Revue de presse (69)

France

Attentat de Nice: le terroriste a pu procéder à onze repérages (Mediapart)

Les polémiques nées après l’attentat du 14 juillet à Nice ont masqué les ratés de la politique sécuritaire de Christian Estrosi. Ainsi le terroriste a-t-il pu circuler à de multiples reprises. Nous révélons qu’il a même conduit, à trois occasions et durant une trentaine de minutes, son 19 tonnes sur le trottoir de la promenade des Anglais, pour calculer ses trajectoires le soir de son crime. La scène était à chaque fois filmée, mais la police municipale n’a pas réagi.

Attentat du Thalys : le projet raconté par Ayoub el-Khazzani (Le Monde)

« Le Monde » a pu consulter la dernière audition devant le juge, d’Ayoub El Khazzani. Le terroriste raconte la genèse de son projet, piloté par Abaaoud, et explique pourquoi ils ont tous deux décidé d’entrer en Europe par la route des migrants.

RFI :

C’est une note des renseignements hongrois transmise à la justice française début novembre 2016 par le Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT) qui a mis les enquêteurs sur la voie. Joint par téléphone, Jean-Charles Brisard, le directeur du CAT, explique que les services hongrois, en recoupant les dates d’entrée et de sortie sur leur territoire, sont arrivés à une conclusion : Ayoub el-Khazzani, l’auteur de la tentative d’attentat du Thalys, était accompagné d’un certain Abou Omar lors de son entrée en Europe début août 2015.

Or, Abou Omar n’est autre que le pseudonyme d’Abdelhamid Abaaoud, l’homme qui mettra sur pied les attentats de Paris et de Bruxelles quelques mois plus tard. Autrement dit, l’attentat du Thalys, évité de justesse par des militaires américains en permission, était prémédité et préparé par la même personne : Abdelhamid Abaaoud.

Alors qu’il avait rejoint la Syrie pour « lutter contre les massacres faits par les chiites », on lui aurait fait comprendre qu’il serait plus utile en Europe. Un homme encagoulé entre en contact avec lui quelques heures après l’épisode de la mosquée bombardée : « Il m’a dit que le mieux était d’aller les combattre (les Américains) sur leur propre territoire ». Six jours après être entré en Syrie, Ayoub el-Khazzani prend donc la direction de l’espace de libre circulation européen : l’espace Schengen.

Après avoir essayé deux fois, sans succès, de prendre l’avion en Turquie pour se rendre à Bruxelles, Ayoub el-Khazzani est rejoint par Abdelhamid Abaaoud, alias Abou Omar. Ensemble, les deux hommes gagnent la Hongrie en suivant le flux des migrants, alors qu’un éclaireur ouvre la voie devant eux. Un dénommé Hamza, identifié comme étant Bilal Chatra, un Algérien de 20 ans interpellé en juillet dernier en Allemagne.

Ayoub el-Khazzani et Abdelhamid Abaaoud se séparent alors à Budapest, la capitale hongroise, le 4 août 2015, avant de se retrouver à Bruxelles, la capitale belge, quelques jours plus tard. Une version des faits qui confirme par ailleurs l’information selon laquelle Abdelhamid Abaaoud était déjà au cœur de l’Europe quand les services de renseignement le pensaient encore en Syrie.

A Bruxelles, les deux hommes se terrent dans un appartement. Ayoub el-Khazzani déclare au juge en parlant d’Abdelhamid Abaaoud : « Il m’a dit qu’il allait tout préparer et que je ne devais pas m’en soucier, que je n’aurais qu’à agir ». Le Marocain confie également qu’il ne savait pas si Abou Omar (Abdelhamid Abaaoud) lui faisait confiance, tant ce dernier restait discret sur ses activités et la mission qu’il lui donnerait à accomplir.

Quelques jours avant de passer à l’acte, des armes sont livrées à l’appartement par un complice non identifié. C’est à ce moment-là qu’Abdelhamid Abaaoud lui aurait expliqué le déroulé de l’attaque : « dans le Thalys de 17 heures, il y aura entre trois et cinq militaires américains ».

Les enquêteurs restent néanmoins circonspects sur plusieurs points. Notamment sur l’argument donné par Ayoub el-Khazzani qui nie avoir voulu commettre un meurtre de masse pour se concentrer uniquement sur des Américains. Un raisonnement qui ne colle pas vraiment avec l’arsenal disproportionné retrouvé sur le jeune marocain dans le Thalys : un pistolet, une Kalachnikov et 8 chargeurs.

Autre interrogation des enquêteurs : comment Abdelhamid Abaaoud, l’instigateur de l’attaque déjouée du Thalys, a-t-il pu savoir que des militaires américains seraient présents ce jour-là à bord du train à grande vitesse ? Pour faire la lumière sur ces questions, Ayoub el-Khazzani devrait être de nouveau entendu par la Justice dans les jours qui viennent.

Pas de dématérialisation de la propagande électorale lors de la présidentielle (Next Inpact)

L’idée ? Dématérialiser ce qu’on appelle dans le jargon la propagande électorale. Un site officiel aurait regroupé les circulaires et bulletins de vote des différents candidats, en lieu et place des plis traditionnellement envoyés à chaque citoyen par voie postale. Des exemplaires papiers auraient été mis à la disposition des personnes n’ayant pas Internet, dans les mairies ou les préfectures, et les bulletins de vote seraient restés disponibles dans les bureaux de vote (voir notre article).

Le Parlement s’est toutefois fermement opposé à cette réformelors du projet de loi de finances pour 2014 (il était alors question de dématérialiser la propagande relative aux élections européennes), rebelote un an plus tard, avec les régionales et départementales.

Cette année, à l’occasion de l’examen du projet de budget pour 2017, l’exécutif a demandé aux députés et sénateurs d’introduire cette réforme pour les élections législatives, en leur faisant miroiter une économie nette – c’est-à-dire une fois déduit les différents frais de type mise à disposition en mairie – de 168,9 millions d’euros, élection présidentielle comprise.

Sauf que d’un point de vue juridique, l’organisation de l’élection présidentielle relève d’un décret, non d’une loi… Cela explique pourquoi cette réforme n’était pas formellement inscrite dans le dernier projet de loi de finances. Les parlementaires n’ont toutefois pas fait dans la dentelle, rappelant qu’ils ne voulaient pas entendre parler de dématérialisation, quelle que soit l’élection. Leurs craintes ? Qu’on touche à un symbole républicain, et par ricochet à la participation électorale.

En théorie, le gouvernement aurait néanmoins pu passer outre l’avis du Parlement, pour la seule élection présidentielle. Et ce d’autant qu’il avait été proposé dans le passé d’effectuer une expérimentation sur ce scrutin, car il s’agit du plus médiatisé…

Mais le ministère de l’Intérieur nous a annoncé que le gouvernement renonçait : « La propagande continuera d’être envoyée, selon les modalités des précédents scrutins, au domicile des électeurs. » Un site devrait malgré tout être crée afin de diffuser les professions de foi des candidats à la présidentielle (sur la base du volontariat, puisqu’il n’y aura aucune obligation pour les prétendants à l’Élysée.). Pour les législatives, il faudra se tourner vers le portail « www.programme-candidats.interieur.gouv.fr ».

Conséquence directe du rejet de cette réforme, les parlementaires ont du réduire au fil des débats les dépenses de l’État à hauteur des économies projetées par le gouvernement, soit 169 millions d’euros.


Union Européenne

Japon et UE repoussent officiellement à 2017 l’accord de libre-échange (AFP)

Le ministère japonais des Affaires étrangères et la Commission européenne ont pris acte des retards des négociations et renvoyé à 2017 l’ambition de conclure les grandes lignes d’un accord de libre-échange Japon-UE, a annoncé la partie japonaise.

Le chef de la diplomatie nippone, Fumio Kishida, et la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, se sont entretenus mardi par téléphone à ce propos, a expliqué mercredi un porte-parole du ministère japonais des Affaires étrangères.

Ils ont dans le même temps confirmé une volonté commune de reprendre les discussions dès le mois de janvier pour avancer au plus vite sur ce dossier qui piétine alors que se profilent plusieurs importantes échéances électorales en Europe l’année prochaine.

