Aldous Huxley – Les leçons de l’histoire

Le fait que les hommes tirent peu profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne.

Aldous Huxley, Les portes de la perception (1954)

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Bruno Fuligni – Tour du monde à travers la France inconnue

Envie de faire le tour du globe sans passer la moindre frontière ? C’est possible ! Discrètement mais sûrement, notre bonne vieille métropole cache, à travers ses peuplades méconnues, un étonnant monde miniature. Des Huns en Champagne, des Écossais dans le Berry, des Acadiens dans le Poitou, des Bédouins en Touraine, des Mexicains au cœur des Alpes, ou encore des vahinés sur la côte basque… Un voyage paradoxal : le tour du monde des grandes civilisations sans quitter l’Hexagone.


Un livre, Une voix – Le tour du monde sans quitter la France (Radio Notre Dame)

Bruno Fuligni est l’invité d’Un livre, une voix pour son « Tour du monde à travers la France inconnue » (Editions du Trésor). Il propose une balade réjouissante et iconoclaste dans les villages de France annoncé comme fondés par des peuples lointain.

« Le projet c’est tout simplement un voyage », raconte l’auteur. A bord d’une vieille Peugeot « pourrie, lamentable », qui ne survivra pas au voyage, il fera une tour de France par les petites routes. Les villages et les lieux sont assez reculés mais ont tous un point commun. « Ils ont été fondés ou passe pour avoir été fondés par des peuples lointain », explique Bruno Fuligni. D’où le tour du monde sans quitter l’hexagone. Au programme : les Huns, les hongrois, les saxons ou vikings… Pour l’auteur ça a été un voyage en deux étapes. La première est dans les livres afin de vérifier l’histoire des villages et l’apport étranger. Demander directement aux habitants ? Ce n’est pas une bonne technique car il y a parfois une réécriture du passé pour faire plus français, surtout au XIXe siècle. La deuxième étape est de se rendre sur place.

Les carthaginois en Ardèche

Il existe en Ardèche un lieu-dit : « le Liby ». Conclusion logique d’érudit locaux : il y a eu des libyens qui étaient venus s’établir là. « Ils ont fait des fouilles et malheureusement ils ont trouvé des crânes. Donc ils ont expliqué que ces crânes n’étaient pas du tout des crânes qu’on était habitué à trouver en Gaule. C’était forcément une peuplade qui venait d’assez loin. Ce sont des carthaginois qui se sont installés là », retrace Bruno Fuligni. Tout un article est disponible dans le Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris de 1873 Cette thèse du XIXe siècle s’est avérée fausse avec le développement de la science historique et archéologique. Le livre fourmille de plein d’histoire de ce type. Un cas intéressant est celui des enclaves étrangère en territoire français, comme celle de l’abbaye d’Hautecombe.


Drôle de Tour du Monde (RTL)

Envie de faire le tour du monde sans quitter l’Hexagone ? La France cache, à travers ses peuplades méconnues, un étonnant monde miniature. Des Huns en Champagne, des Écossais dans le Berry, des Acadiens dans le Poitou, des Bédouins en Touraine, des Mexicains au cœur des Alpes, ou encore des vahinés sur la côte basque…

L’historien Bruno Fuligni nous emmène faire le tour du monde sans quitter l’Hexagone !


Au coeur de l’histoire – Des Français insolites (Europe 1)

Le tour du monde à l’intérieur des frontières de la France : tel est le défi que s’est lancé Bruno Fuligni, invité cet après-midi de Franck Ferrand. Ensemble, ils évoqueront notamment les Ecossais dans le Berry, les vahinés sur la côte basque…

Pour commencer l’émission, Franck Ferrand nous parle d’une population française qui a disparu: les Cagots. Ces sortes d’intouchables du Sud-Ouest du pays. Et Lorena Martin nous emmènera voir le musée des Cagots à Arreau.


Jonathan Siksou reçoit Bruno Fuligni sur RCJ, pour son livre « Tour du monde à travers la France inconnue » aux éditions Trésor.

Sun Tzu et ses applications

Sun Tzu et ses applications (La Marche de l’histoire – France Inter)

Depuis une vingtaine d’années en France, « L’art de la guerre » est une valeur en hausse. Il est vrai qu’il présente l’avantage d’être très court. Sur la toile, s’entrecroisent ses versets et ses citations. Sur le marché éditorial, circulent près d’une vingtaine de traductions, inégales et bancales parfois.

