avis de recherche d’Interpol) instrumentalisées pour traquer des dissidents chinois ou turcs, une coopération insuffisante entre États membres… À travers le cas d’école d’Interpol, une plongée éclairante au cœur de la collusion entre pouvoirs économique, politique et régalien.

ARTE


TV – « Interpol, une police sous influence ? » (Le Monde)

Deux journalistes ont enquêté sur l’organisation internationale, qui a recours à des financements occultes

C’est une délicate et solide enquête qu’ont menée le Français Mathieu Martinière et l’Allemand Robert Schmidt sur Interpol, organisation mondiale aussi mythique que méconnue. Dans l’imaginaire collectif, celle-ci évoque plutôt un univers d’enquêteurs aux pouvoirs considérables, aux compétences reconnues et aux moyens sans limites, capables de surveiller, d’arrêter terroristes, trafiquants et autres fâcheux.

Une image que cette enquête menée sur plusieurs années démythifie. D’abord, l’institution créée en 1923 et basée à Lyon, en dépit de ses 192 pays membres, paraît sans cesse courir après l’argent, tant son budget de fonctionnement (environ cent millions d’euros) est ridicule par rapport aux multiples missions dont elle est chargée. A titre comparatif, le budget du FBI américain avoisine les 7 milliards d’euros. Pourquoi une telle faiblesse budgétaire ? Simplement parce que les pays membres d’Interpol rechignent à mettre la main à la poche, préférant garder le pouvoir sur leur sécurité intérieure et hésitant à partager des informations avec l’institution supranationale.

Entités peu scrupuleuses

D’où la nécessité pour Interpol de trouver d’autres sources de financement, avec des entreprises privées ou même des Etats. Aussi lucratifs soient-ils, ces partenariats (avec la FIFA, Philip Morris ou des pays comme le Qatar ou Singapour) posent évidemment la question du conflit d’intérêts.

Le documentaire revient en détail sur le long mandat de l’Américain Ronald Noble, secrétaire général d’Interpol de 2000 à 2014. Décidé à remplir les caisses, ce dernier a mené une vaste campagne auprès de partenaires autres que les pays membres, quitte à accepter l’argent d’entités peu scrupuleuses. Entre 2010 et 2015, la contribution des pays membres au financement d’Interpol a augmenté de 6,5 % alors que celle des partenaires privés augmentait de 750 %. L’Allemand Jürgen Stock, qui a succédé en novembre 2014 à Ronald Noble, semble faire beaucoup plus attention à l’indépendance de l’institution et a mis fin à plusieurs contrats avec le privé. Mais où trouver l’argent si les pays membres refusent d’augmenter leurs contributions ? Le problème semble insoluble.

Interpol, une police sous influence ?, de Samuel Lajus. Auteurs : Mathieu Martinière et Robert Schmidt. (Fr., 2018, 95 min).

La guerre des hypers, ou la loi du plus fort

En France, une poignée d’enseignes de la grande distribution se livrent bataille : les groupes Carrefour, Auchan et Casino, ainsi que les coopératives Leclerc, Intermarché et Système U.

Ce modèle, qui a longtemps rapporté de l’argent, s’essouffle aujourd’hui. Avec le bouleversement des modes de consommation, les magasins de ville redeviennent d’actualité. Un autre concurrent vient encore compliquer la donne pour ces groupes : Amazon, chef de file du e-commerce, qui menace de les balayer. Ces enseignes sauront-elles s’adapter pour ne pas disparaître ?

Documentaire – Durée 70 min – Avec la voix de Patrick Cohen – Auteurs François Rabaté et Jean-Baptiste Diebold – Réalisation François Rabaté – Production Les Batelières Productions, avec la participation de Planète + et France Télévisions – Année 2017 – FranceTV

Cour des comptes, les shérifs de l’argent public

En charge d’évaluer les politiques publiques, d’en sanctionner les abus et les dérapages, la Cour des comptes publie chaque année plus de 1200 rapports sur le fonctionnement de l’Etat et des administrations.