Les négociations butent avant tout sur deux points : le secteur automobile – que le Japon aimerait voir aussi libéralisé que possible dans l’UE– et l’agriculture – les Européens voyant dans le Japon un marché particulièrement intéressant, très demandeur de produits de qualité.

Concernant le secteur automobile, un sujet « très sensible en Europe, nous sommes prêts à ouvrir notre marché complètement si nous parvenons à atteindre un bon accord qui inclut des solutions adéquates pour des mesures non tarifaires », avait déclaré samedi Mauro Petriccione, chef négociateur pour l’UE, à l’issue de deux semaines de discussions au Japon.

Les mesures non tarifaires sont des dispositions politiques, autres que les droits de douane, qui peuvent affecter le commerce, telles des normes ou règlements particuliers sur la qualité et la sûreté des produits.

Revers pour Bruxelles sur un accord de libre-échange avec Singapour (Le Monde)

Dans un avis définitif, l’avocat général de la Cour de justice européenne a indiqué, mercredi, que la Commission europénne ne pouvait pas conclure seule en septembre 2013 le traité entre l’UE et Singapour.

L’avocat général de la Cour de justice européenne a indiqué, mercredi 21 décembre, qu’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et Singapour ne pouvait pas être conclu uniquement par la Commission européenne. Il doit l’être en liaison avec les Etats membres, estime le magistrat dans son avis définitif. C’est un revers pour la Commission, qui estimait pouvoir négocier seule, même si certaines compétences nationales semblaient en jeu et si le traité annulait des accords bilatéraux entre des Etats membres et Singapour.

Pologne : Bruxelles donne deux mois au pouvoir pour mettre fin à la menace « qui pèse sur l’Etat de droit » (Toute l’Europe)

Des milliers de manifestants protestent contre ce qu’ils estiment être une dérive autoritaire du gouvernement de Beata Szydlo (notre photo). Les députés du principal parti d’opposition, Plateforme civique (PO), de même que ceux de la formation politique libérale Nowoczesna, occupent le Parlement, réclamant un nouveau vote du budget, qu’ils jugent actuellement illégal. La Commission européenne a renouvelé ses « recommandations », réclamant à la Pologne de mettre un terme aux atteintes à l’Etat de droit, et pourrait éventuellement proposer des sanctions en cas de dialogue infructueux.

La crise politique que la Pologne traverse actuellement est « sans doute la pire depuis le retour au pouvoir du parti Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, il y a un an« , rapporte Libération. « L’étincelle » à l’origine de la crise est l’expulsion, vendredi dernier, du député libéral Michal Szczerva, membre du PO, pendant le débat sur le budget, explique le quotidien.

Portant une pancarte « médias libres », le parlementaire était monté à la tribune pour protester contre une loi en discussion, qui prévoyait de limiter considérablement l’accès des journalistes au Parlement. L’opposition a ensuite occupé la tribune, bloquant les débats. Les députés de la majorité conservatrice les ont alors tenus dans une autre salle, où ils ont voté le budget 2017.

Un vote jugé illégal par l’opposition et qui a mis le feu aux poudres. « La rue a aussitôt répondu. Le Comité de défense de la démocratie (KOD), une vaste coalition de contestation sociale née pour s’opposer à la mainmise par le PiS sur le Tribunal constitutionnel, a mobilisé ses sympathisants. Plusieurs milliers de manifestants ont accouru« , relate Libération.

La crise politique s’est aggravée dans la nuit de lundi à mardi, quand le pouvoir polonais a « écrit un des derniers actes de la prise en main du Tribunal constitutionnel, la plus haute instance juridique du pays » [Le Monde], avec la nomination à sa tête de Julia Przylebska, soutien des conservateurs, en tant que présidente « par intérim ». « Un processus entamé un an plus tôt par le vote d’une série de lois – sept au total – paralysant de fait le fonctionnement de ce contre-pouvoir stratégique« , détaille le quotidien.

Face à ce recul de l’Etat de droit, la Commission européenne a envoyé des « recommandations » à la Pologne afin que cette dernière mette rapidement fin à sa dérive autoritaire. Ce n’est pas la première fois que l’Europe rappelle à l’ordre la Pologne. « La Commission avait déjà envoyé en juillet des ‘recommandations’ à Varsovie pour ‘éliminer la menace systémique qui pèse sur l’Etat de droit’ dans le pays. Elle l’y invitait notamment à respecter les jugements rendus par le tribunal constitutionnel, à publier tous ses jugements et à retirer toutes les décisions compromettant son bon fonctionnement« , rapporte la RTBF.

L’article 7 du traité, qui permet, en théorie, de décider de sanctions dans ce cas de figure, a été conçu pour limiter fortement la possibilité de sanctions arbitraires« , relate-t-elle. Celles-ci réclament en effet l’unanimité au Conseil, souligne La Croix. « Plusieurs pays, Hongrie en tête, mettraient donc certainement leur veto à une action à l’encontre de la Pologne« , estime par conséquent Catherine Chatignoux.

Affaire Apple : l’Irlande reproche à la Commission européenne de violer sa souveraineté (Euractiv)

L’Irlande reproche à la Commission européenne, qui a imposé à Apple de rembourser à Dublin 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux, de violer la souveraineté du pays en matière fiscale.

« La Commission a outrepassé ses pouvoirs et violé la souveraineté» de l’Irlande concernant l’impôt sur les sociétés, a estimé le ministère irlandais des Finances dans un texte de présentation de ses arguments dans cette affaire. Le 10 novembre, le gouvernement irlandais avait fait appel de la décision prise le 31 août par la Commission européenne qui avait sommé la firme américaine de rembourser à l’Irlande plus de 13 milliards d’euros d’«avantages fiscaux indus». « La Commission n’a pas la compétence, selon les règles en matière d’aide publique, à substituer unilatéralement son propre point de vue concernant l’étendue géographique de la politique fiscale d’un Etat membre à celui de l’Etat membre lui-même», souligne le texte.

Catalogne : la présidente du parlement devant la justice

Carme Forcadell a été convoquée par la justice espagnole pour avoir soumis au vote une motion favorable à l’indépendance. Un épisode crucial dans l’inévitable « choc institutionnel » entre Madrid et Barcelone.

L’impression d’une course inévitable vers un tel choc a été renforcée au cours des derniers jours. Mercredi 14 décembre, le Tribunal constitutionnel (TC) espagnol a censuré et suspendu la feuille de route du gouvernement catalan approuvé par le parlement le 6 octobre qui prévoit la convocation du référendum sur l’indépendance. Le TC a rappelé à Carles Puigdemont qu’il est tenu de faire respecter cette décision. Désormais, le président catalan est dos au mur : toute avancée vers le référendum de septembre sera une sortie de la légalité espagnole et la création ad hoc d’une légalité catalane reposant sur la souveraineté du parlement catalan hors des pouvoirs que lui donne la constitution espagnole. Le choc institutionnel deviendra alors inévitable.

Dès lors, malgré l’apparente bonne volonté de Mariano Rajoy, la judiciarisation de l’indépendantisme catalan se poursuit et a connu, ce vendredi 16 décembre, une nouvelle étape importante. La présidente du parlement catalan, Carme Forcadell, a été convoquée devant le Tribunal supérieur de justice de Catalogne (TSJC) pour répondre du délit de désobéissance civile. On lui reproche d’avoir soumis au vote des députés un rapport d’une commission parlementaire qui préconisait le recours à l’unilatéralité en juillet dernier. Avant le vote, le TC avait réclamé de la présidente du parlement qu’elle ne soumette pas la résolution à l’avis des députés. Carme Forcadell, qui n’en avait rien fait mais qui n’avait pas pris parti dans le débat, encours notamment la suspension de sa charge.

Jusqu’ici la tension entre Barcelone et Madrid en était restée au stade verbal : il s’agissait de déclaration, de décisions judiciaires sans conséquences ou de résolutions parlementaires. Avec la déchéance de Carme Forcadell, cette tension va prendre corps et devenir concrète. Elle va conduire inévitablement à un conflit latent depuis longtemps entre la légalité espagnole et la légitimité catalane. Un conflit dont l’effet sera nécessairement paneuropéen, posant alors la question au niveau de l’UE.