Dans les formations au management, la référence à Sun Tzu est un pont-aux-ânes. Le dénommé Sun Tzu, dit un album d‘Abraxxas, c’est un général chinois qui a rédigé un manuel ancestral –en effet, il date peut être du IVème siècle avant notre ère-  un manuel ancestral donc qui est appliqué par les patrons d’aujourd’hui : remporter les conflits avec mental et stratégie, voilà la marque d’un vrai maître de guerre. Et, impérial, Abraxxas conclut : « Je suis du même avis que ce livre de chevet des puissants ». On est content pour lui. L’idéologie du discours économique dominant ne cessant d’utiliser la terminologie guerrière, il était fatal qu’un manuel d’art de la guerre devienne la chose des apôtres de l’entreprise.

Depuis une vingtaine d’années en France, « L’art de la guerre » est une valeur en hausse

Il est vrai qu’il présente l’avantage d’être très court. Sur la toile, s’entrecroisent ses versets et ses citations. Sur le marché éditorial, circulent près d’une vingtaine de traductions, inégales et bancales parfois.

Chez nous et dans les autres pays d’Europe, le texte de Sun Tzu finit même par pénétrer les milieux militaires auxquels on aurait pu penser qu’il était destiné par priorité ! Il est bien cité une quinzaine de fois dans le Traité de stratégie de l’Ecole de guerre qui vient de paraître.

Mais, dans le même Traité, l’officier prussien Clausewitz, infiniment plus jeune puisqu’il est contemporain de Napoléon, demeure trois fois plus présent. Clausewitz a bénéficié après la défaite de 1870 d’une crise allemande de la pensée française. Sun Tzu aujourd’hui, tire parti de la crise chinoise de la conscience contemporaine.

Clausewitz est utile à qui veut penser la guerre de masse, frontale et le conflit nucléaire. Sun Tzu à qui s’intéresse à la guérilla et aux conflits asymétriques. Et Sun Tzu rassure davantage les contemporains quand il dit que tout peut se jouer avant le choc : on se satisfait vite de le présenter comme un professeur de ruses, stratagèmes et autres attrapes.

Et si on essayait de lui restituer sa profondeur historique ? 

Il vient de l’époque des Royaumes combattants, quand émergent aussi confucianisme et taoïsme. Et avant d’être mis au confluent du management et du rap, il se tenait au carrefour de la littérature, de la politique et, osons le dire, de la sagesse.

-> Le site Sun Tzu France de Yann Couderc, historien de l’armée de Terre et officier

Arx Tarpeia Capitoli proxima

Origine: La roche Tarpéienne est proche du Capitole (Savoir et culture)

Le Capitole est la plus petite des 7 collines de Rome. Cependant, elle est la plus importante de part son statut de centre religieux de la ville. Elle se situe entre le Champs de Mars et le Forum. A l’origine de Rome, cette colline fut une citadelle. A son extrémité sud-ouest se trouve la Roche Tarpéienne, éperon rocheux qui était le lieu d’exécution pour les traîtres et autres condamnés à mort qui se voyaient précipiter dans le vide.

Selon Plutarque, l’origine de la Roche Tarpéienne, vient de Tarpeia, fille de Spurius Tarpéius, le commandant de la garnison du Capitole. Tarpeia du haut des murailles avait aperçu les bracelets d’or que les soldats Sabins, encerclant le Capitole portaient à leurs bras gauche. Souhaitant obtenir à tout prix ces bijoux, elle dépêche sa servante au roi des Sabins Tatius et demande à le rencontrer. Celui-ci accepte l’entrevue et conclue un accord avec Tarpeia. Elle accepte d’ouvrir pendant la nuit l’une des portes de la citadelle, cependant en échange, pour le prix de sa trahison, elle demande les fameux bracelets d’or. La nuit venue, les Sabins pénètrent dans le Capitole par la porte ouverte et s’en emparent. Maintenant maître de la place, Tarpeia leur demande d’honorer leur engagement. Tatius accepte, le premier soldat détache son bracelet et le lance avec son bouclier à Tarpeia. Tous les autres soldats suivirent, si bien que, frappée par l’or et ensevelie sous les lourds boucliers, elle mourut écrasée sous la quantité et le poids des projectiles. Tarpeia fut enterrée à l’endroit même ou elle succomba à sa convoitise.