Si l’impact de ses travaux est souvent spectaculaire, les méthodes d’enquête de ses magistrats restent en revanche largement mystérieuses. Ce documentaire en dévoile les arcanes, en suivant les magistrats de la Cour des comptes en coulisses, sur le terrain et au cours de leurs enquêtes.

Au-delà du fonctionnement de la Cour, ce documentaire en immersion tente d’en cerner le rôle et l’impact sur les pouvoirs politiques et administratifs, ainsi que sur la société française.


TV – « La Cour des comptes, les shérifs de l’argent public » (Le Monde)

Institution respectable et redoutée, fondée par Napoléon Bonaparte en 1807, la Cour des comptes a pour mission première d’informer les citoyens sur l’utilisation des deniers de l’Etat. « L’objectif est d’améliorer l’efficacité de l’action publique », résume Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, en poste depuis 2008.

Les nouvelles recrues de la Cour des comptes s’entraînent à prêter serment pour l’Audience solennelle de 2017

En cas d’irrégularités ou de malversations, le pouvoir de sanction de la Cour concerne les administrations et les organismes recevant de l’argent public.

« Plein soleil sur les comptes, coup de projecteur sur les cochoncetés, mise à l’ombre des coquins », synthétise Gilles Johanet, procureur général.

Dans ses rapports, la juridiction financière dénonce la mauvaise gestion, les abus, les détournements. Elle conseille aussi, sanctionne parfois.

Longtemps fermée sur elle-même, la Cour est devenue beaucoup plus visible dans l’espace public sous l’impulsion de ses trois derniers présidents : Pierre Joxe, Philippe Séguin et Didier Migaud. Le plus étonnant réside dans le décalage entre la publicité faite autour de ses investigations et la confidentialité de ses travaux. L’intérêt de ce documentaire est justement de montrer comment travaillent ces magistrats financiers de haut vol. Comment se déroulent leurs enquêtes.

Travail fastidieux

Pendant six mois, Delphine Lopez s’est vu ouvrir des portes habituellement closes et a pu suivre les différentes étapes aboutissant à la publication d’un rapport. Du travail fastidieux pour éplucher des tonnes de documents chiffrés jusqu’aux contrôles sur le terrain, des rendez-vous dans les administrations concernées jusqu’aux réunions confidentielles au sein du palais Cambon, siège historique de la Cour des comptes, situé près du Palais-Royal, la caméra suit de près les jeunes auditeurs, tout juste diplômés de l’ENA, mais aussi leurs supérieurs hiérarchiques.

A travers la première mission du jeune Alsacien Florian Bosser, 27 ans, sorti parmi les meilleurs de sa promotion à l’ENA, également diplômé de Sciences Po et de HEC et auditeur durant quatre ans de la Cour, le documentaire prend de l’épaisseur, injectant de l’humain dans un univers technocratique.

Pour sa première mission, Florian est gâté. Il y a une dizaine d’années, deux services de la gigantesque administration fiscale ont fusionné : celui qui calculait les impôts et celui qui les collectait. Le jeune auditeur, aidé par deux magistrats plus expérimentés de la Cour des comptes, doit mesurer l’efficacité de l’administration qui gère les impôts et proposer des pistes pour faire des économies. Pour cela, il devra éplucher des tonnes de données budgétaires, visiter des centres des impôts à travers le pays, rencontrer des responsables, dont le numéro deux de la direction générale des finances publiques à Bercy.

Autour de la table, la réunion entre les magistrats financiers et le responsable de Bercy est un moment fort du documentaire. Derrière les sourires, on sent poindre l’agacement des uns et des autres. Formés à la même école, contrôleurs et contrôlés parlent la même langue. Mais ne tombent pas forcément d’accord. Florian Bosser va enquêter durant trois mois, avant de rendre un rapport mesuré à ses supérieurs. Qui lui demanderont de compléter sa copie. C’est le métier qui rentre.

La Cour des comptes, les shérifs de l’argent public, de Delphine Lopez (France, 2018, 55 min).