OTAN : déploiement militaire américain à la frontière russe (Ouest-France)

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La justice européenne autorise la « conservation ciblée » des données de connexion (Acteurs publics)

Dans un arrêt du 21 décembre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) interdit aux Etats d’imposer aux opérateurs du Net la conservation « généralisée » des données de leurs utilisateurs.

Certains pays vont être obligés de revoir leurs règles : dans une décision prononcée le 21 décembre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) interdit aux Etats membres de pratiquer une conservation généralisée et indifférenciée des données relatives au trafic des individus sur internet et de leurs données de localisation. Cette conservation est une « ingérence particulièrement grave » que la Cour juge attentatoire à la vie privée des personnes.

En revanche, la justice européenne reconnaît la possibilité aux Etats de « prévoir, à titre préventif, une conservation ciblée de ces données dans le seul but de lutter contre la criminalité grave, à condition qu’une telle conservation soit, en ce qui concerne les catégories de données à conserver, les moyens de communication visés, les personnes concernées ainsi que la durée de conservation retenue, limitée au strict nécessaire ».

Déjà, en 2014, la Cour européenne de justice avait, dans son arrêt Digital Rights Ireland, invalidé une directive sur la conservation des données au motif que l’ingérence que comporte l’obligation générale de conservation des données n’était pas limitée « au strict nécessaire ».

Italie : la banque Monte dei Paschi di Siena s’approche de la nationalisation (Le Temps)

C’est l’heure de vérité pour la banque Monte dei Paschi di Siena (BMPS) qui est plongée dans une crise sans précédent et dont l’action a dégringolé de 85% depuis janvier dernier. Au moment d’aller sous presse, le gouvernement italien était réuni jeudi soir pour définir un plan de sauvetage avec des fonds publics. Des analystes évoquent une nationalisation pure et simple.

La veille, les deux chambres du Parlement italien avaient autorisé un emprunt de 20 milliards d’euros pour venir en aide à l’ensemble du secteur bancaire du pays qui regroupe 700 établissements. «Une mesure de précaution pour faire face à d’éventuelles difficultés», a déclaré Pier Carlo Padoan, le ministre des Finances.

La banque BMPS est plus particulièrement au centre des inquiétudes en raison du poids des créances douteuses qui ne seront probablement pas remboursées. En juillet, la Banque centrale européenne (BCE) lui avait, dans le cadre de la supervision bancaire dans la zone euro, intimé d’assainir son et d’augmenter son capital au plus tard le 31 décembre 2016. Ou de cesser ses activités.

C’est précisément là où le bat blesse. Malgré plusieurs opérations de charme, la BMPS n’a pas réussi à mobiliser des investisseurs. La dernière tentative a eu lieu cette semaine. Elle s’était fixé l’objectif de lever cinq milliards d’euros en capitaux frais ou par une conversion volontaire d’obligations en actions. La banque avait beaucoup misé sur une participation du fonds souverain de Qatar. En vain. Lorsque l’échéance est échue jeudi, elle n’avait récolté que deux milliards.

Cet échec a obligé l’Etat italien à prendre les devants et à obtenir l’autorisation de contracter l’emprunt de 20 milliards d’euros et donc de décider d’un plan de sauvetage. Cette somme concerne certes BMPS, mais aussi de nombreuses banques italiennes qui ont accumulé 360 milliards de dettes pourries. A elles seules, les banques italiennes représentent un tiers de l’ensemble des dettes bancaires pourries au sein de la zone euro. La première banque italienne Unicredit ambitionne de lever 13 milliards d’euros au début de l’année prochaine.

En attendant le plan de sauvetage de la plus ancienne banque au monde et troisième établissement italien en termes d’avoirs, l’angoisse monte chez quelque 40 000 de ses clients dont les dépôts ont été convertis en obligations BMPS, mais sans qu’ils soient mis au courant des risques. Or un sauvetage avec des fonds publics implique le respect de certaines règles européennes mises en place dans le cadre de l’Union bancaire, un mécanisme visant à renforcer la solidité des banques dans la zone euro. Notamment celles qui veulent que les actionnaires, les détenteurs d’obligations et les créanciers de banques sauvées soient mis à contribution. Le renflouement interne (bail-in) doit précéder l’injection de l’argent public (bail-out), l’idée étant que les contribuables soient la dernière source de recapitalisation des banques malades.

Accord entre Deutsche Bank et la justice américaine dans l’affaire des subprimes (AFP)

C’est peut-être la fin d’un contentieux qui opposait l’une des banques les plus puissantes d’Europe à la justice américaine. Deutsche Bank a accepté de payer 7,2 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros) en guise de pénalités, pour son rôle dans la crise des subprimes. La banque a annoncé cet « accord de principe » dans un communiqué, vendredi 23 décembre.

Une partie de cette somme (3 milliards) correspond à une amende civile. L’autre (3,9 milliards) prendra la forme d’« allégements aux consommateurs », soit des dédommagements, tels qu’une révision des conditions des prêts accordés.

La banque allemande est accusée d’avoir vendu des crédits immobiliers toxiques entre 2006 et 2008, alors qu’elle connaissait la nature desdits. Les autorités américaines demandaient 14 milliards de dollars de dédommagements.


Monde – Géopolitique

Canberra et Paris ont signé l’accord-cadre relatif aux futurs sous-marins australiens (Zone militaire)

Après la signature d’un premier contrat de conception et, plus tôt ce mois-ci, d’un accord de partage d’informations classifiées, Canberra et Paris ont définitivement scellé, ce 20 décembre, le « méga-contrat » visant à livrer à la marine australienne 12 sous-marins océaniques à propulsion classique de type Shortfin Barracuda.

Pour rappel, en avril, et dans le cadre d’un appel d’offres visant à renouveler sa flotte de sous-marins Collins, Canberra avait fait part de son choix en faveur de la proposition soumise par DCNS, aux dépens de l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) et d’un consortium japonais emmené par Mitsubishi Heavy Industries. Le montant de ce programme est estimé à 34 milliards d’euros, dont environ un tiers reviendra au groupe américain Lockheed-Martin, qui fournira les systèmes de combat de ces futurs submersibles.

Concrètement, le texte signé par Paris et Canberra autorise les transferts de savoir-faire, de connaissances et de technologies à l’industrie et au grouvernement australiens afin de leur permettre « d’atteindre et de soutenir une capacité sous-marine souveraine. »

Lors de son séjour en Australie, M. Le Drian va inaugurer, à Adelaïde, un bâtiment de DCNS Australia qui abritera 250 à 300 ingénieurs. Le contrat australien, avec ses 4 millions d’heures de travail permettra de pérenniser, en France, entre 3.000 et 4.000 emplois chez DCNS et ses sous-traitants et va mobiliser 2.800 salariés en Australie.

Syrie: 14 soldats turcs tués par l’EI (AFP)

Quartorze soldats ont été tués et 33 blessés, selon un nouveau bilan publié par l’armée turque, dans des affrontements mercredi 21 décembre avec le groupe Etat islamique (EI) à Al-Bab, ville du nord de la Syrie tenue par les djihadistes. L’Agence officielle turque Anadolu avait auparavant fait état d’un bilan de quatre militaires morts.

Ankara a lancé en août une offensive sans précédent dans le nord de la Syrie, visant à repousser l’EI et les milices kurdes de la zone frontalière. Après avoir aidé les rebelles à chasser l’EI de plusieurs localités, notamment Jarablous, Al-Rai et Dabiq, Ankara a dirigé ses forces vers Al-Bab, un bastion des djihadistes situé à quelque 25 km de la frontière turco-syrienne.

Ces derniers semblent y opposer une résistance plus farouche : la campagne turque, dont la progression avait jusque-là été rapide, s’enlise et un nombre croissant de militaires turcs sont tués ou blessés. « Al-Bab est entièrement assiégée par l’armée syrienne libre et nos soldats », a assuré mercredi le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ajoutant espérer que la ville « tombera entièrement sans trop tarder ».

Au moins 22 soldats turcs avaient déjà été tués depuis le début de l’offensive, la plupart dans des attaques de l’EI, selon un décompte de l’AFP. Le mois dernier, quatre soldats turcs ont été tués près d’Al-Bab par une frappe aérienne imputée par Ankara au régime syrien. Moscou a démenti toute implication de ses forces et de celles de Damas dans ce bombardement. Et l’état-major turc a annoncé début décembre avoir perdu tout contact avec deux de ses militaires dans le nord de la Syrie, dont l’EI a revendiqué l’enlèvement via l’agence Aamaq.