Toujours selon Plutarque dans la Vie de Romulus, en 390 avant J.C., les romains connaissent une importante défaite sur les bords de l’Allia, face aux tribus Gauloises (Sénons, Lingons…) commandées par Brennus. Les Romains se trouvent en déroute et se replient derrière les murs fortifiés du Capitole. Trois jours après cette bataille, les Gaulois entrent dans Rome. Ils encerclent la citadelle du Capitole et décident de la prendre d’assaut de nuit. Ils arrivent d’ailleurs au sommet des murailles dans un silence total.

Seulement, l’attaque est déjouée grâce aux fameuses oies du Capitole (les oies sacrées du temple de Junon) qui réveillèrent par leurs cris et leurs battements d’ailes l’ancien consul Marcus Manlius. Celui-ci donna l’alerte et repoussa le premier soldat ayant franchi la muraille. Suite à cet épisode, Marcus Manlius devint une sorte de héros de la république Romaine et les romains le couvrirent d’honneur.

Hélas pour lui, suite à ces événements l’orgueil de Marcus Manlius s’amplifia. Ainsi après la fin du siège de Rome, il accusa le Sénat d’avoir détourné l’or perdu des Gaulois et soutint certaines revendications du peuple. Or, cette conduite le faisait soupçonner d’aspirer à la royauté. Il fut donc mis en prison mais il en sortit rapidement à la demande du peuple. Malheureusement pour lui, il persévéra dans sa conduite et il fut donc accusé une seconde fois. Celle-ci lui fut fatale. Il fut condamné à être précipité du haut de la Roche Tarpéienne sur la colline du Capitole, là ou quelques temps plutôt il avait connu tant de gloire…

Le proverbe latin « Arx tarpeia Capitoli proxima » qui se traduit par « la Roche Tarpéienne est proche du Capitole » illustre en réalité le fait que, après les honneurs et la gloire, la déchéance peut arriver rapidement…

Le vrai visage des gaulois

Depuis deux décennies, archéologues et historiens s’emploient à montrer que l’opposition radicale entre des Romains civilisés et des Gaulois primitifs, martelée depuis des siècles, est totalement caduque. Avec les scientifiques les plus en pointe, ce film mène l’enquête pour nous faire découvrir le vrai visage des gaulois.

Occupation dense et valorisation des campagnes, structures et fonctions des villes, haut niveau technique de l’artisanat, qualité des productions artistiques, importance de la religion, commerce intensif avec ses voisins, art de la guerre… Les découvertes archéologiques de ces dernières années, auxquelles s’ajoutent les études menées en laboratoire, renouvèlent en profondeur notre connaissance des gaulois.

Et l’on découvre que loin d’être habitée par des sauvages hirsutes vivant au fond des bois, la Gaule, par son foisonnement d’activités agricoles, artisanales et presque industrielles comme ses mines, est au moins l’égale des pays voisins ou plus lointains que l’histoire a longtemps qualifié de brillantes civilisations… Le « mystère gaulois » est en passe d’être élucidé…

Science Grand Format – France 5

Un film de Philippe Tourancheau, Richard Poisson et Cedric Harang. / Production  : Eclectic Presse


Le vrai visage des Gaulois (France Inter)

Ils souffrent de nombreuses idées reçues, notamment à cause du manque de traces qu’ils nous ont laissé. Loin de leur image de guerriers sanguinaires, les Gaulois étaient avant tout des bâtisseurs, des commerçants et des artistes… !

Les Gaulois n’ont laissé que peu de traces nous permettant d’améliorer nos connaissances à leur sujet. Pendant longtemps, la principale source écrite dont nous disposions était l’ouvrage La Guerre des Gaules, rédigé par Jules César lui-même lors de ses campagnes militaires.

Pourtant ces traces existent. Il faut aller chercher les vestiges d’oppidums à travers les campagnes de France, ces anciennes agglomérations, centres névralgiques des régions gauloises. Et très vite, les objets vieux de plusieurs siècles se mettent à parler.

A l’occasion de la diffusion du documentaire Le Vrai visage des Gaulois sur France 5 ce mardi 24 avril à 20h50. Laurent Olivier et Pierre Nouvel, tous deux archéologues, nous renseignent sur ce peuple, si proche de nous et en même temps si peu connu.

Olivier Zajec – Les frontières garantes de la paix

À 41 ans, Olivier Zajec est maître de conférences en science politique et relations internationales à l’Université de Lyon III. Agrégé et docteur en histoire, diplômé de Saint Cyr et de Sciences Po Paris, il est, entre autres, chef du cours de géopolitique à l’École de Guerre. À l’heure du sans-frontièrisme militant, il oppose une analyse documentée et convaincante sur la nécessité des frontières qui permettent la paix commune par la garantie des souverainetés.

Cercle Pol Vandromme, 11 avril 2018, Bruxelles


Frontières. Des confins d’autrefois aux murs d’aujourd’hui

Filtres des identités, garantes des souverainetés, à la fois ponts et forteresses, les frontières ne se limitent pas à un poste de douane ou une ligne de barbelé. Si elles existent, ce n’est pas seulement parce que les hommes les ont arbitrairement décrétées, mais surtout parce qu’elles permettent aux cultures humaines de concilier pacifiquement le local et le global, le spécifique et l’universel.

60 chapitres et des cartes inédites pour comprendre toute la complexité de cette notion de « limite », du « limes » romain du Ier siècle, jusqu’au mur israélien du XXIe, des remparts de Carcassone à Check Point Charlie, du fond des océans au silence des espaces intersidéraux.

Histoire de la France : le vrai roman national

Histoire de la France : le vrai roman national – Jean-Christian Petitfils

De la scène inaugurale du partage de l’empire de Charlemagne jusqu’à nos jours, Jean-Christian Petitfils livre une fresque vivante et colorée de l’Histoire de la France.

Au-delà des récits légendaires, ce vrai «  roman national  » se lit dans l’action des gouvernants, les transformations sociales ou économiques, le mouvement des idées, l’histoire des mentalités, le dévouement des grandes figures héroïques ou celui, plus obscur, des petites gens transportées par l’amour de leur pays.

Car n’en déplaise à ses détracteurs, il existe bien une identité de la France. Ce pays a traversé une multitude de bourrasques et de drames, a connu une pluralité de régimes politiques, de périodes fastes et néfastes. Peu à peu, son identité s’est façonnée autour de quelques piliers fondateurs  : un État central propice à l’épanouissement de la nation, incarnant la justice au service du bien commun, défendant une laïcité ne reniant pas ses racines chrétiennes  ; un État marqué par des valeurs universelles, permettant l’assimilation des peuples et des cultures. Des piliers fortement ébranlés aujourd’hui.

S’appuyant sur les données historiques les plus récentes, Jean-Christian Petitfils nous convie à un palpitant récit. Saint Louis, Jeanne d’Arc, François Ier, Catherine de Médicis, Henri IV, Louis XIV, Robespierre, Napoléon, Jean Jaurès, Clemenceau, mais aussi, plus près de nous, De  Gaulle, Jacques Chirac, Simone Veil, Nicolas Sarkozy ou François Hollande, tous sont convoqués pour donner vie à ce tableau magistral.

Lire un extrait (Editions Fayard)


Histoire mondiale ou roman national : la bataille de l’histoire de France aura-t-elle lieu ? (France Culture)

Un an après la publication de L’histoire mondiale de la France, dirigé par Patrick Boucheron et vendue à plus de 100 000 exemplaires, Jean-Christian Petitfils publie à son tour une Histoire de la France.

Histoire mondiale ou roman national, comment écrire l’histoire de la France ? L’écriture de l’histoire peut-elle être dénuée de valeur politique ? Qu’est-ce que les querelles d’historien disent de la société française ? Quel impact sur l’identité française ?

Le débat se poursuit dans l’opinion publique. Faut-il publier les pamphlets antisémites de Céline ? Déboulonner les statues de Colbert ? Maurras peut-il être comme n’importe quel auteur ? De quoi ces débats d’opinion sont-ils le reflet ?

Pour en parler, nous recevons l’historien et écrivain Jean-Christian Petitfils, auteur de Histoire de la France, parue chez Fayard