Liban : formation du nouveau gouvernement Hariri (L’Orient-le-jour)

La composition du gouvernement libanais a été annoncée dimanche soir, 45 jours après des consultations parlementaires non contraignantes menées par Saad Hariri, désigné le 3 novembre par le président de la République libanaise, Michel Aoun, pour le former.

Le premier gouvernement du mandat du chef de l’État élu le 31 octobre, présidé par Saad Hariri, comprend 24 ministres (et six ministres d’État), répartis à part égale entre chrétiens et musulmans. Le cabinet regroupe plusieurs formations politiques, ainsi que des ministres nommés par le chef de l’État.

Fin de l’opération américaine « Odyssey Lightning » menée contre l’EI à Syrte (Zone militaire)

Le chef du gouvernement libyen d’union nationale (GAN), Fayez al-Sarraj, a annoncé officiellement la libération de Syrte, où les combats pour en chasser les jihadistes de l’État islamique ont duré plus de 6 mois. Aussi, l’opération Odyssey Lightning, lancée le 1er août dernier par les États-Unis à la demande de Tripoli, a pris logiquement fin.

Cette opération a consisté essentiellement à fournir un appui aérien aux milices de Misrata, loyales au GNA. Si, dans un premier temps, les frappes effectuées par les avions AV-8 Harrier II de l’US Marine Corps, mis en oeuvre depuis le navire d’assaut amphibie USS Wasp, ont permis de faire reculer les combattants de l’EI, ces derniers ont opposé une vive résistance dans le dernier quartier de la ville qu’ils contrôlaient.

Au départ, le Pentagone pensait que la libération de Syrte était l’affaire de quelques semaines. Finalement, l’opération Odyssey Lightning, qui a également mobilisé des drones MQ-9 Reaper ainsi que des hélicoptères d’attaque AH-1W SuperCobra, a donc duré quatre mois. Au total, il aura fallu 495 frappes aériennes pour venir à bout des jihadistes.

Le menace jihadiste est encore loin d’être maîtrisée en Libye. D’une part, des combattants de l’EI ont pu s’exfiltrer de Syrte avant d’être encerclés par les forces du GNA et, d’autre part, d’autres organisations, proches d’al-Qaïda, sont encore très active dans le pays, en particulier dans le sud et l’est.

Le Hamas accuse le Mossad du meurtre en Tunisie de l’un de ses cadres (Le Monde)

Un Tunisien spécialiste en aéronautique, responsable du programme des drones du Hamas palestinien, a été assassiné le 15 décembre à Sfax dans des conditions mystérieuses.

Samedi 17 décembre dans la soirée, une partie du mystère s’est dissipée avec la confirmation, à Gaza, par la branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine Al-Qassam, de l’appartenance de Mohamed Zouari au mouvement, qu’il aurait rejoint il y a dix ans. Dans un communiqué, les Brigades Al-Qassam admettent que le Tunisien assassiné fut l’un des commandants ayant supervisé le projet d’avions sans pilote. Le Hamas promet que le sang du commandant « ne sera pas versé pour rien » et appelle les nations arabes à « couper la main traître et lâche de l’ennemi sioniste », responsable de l’opération. Le Mossad serait le commanditaire de l’assassinat, selon le mouvement palestinien.

Selon les premiers éléments de l’enquête, huit personnes de nationalité tunisienne ont été arrêtées et deux autres suspects, un Tunisien et un Belge d’origine marocaine, sont toujours recherchés, a indiqué samedi le porte-parole des tribunaux de Sfax et substitut du procureur général près de la cour d’appel, Mourad Turki. Parmi les personnes arrêtées figurent une journaliste tunisienne et son cameraman, qui avaient interviewé la victime peu avant son assassinat. Quatre véhicules et deux pistolets munis de silencieux ont été saisis.

Mohamed Zouari travaillait sur un programme médiatisé par le Hamas lui-même, comme lors de la dernière guerre contre Israël, en juillet 2014. Posséder ses propres drones représente un motif d’orgueil pour le mouvement islamiste palestinien. Ils peuvent servir à la fois d’arme (avec des explosifs embarqués) et d’outil de reconnaissance. Les experts militaires suivent depuis près de quinze ans les tentatives du Hezbollah libanais et du Hamas, dans la bande de Gaza, pour reproduire le modèle de drone de type Ababil fourni à l’origine par les Iraniens.

Revue de presse (68)

France

Deux jihadistes impliqués dans les attentats de Paris ont été tués par la coalition anti-EI en Syrie (Zone militaire)

Après Abou Mohammed Al-Adnani, le chef des opérations extérieures de l’État islamique (EI ou Daesh) et Boubaker El Hakim, responsable d’une unité dont la seule vocation est de frapper la France, trois autres jihadistes ont été tués lors d’une frappe aérienne effectuée le 4 décembre dernier, à Raqqa (Syrie) par la coalition dirigée par les États-Unis.

Selon un communiqué du Pentagone, ces trois jihadistes étaient « directement impliqués dans des attentats extérieurs (à la Syrie) et dans le recrutement de combattants étrangers. » Et, assure la même source, deux d’entre-eux, à savoir Salah Gourmat, dont on avait perdu la trace depuis mars 2014, et Sammy Djedou, un ressortissant belge parti en Syrie en 2013, ont « aidé la préparation des attentats du 13 novembre 2015, à Paris. »

Le troisième jihadiste « neutralisé », Walid Haman, originaire de Trappes (Yvelines) avait été condamné par contumace à 5 ans de prison à l’issue du procès de la cellule terroriste démantelée en janvier 2015 à Verviers (Belgique). À la même époque, il avait été arrêté en Grèce, puis relâché à cause d’une erreur d’identification. Depuis, il était introuvable.

Attentat de Nice : 11 arrestations dans le volet « armes » de l’enquête (LCI)

11 personnes ont été arrêtées depuis vendredi par les policiers. Ce coup de filet a commencé vendredi avec l’interpellation à Nantes d’une personne. Et s’est poursuivi ce lundi avec 10 autres arrestations à Nice.

Selon nos informations, cette opération a été menée sur le « volet arme » de l’enquête par la sous-direction anti-terroriste (Sdat) de la police judiciaire. Plusieurs individus sont issus de la communauté albanaise. A priori, ils n’avaient pas connaissance du projet d’attentat. Mais ils seraient liés de près ou de loin aux armes retrouvées au cours de l’enquête, notamment une kalachnikov saisie en perquisition dans un garage.

Dans cette affaire, un couple d’Albanais est déjà en détention provisoire, soupçonné d’avoir fourni le pistolet que Lahouaiej-Bouhlel avait exhibé lors de l’attentat au camion. Artan H. et Enkelejda Z., deux Albanais auraient, selon les policiers, remis cette arme à Ramzi A., cocaïnomane, lui aussi mis en examen pour avoir, entre autre, joué le rôle d’intermédiaire de fournisseur d’arme.


Union Européenne

«L’euro est une erreur» selon le prix Nobel d’économie Oliver Hart (RT)

Selon le prix Nobel d’économie britannique Oliver Hart, l’Union européenne devrait s’engager d’urgence dans un processus de décentralisation et rétrocéder du pouvoir en matière de politique monétaire aux Etats membres. Bruxelles «est allé trop loin», a-t-il estimé sur le site internet Euractiv. Si l’Union européenne fait marche arrière, elle «pourrait survivre voire prospérer», avant d’ajouter : «Sinon, c’est la faillite».

A l’appui de son diagnostic, Oliver Hart, nobel d’économie 2016 en même temps que le Finlandais Bengt Holmstrom, fait valoir que les Etats européens ne sont pas «suffisamment homogènes» pour que l’Eurozone soit considéré comme une entité économique. Une politique monétaire unique ne peut donc satisfaire aux impératifs de chacun des pays. Selon l’économiste et professeur à l’université d’Harvard, qui rappelle qu’il n’a pas changé d’avis depuis la création même de l’euro, la monnaie unique est défectueuse depuis sa naissance et ne peut que s’effondrer, sauf à en changer radicalement la structure.

Aussi, pour l’économiste, l’abandon de la monnaie unique «ne serait pas une mauvaise chose du tout», ajoutant que les Britanniques avaient été bien avisés de rester en dehors de l’euro.

Traité d’association UE-Ukraine : les Pays-Bas décrochent des garanties (Le Monde)

Le compromis négocié entre les Vingt-Huit doit permettre la ratification par les parlementaires néerlandais de l’accord avec Kiev, en dépit de son rejet par référendum au printemps.

Les Pays-Bas pourraient finir par ratifier le traité d’association entre l’Union européenne (UE) et l’Ukraine, bloqué à la suite du référendum organisé au mois d’avril, et qui avait vu 61 % des électeurs néerlandais s’opposer à ce projet, par ailleurs approuvé par les 27 autres pays membres de l’Union.

Un texte longuement débattu, à Bruxelles, entre les « sherpas » des Etats membres, qui offrirait désormais des garanties suffisantes pour permettre au gouvernement de Mark Rutte d’obtenir l’approbation des deux assemblées parlementaires à La Haye. Le tout, à la veille d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, jeudi 14 et vendredi 15 décembre, qui veut épargner à l’Europe un nouvel échec retentissant.

Le texte, peaufiné par les ambassadeurs auprès de l’Union européenne, et qui comporte un important volet commercial et une partie politique, est une déclaration interprétative, juridiquement contraignante, censée répondre à toutes les inquiétudes des Pays-Bas sans réformer totalement le texte initial.

Les Ukrainiens voyageront en Europe sans visa (Euractiv)

Jeudi, le président ukrainien Petro Porochenko a salué un accord trouvé dans la nuit entre le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen, qui ouvre la voie à une libéralisation du régime de visas pour les 45 millions d’Ukrainiens et 5 millions de Géorgiens. L’aboutissement de longs efforts, selon le commissaire à la Politique de voisinage de l’UE Johannes Hahn.

Les lobbyistes pèsent de tout leur poids sur le TiSA (Euractiv)

Selon un rapport de LobbyControl, les entreprises influencent énormément les négociations de l’accord sur le commerce des services et ont l’oreille de la Commission.

Dans 89 % des rencontres réalisées pour les négociations, des membres de la DG commerce se sont entretenus avec des représentants de l’industrie, qui veulent moins de règles et moins d’obstacles aux services à l’étranger. « Notre analyse des rencontres avec les lobbys dans le cadre du TiSA montre que les intérêts des entreprises sont une priorité essentielle pour la Commission européenne », explique Max Bank, le spécialiste des politiques commerciales de LobbyControl.

Si la Commission a lancé des consultations publiques, l’organisme insiste que celles-ci sont également dominée par les entreprises. Entamé en décembre 2014, les six « dialogues avec la société civile » qui ont eu lieu à ce jour impliquaient en réalité au moins 63 % de lobbyistes des entreprises.

Grèce : Tsípras vote des mesures sociales, la zone euro se fâche (Libération)

L’Eurogroupe a annoncé ce mercredi que le minuscule allégement de dette accordé au pays était suspendu après la décision du gouvernement grec d’octroyer, grâce à un excédent budgétaire au-dessus des objectifs, une hausse des pensions pour les retraités modestes.

Le principe du geste avait été décidé en mai. Il ne manquait plus qu’à parapher les documents pour que, enfin, la Grèce bénéficie d’un allégement de sa dette. Ce fut chose faite il y a à peine plus d’une semaine, le 5 décembre lorsque le Mécanisme européen de stabilité (MES) chargé de la mise en œuvre de cet allégement en annonçait les modalités. En réalité, beaucoup de bruit pour trois rien puisque l’allégement n’a d’allégement que le nom. En euros sonnants et trébuchants, Athènes se voyait réduire son ardoise extérieure que de quelque 300 millions d’euros. Une goutte d’eau si on les compare aux 320 milliards de dette grecque. Les mesures prévoyaient de ne pas déclencher la hausse automatique en 2017 des taux d’intérêt sur les prêts contractés par la Grèce et aussi l’allongement des délais de remboursement.

C’en est fini de cette toute petite magnanimité des créanciers de la Grèce. Ce mercredi, Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe (qui réunit les ministres des Finances de la zone euro) a décidé de suspendre cette mesure. Une annonce en forme de sanction contre la décision du Premier ministre grec, Aléxis Tsípras. «Les actions du gouvernement grec ne sont pas en ligne avec nos accords», selon «quelques Etats membres», écrit ce mercredi dans un communiqué l’Eurogroupe. L’Allemagne avait clairement fait savoir que ces «mesures unilatérales» prises par Athènes n’étaient pas acceptables.

Quel est donc le manquement de Tsípras ? De ne pas avoir respecté la mise sous tutelle des dépenses budgétaires. Depuis que le pays est sous perfusion financière du Fonds monétaire international (FMI) et des pays de la zone euro, toutes les décisions budgétaires doivent avoir la «bénédiction» des créanciers d’Athènes. Or, le Premier ministre grec a eu l’outrecuidance de consacrer 600 millions d’euros pour soutenir les pensions des petites retraites et de geler une hausse du taux de TVA initialement prévue avec les bailleurs de fonds du pays. La hausse des pensions devait représenter entre 300 et 830 euros par an pour les 1,6 million de Grecs qui touchent moins de 850 euros mensuels.

Quant au report de la hausse de la TVA sur les îles de l’est égéen, où s’entassent actuellement plus de 16 000 migrants et réfugiés, le même Tsípras avait souligné que ces mesures étaient d’autant plus faisables que le pays a réussi à dégager cette année un excédent budgétaire primaire (une fois remboursée la charge de la dette) d’environ 1,1% du PIB, soit très au-dessus de l’objectif de 0,75% fixé avec les créanciers européens. Mais mercredi, les institutions que sont le FMI, la Commission européenne, la BCE et le Mécanisme européen de stabilité (MES) se sont rappelées au bon souvenir d’Aléxis Tsípras, qui avait imaginé qu’il pourrait utiliser à son goût ce surplus budgétaire acquis par un violent tour de vis des dépenses publiques. La conséquence est rude pour la Grèce, dont la dette atteint environ 180% de son PIB.

Italie : Paolo Gentiloni succède à Matteo Renzi (Toute l’Europe)

Dimanche 11 décembre, Sergio Mattarella, président de la République italienne, a officialisé le choix de Paolo Gentiloni, jusqu’ici ministre des Affaires étrangères, pour succéder à Matteo Renzi au poste de Premier ministre. M. Gentiloni, poids lourd du Parti démocrate et apprécié à l’international, aura pour lourdes tâches d’harmoniser la loi électorale italienne, de « sauver » la banque Monte dei Paschi menacée de faillite, et de représenter son pays lors du prochain sommet du G7 – qui doit se tenir en Sicile en mai – ainsi qu’au Conseil de sécurité de l’ONU.

A la suite du « non » au référendum portant sur la réforme constitutionnelle et de la démission de Matteo Renzi, la nomination d’un nouveau chef de gouvernement était ardemment attendue en Italie. Sergio Mattarella, président de la République, avait d’emblée exclu la possibilité de convoquer d’immédiates élections législatives, comme le réclamait le Mouvement 5 étoiles (M5S), parti contestataire, arguant que le pays « avait au contraire besoin au plus vite d’un gouvernement ‘dans la plénitude de ses fonctions » [Le Monde].

OMC : la Chine porte plainte contre l’Union européenne et les Etats-Unis (Toute l’Europe)

Les tensions commerciales entre l’Union européenne et la Chine ne vont pas en s’améliorant. Hier, cette dernière a fait savoir qu’elle avait saisi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre l’UE et les Etats-Unis, ces derniers lui ayant refusé le statut d’économie de marché. Et pour cause : un tel changement limiterait la capacité pour l’Europe de taxer les exportations chinoises.

Pékin entend mettre fin à la méthode dite de substitution appliquée par l’UE et les Etats-Unis à l’égard de la Chine. « Le dumping, dont la Chine est régulièrement accusée, consiste à vendre en-dessous du prix du marché domestique. Parce que les prix sur le marché chinois sont considérés comme artificiellement bas, l’Union européenne et les États-Unis utilisent le système dit du ‘pays de substitution’, avec comme référence pour le calcul du dumping les prix d’un pays comparable. Ce qui permet de réajuster les pénalités à la hausse« , détaille L’Express (avec l’AFP).

La méthode de substitution permet à l’UE de doubler les pénalités applicables, ce qui lui permet de protéger certains pans de son industrie, lit-on dans l’hebdomadaire. De même pour les Etats-Unis, qui appliquent des taxes pouvant dépasser les 200% sur les exportations chinoises.

Mali : coopération renforcée avec l’Union européenne pour favoriser le retour des migrants (Jeune Afrique)

L’Union européenne (UE) et le Mali ont déclaré dans un communiqué commun dimanche 11 décembre vouloir lutter contre « les causes profondes de la migration irrégulière » et « favoriser le retour des migrants maliens depuis l’Europe ».

Répondant à l’invitation de son homologue malien Abdoulaye Diop, cette visite menée par Bert Koenders au nom de la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères Federica Mogherini s’inscrit dans le cadre du plan d’action adopté entre États européens et africains au sommet de La Valette (Malte) sur l’immigration en novembre 2015, a-t-il rappelé. L’UE avait alors décidé d’apporter une aide financière de 1,8 milliards d’euros au continent africain pour endiguer les flux de migrants.

La collaboration renforcée entre l’UE et le Mali évoquée dans le communiqué commun comprend des initiatives pour aider les jeunes au travail, le renforcement des capacités des services de sécurité maliens et une meilleure collaboration avec les pays voisins « pour lutter contre les réseaux de trafiquants d’êtres humains et améliorer le contrôle des frontières ». Au total, neuf projets d’un montant de 145,1 millions d’euros ont été adoptés en ce sens.

Par ailleurs, « des fonctionnaires maliens se rendront dans les pays membres de l’UE pour aider à déterminer l’identité des migrants, afin d’accélérer leur retour », précise le communiqué, évoquant leur « réadmission et réintégration ». Outre le Mali, l’UE cherche également à négocier des accords favorisant le retour des migrants en échange du renforcement de la coopération économique avec l’Éthiopie, le Niger, le Nigeria et le Sénégal.

Bruxelles rassure Washington et Ottawa sur les perturbateurs endocriniens (Euractiv)

La Commission européenne estime que sa proposition législative sur les pesticides répond aux inquiétudes du Canada et des États-Unis concernant l’interdiction possible d’exportation de produits exposés à des perturbateurs endocriniens.

le Canada et les États-Unis ont fait pression sur l’UE en ce qui concerne sa méthode d’évaluation du risque pour les perturbateurs endocriniens, des produits chimiques notamment présents dans les pesticides et certains plastiques et dangereux pour la santé humaine.

Les critères de définition et d’évaluation des perturbateurs endocriniens ont entrainé un débat houleux en Europe. En général, l’UE préfère appliquer le principe de précaution que les méthodes d’évaluation du risque utilisée dans d’autres pays. Selon le principe de précaution, les substances sont évaluées en fonction de leur dangerosité potentielle. En cas de risque, des mesures de restriction sont imposées, comme l’interdiction d’exportation d’aliments exposés vers l’UE.

Les États-Unis ont déclaré que tous les États représentés lors de la réunion du 13 juillet étaient inquiets des critères d’évaluation des perturbateurs endocriniens utilisés par l’UE, en raison de « leur impact sur la tolérance à l’importation ».

L’ambassadeur canadien a pour sa part estimé que « l’UE se distanciait d’une évaluation scientifique du risque, en contradiction » avec les accords de l’Organisation mondiale du commerce.

L’approche choisie a donc des conséquences sur les accords de libre-échange que l’UE négocie. Pour l’obtention d’un accord supprimant les droits de douane, les parties prenantes peuvent considérer leurs normes sanitaires et environnementales respectives comme équivalentes.

Cette « coopération réglementaire » permet la suppression des obstacles au commerce, mais a été accusée par la société civile et certaines personnalités politiques d’affaiblir la protection des citoyens. La Commission réfute systématiques ces allégations.

Revue de presse (67)

France

La composition du gouvernement Cazeneuve

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Boubaker El Hakim, émir français de l’Etat islamique et vétéran du djihad, visé par une frappe de drone en Syrie (Le Monde)

Il est considéré comme l’un des plus hauts gradés français de l’organisation Etat islamique (EI) au sein de l’unité chargée des opérations extérieures. Boubaker El Hakim, un Franco-Tunisien de 33 ans, soupçonné d’avoir inspiré plusieurs des attentats qui ont frappé la France et la Tunisie, a été visé par une frappe américaine de drone, le 26 novembre, à Rakka (Syrie), capitale autoproclamée de l’organisation djihadiste.

La nouvelle de sa mort a été annoncée le 2 décembre par l’association Rakka is Being Slaughtered Silently, un collectif syrien d’opposants à l’EI et au régime de Bachar Al-Assad. Selon les informations du Monde, une frappe de drone a bien visé Boubaker El Hakim le 26 novembre, tandis qu’il circulait en voiture.

Le Conseil d’Etat confirme la fermeture de la mosquée salafiste d’Ecquevilly (LCI)

Salafisme « pacifique » ou « message insidieux » djihadiste ? La mosquée d’Ecquevilly avait contesté sa fermeture lundi 5 décembre devant le Conseil d’Etat . Celui-ci l’a confirmé mardi, estimant que la fermeture ne porte pas « une atteinte grave » à la liberté de culte, puisque trois autres espaces religieux sont à disposition des fidèles à « moins de cinq kilomètres ». Le juge des référés estime également que l’existence des prêches de l’imam appelant à « des comportements violents, sectaires ou illégaux » est établie.

Le lieu de culte, accusé par les autorités d’appeler « à la discrimination et à la haine, voire à la violence contre les femmes, les juifs et les chrétiens », avait fermé ses portes après une décision du préfet des Yvelines le 2 novembre dernier. L’interdiction court jusqu’à la fin de l’état d’urgence.

En cause, non pas des liens directs avec les filières djihadistes, mais la teneur des discours de son populaire imam, Youssef Abou Anas. La mosquée est « un lieu de référence influent de la mouvance salafiste prônant un islam rigoriste », a fait valoir la préfecture. Le religieux est notamment accusé d’avoir légitimé dans un prêche les attentats du 13-Novembre. La menace terroriste, souligne l’arrêté, implique « des individus de plus en plus jeunes dont le trait commun est de fréquenter assidûment des mosquées salafistes », rappelait-il. Ecquevilly, 4000 habitants, se situe à proximité des Mureaux, dont certaines cités sont minées par des affaires d’islamisme radical.

La justice confirme la fermeture de la mosquée de Stains (AFP)

Le tribunal administratif de Montreuil a rejeté mardi le recours des responsables d’une mosquée de Stains (Seine-Saint-Denis), qui contestaient la fermeture début novembre et jusqu’à la fin de l’état d’urgence de ce lieu de culte soupçonné de promouvoir l’islamisme radical.

Argent libyen: Takieddine mis en examen, Guéant et Sarkozy menacés (Mediapart)

Ziad Takieddine, qui avait révélé à Mediapart avoir livré à Nicolas Sarkozy et Claude Guéant trois valises d’argent libyen en 2006 et 2007, pour un montant total de 5 millions d’euros, a été mis en examen, mercredi 7 décembre, pour « complicité de corruption », « trafic d’influence » et « détournement de fonds » par le juge Serge Tournaire.

L’ONU demande à la France de favoriser l’autodétermination de la Polynésie (1ère)

Dans une résolution adoptée le 6 décembre à l’ONU, l’Organisation demande à la France de « favoriser la mise en place rapide d’un processus d’autodétermination« , estimant que la population de Polynésie doit elle-même se prononcer sur son statut.

La Résolution XV, sur la Polynésie française a été adoptée sans vote. L’ONU, « consciente des importantes retombées sanitaires et environnementales des essais nucléaires pratiqués dans le territoire par la Puissance administrante pendant 30 ans et des inquiétudes que suscitent dans le territoire les conséquences de ces activités sur la vie et la santé des populations » considère donc que la population de la Polynésie doit déterminer librement son futur statut politique.

L’Assemblée générale de l’Onu recommande également à la France  d' »intensifier son dialogue avec la Polynésie afin de favoriser la mise en place d’un processus d’autodétermination équitable et effectif« . Une sentence qui sonne comme une première victoire pour les indépendantistes polynésiens. Une délégation s’était rendue à New York début octobre pour plaider la cause devant l’Organisation lors d’une commission. Oscar Temaru en tête, ils avaient insisté sur l’urgence à décoloniser le pays, rappelant les conséquences sanitaires des essais nucléaires sur le territoire et les perspectives de développement liées à l’extraction des terres rares dans l’océan Pacifique. Face à eux, l’autonomiste Edouard Fritch, qui avait  répondu en assurant que les conséquences sanitaires des essais étaient assumées par l’Etat et qu’en tant que pays membre du forum du Pacifique, la Polynésie bénéficiait de suffisamment d’autonomie dans ses relations avec les différents Etats de la région.


Union Européenne

Brexit : les députés britanniques votent le calendrier du gouvernement (AFP)

Victoire symbolique pour Theresa May. Les députés britanniques se sont prononcés ce mercredi soir en faveur du calendrier de la première ministre pour déclencher le divorce avec l’Union européenne. Au total, 448 députés sur 650 ont voté pour et 75 contre la motion. Ce texte, rédigé par l’opposition travailliste puis amendé par le gouvernement, prévoit que Theresa May accepte de dévoiler ses intentions quant au Brexit. Une seule condition: que le Parlement appelle «le gouvernement à invoquer d’ici le 31 mars 2017 l’article 50» du traité de Lisbonne, préalable au lancement de la procédure de divorce avec l’UE.

Mais le quotidien Daily Telegraph a rappelé que le vote des députés «ne déclenche pas l’article 50. C’est seulement un engagement à le faire avant fin mars». Il a aussi souligné que si la Cour suprême l’oblige à consulter le Parlement, les députés auront l’opportunité de bloquer le déclenchement de cet article. La plus haute juridiction du pays s’est en effet penchée pour le troisième jour consécutif sur le rôle du Parlement britannique dans le lancement des négociations de sortie de l’UE.

Michel Barnier veut accélérer la procédure du Brexit (Euractiv)

Le négociateur en chef du Brexit par l’UE a indiqué que la clôture des négociations en octobre 2018 donnerait au Conseil, au Parlement européen et au parlement britannique cinq mois pour ratifier l’accord. Le Royaume-Uni serait donc hors de l’UE en mars 2019, deux ans après l’activation de l’article 50.

Ce calendrier ne sera cependant appliqué que si la Première ministre britannique respecte son engagement de déclencher l’article 50 d’ici fin mars 2017. Le traité de Lisbonne prévoit en effet deux ans entre l’activation de l’article, qui informe officiellement l’UE de la volonté d’un pays de quitter le bloc, et sa sortie effective.

« Nous aurons peu de temps après la notification officielle », a souligné Michel Barnier. « Il est clair que la période réelle de négociations sera de moins de deux ans.  Nous aurons moins de 18 mois pour discuter. Les négociations doivent être clôturées en octobre 2018, juste avant les élections européennes. »

L’ancien commissaire français avait été  nommé ambassadeur de l’UE dans les négociations il y a deux mois, non sans remous : certains commissaires s’était plaint de n’avoir pas été consulté. Le fonctionnaire s’est déplacé dans 18 pays européens dans le cadre de son tour de l’UE, pour consulter les gouvernements régionaux.

Ancien des Commissions Prodi et Barroso, il dirige à présent une « petite équipe » de 30 spécialistes qui passent au crible le droit européen pour identifier les domaines qui doivent être négociés avec Londres. Il est également en contact avec le Conseil, le Parlement, la Banque européenne d’investissement, la Banque centrale européenne et la Cour de justice européenne.

Eurogroupe : les ministres des Finances s’accordent sur un allègement de la dette grecque (Toute l’Europe)

Réunis à Bruxelles le 5 décembre, les ministres des Finances de la zone euro sont parvenus à un accord sur un allègement de la dette grecque.

Cet Eurogroupe marque une étape dans la gestion de la dette grecque. Les ministres des Finances se sont en effet entendus sur un allègement de cette dernière. Les mesures actées restent néanmoins limitées. Elles portent principalement sur des garanties du Mécanisme européen de stabilité (MES), principal détenteur des créances de la Grèce, l’objectif étant de contenir l’augmentation des taux d’intérêt de la dette hellène. « Même si le chiffrage est presque impossible à effectuer, le fardeau grec s’en trouverait allégé de plusieurs milliards d’euros« , rapporte Le Monde.

Le FMI souhaite un allègement bien plus conséquent de la dette grecque, explique le journal. Berlin s’y oppose toutefois farouchement et refuse d’évoquer une restructuration plus profonde de la dette avant la fin du troisième plan d’aide à la Grèce en 2018 « et surtout après les élections fédérales allemandes de 2017. Les Allemands n’ont aucune envie que cette question s’invite dans leur campagne électorale« , souligne Le Monde.

C’est donc une demi-victoire pour la Grèce, d’autant que les Grecs ont plaidé pour un allègement avec des mesures « à plus long terme, plus efficaces » [L’Express avec l’AFP]. Les ministres des Finances ne sont également pas parvenus à trouver un accord avec la Grèce quant aux réformes exigées en contrepartie du plan d’aide, rapporte l’hebdomadaire.

Pour le journaliste Romaric Godin dans La Tribune, les mesures d’allègement de la dette grecque décidées à Bruxelles sont insuffisantes. Ce dernier estime que la politique d’austérité et de réformes imposées à la Grèce se base sur un postulat erroné, à savoir rendre la Grèce à nouveau compétitive pour relancer l’investissement et ainsi la croissance. « Une vision que l’histoire et la réalité du système financier, recherchant la ‘liquidité’ et le rendement rapide, rendent peu crédible ». A défaut de réduire la dette du pays, les créanciers devraient encourager l’investissement européen en Grèce. « Or, le plan Juncker est très discret voire inexistant dans ce pays« , note-t-il.

Grèce : grève générale contre de nouvelles mesures d’austérité (AFP)

Fonctionnaires, marins, employés de banque, la Grèce observait jeudi une grève générale de 24 heures pour protester contre un nouveau train de mesures d’austérité qui doit être adopté ce week-end par le Parlement à la demande des créanciers du pays.

Les principaux syndicats du public et du privé ont appelé à cette grève générale, la première depuis le printemps, en guise de protestation contre les nouvelles mesures visant à réduire les salaires et augmenter les taxes.

Les créanciers internationaux du pays – les pays membres de l’UE et le Fonds monétaire international – souhaitent que la Grèce révise son droit du travail afin de réduire le champ des grèves tout en facilitant les licenciements.

Le projet de loi budgétaire pour 2017, qui comprend 1,07 milliard d’euros d’impôts nouveaux, doit être voté par les députés dans la nuit de samedi à dimanche. Les nouvelles taxes frappent tous azimuts: voitures particulières, services de téléphone, de télé payante, carburant, tabac, café et bière par exemple. Les dépenses publiques doivent parallèlement diminuer de 5,7 milliards d’euros. Les syndicats critiquent également la perspective des nouvelles privatisations prévues pour l’an prochain, et censées rapporter 2 milliards d’euros dont 1,2 liés à la vente des aéroports régionaux.

L’UE se demande où sont passées les aides à l’Ukraine (Euractiv)

L’UE a versé des milliards d’euros d’aide à l’Ukraine, principalement pour un appui budgétaire. La Cour des comptes européenne est toutefois incapable de dire comment cet argent a été utilisé.

Szabolcs Fazakas, responsable d’un rapport de la Cour des comptes européenne (CCE) sur l’aide à Ukraine, a indiqué que l’organe de contrôle n’avait pas eu l’occasion d’analyser les dépenses. Son rapport s’est penché sur l’impact – limité – des aides européennes.

Le représentant de la CCE a assuré que l’« urgence de sauver l’Ukraine » avait fait passer les vérifications scrupuleuses des dépenses au second plan. Quand de l’argent est versé dans le cadre d’un soutien budgétaire, « nous pouvons seulement vérifier que le transfert a bien eu lieu », a-t-il expliqué.

La Russie avait promis un renflouement de 11 milliards d’euros à Viktor Ianoukovich, une offre largement interprétée comme une récompense du rejet de l’accord d’association avec l’UE. Le Premier ministre, Mykola Azarov, a ensuite demandé 20 milliards d’euros d’aide en contrepartie de l’annulation de la décision pro-russe et de la signature de l’accord. Président et premier ministre ont cependant été renversés en février 2014, lors de la révolution ukrainienne.

L’exécutif européen a été « assez généreux » pour répondre aux besoins de l’Ukraine en 2014 et lui apporter un appui budgétaire, la façon la plus rapide de sauver ses finances, estime Szabolcs Fazakas.  Cette forme d’aide ne permet cependant pas d’exercer un contrôle sur la manière dont l’argent est dépensé et dont les programmes financés sont mis en place.

Le rapport indique cependant que « l’aide de l’UE à l’Ukraine a eu un impact limité et, malgré le nouvel élan donné depuis aux réformes, les résultats obtenus à ce jour restent fragiles » et que « les risques posés par les anciens et les nouveaux oligarques demeurent élevés ». Sur la plus grande partie de la période examinée, « l’instabilité du contexte politique, législatif et administratif a limité l’efficacité de l’aide », souligne également l’analyse de la CCE.

Italie : un « non » pour dire « basta » à l’Europe (La Tribune)

La victoire du « non » au référendum italien est sans appel. Près de 60 % des électeurs qui se sont exprimés ont rejeté la réforme constitutionnelle de Matteo Renzi. C’est bien davantage que ce que prédisaient les sondages : le rejet est franc et massif. Et ce rejet touche au cœur de la logique de la zone euro. Evidemment, on peut, comme à chacun des référendums où l’Europe était au centre des débats et où elle a perdu, trouver des voix de contournement pour pouvoir « continuer comme avant »

Mais on peut aussi prendre au sérieux la décision nette du peuple italien. Ce « non » pourrait bien être un « non » à la réforme constitutionnelle elle-même. D’abord pour ce qu’elle contenait, ensuite pour ce qu’elle incarnait sciemment. Ce qu’elle contenait d’abord. La réduction du Sénat italien au rang d’une chambre secondaire « à la française » accompagnée d’une loi électorale (« l’italicum ») permettant de dégager des majorités à la chambre, a été perçu par les Italiens comme un déni de démocratie.

Surtout, chacun savait pourquoi cette réforme était essentielle, pourquoi elle était en réalité « la mère de toutes les réformes ». C’est parce qu’elle était réclamée par les marchés et les autorités européennes. Voici des années que le Sénat est l’élément sur lequel les analystes et les économistes de marché se focalisent : ce serait lui qui empêcherait la « formation d’un gouvernement stable » en Italie.

Autriche : Alexander Van der Bellen élu président (RFI)

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Monde – Géopolitique

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Libye : la reprise de Syrte est loin d’avoir réduit la menace jihadiste

Au terme de l’opération « Bouniyan el-Marsous » (Mur solide), appuyée par des frappes américaines, l’État islamique (EI ou Daesh) a donc été chassé de Syrte et a ainsi perdu la dernière agglomération importante qu’il contrôlait en Libye.

Pour rappel, la Libye a deux gouvernements (si pas trois…). Outre celui dirigé par M. al-Sarraj, il faut en effet compter sur celui soutenu par le Parlement de Tobrouk, qui s’appuie sur « l’Armée nationale libyenne » (ANL), commandée par le général Khalifa Haftar, qui conduit des opérations anti-jihadistes dans la région de Benghazi.

Quoi qu’il en soit, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour débarrasser la Libye de la menace extrémiste. Ce 7 décembre, des groupes armés liés à la « Brigade de défense Benghazi », celle qui affirma, en juillet, avoir abattu un hélicoptère de l’ANL, à bord duquel se trouvaient trois militaires francais du Service Action de la DGSE, se sont emparés de la ville de Ben Jawad, lors d’une offensive visant le croissant pétrolier libyen.

Mali : les détenus de la prison de Niono s’évadent après une attaque d’un groupe jihadiste (RFI)

Au Mali, la prison de Niono, située dans la région de Ségou (centre) a été la cible d’une attaque. Des assaillants ont pris d’assaut le bâtiment. Ils ont blessé deux gardes avant d’ouvrir les portes permettant à pkusieurs dizaines de détenus de s’évader.

Certains sont arrivés à la prison en tenue militaire, d’autres en boubou et ils ont pris d’assaut le bâtiment en criant « Allah Akbar ». Ils étaient apparemment venus spéficiquement pour libérer un ou deux détenus. Les assaillants en ont profité pour ouvrir les portes et faire s’évader les prisonniers. Enrivon 90 ont pu s’échapper, selon un représentant du ministère de la Défense. Après leur fuite, un petit groupe a toutefois regagné la prison, de gré ou de force.

Une opération qui pose encore la question de la sécurisation des prisons et du territoire malien. Le député Belco Bah estime que le secteur de Niono est très vaste et très difficile à surveiller. L’élu local juge les moyens militaires insuffisants face à des attaques de type guérilla. Il dit par exemple qu’entre Niono et la Mauritanie, situées à plus de 100 km de distance, on peut faire le déplacement sans traverser un seul village.

Jeune Afrique :

Selon les déclarations de la police malienne à l’AFP, les assaillants sont des hommes d’Amadou Koufa, prédicateur radical peul ayant fondé un mouvement armé allié au groupe djihadiste Ansar Eddine.

La Russie accusée par la CIA d’avoir tenté d’aider Trump à remporter la présidentielle (AFP)

La Russie a interféré dans la présidentielle américaine, estime la CIA dans une évaluation secrète dont le Washington Post s’est fait l’écho après que Barack Obama a ordonné un rapport sur les piratages informatiques menés pendant la campagne.

Pour les autorités américaines en place, la question n’est plus de savoir si la Russie a interféré dans la campagne présidentielle, mais jusqu’à quelle point. Dans une évaluation secrète que s’est procurée le Washington Post, la CIA estime que des personnes liées à Moscou ont fourni au site WikiLeaks des emails piratés provenant des comptes de l’ancien directeur de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, John Podesta, et du parti démocrate, entre autres. Vendredi déjà, le président américain Barack Obama a ordonné «un examen complet sur ce qui s’est passé lors du processus électoral 2016», selon sa conseillère à la sécurité intérieure Lisa Monaco.

Revue de presse (66)

France

91% des électeurs n’ont pas participé à la « primaire » de la droite et du centre

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François Fillon réorganise le parti Les Republicains : le nouvel organigramme (Idé)

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Vigipirate évolue et intègre un nouveau niveau d’alerte « urgence attentat » (Le Figaro)

Le nouveau plan Vigipirate prévoit la création d’un système à trois niveaux de menace: «vigilance», «sécurité renforcée/risque d’attentat» et «urgence attentat», le plus élevé.

Le premier niveau correspond à une posture permanente de sécurité impliquant la mise en place d’un socle de cent mesures (sur les plus de 300 que compte le «catalogue» de Vigipirate). Le deuxième niveau correspond à une menace terroriste élevée, voire très élevée, comme c’est le cas actuellement. Des mesures additionnelles (216 au total, certaines confidentielles) peuvent être activées. Concrètement, il ne s’agira plus, à ce deuxième stade, de se contenter de mesures de prévention, comme le port de badges ou la vérification des pièces d’identité, mais aussi d’organiser des patrouilles, des filtrages et des fouilles. Le troisième niveau, inédit, «urgence attentat», est adopté, de façon ponctuelle – limitée à l’activation d’une cellule de crise -, immédiatement après un attentat ou face à l’imminence d’une action terroriste. Il peut être comparé au dispositif «alerte enlèvement» et comporte des mesures exceptionnelles, par exemple la fermeture des routes, du métro, l’arrêt des déplacements scolaires…

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Modèle des frères Kouachi, Boubaker El Hakim aurait été tué en Syrie (Paris Match)

Boubaker El Hakim, figure de la “filière des Buttes Chaumont” et proche des frères Kouachi aurait été tué le 26 novembre dernier à Raqqa, « capitale » de l’Etat Islamique.

Il avait appelé “tous [ses] potes” du XIXe arrondissement de Paris à le rejoindre pour faire le djihad. “Tous ceux qui veulent tuer l’islam, on va les tuer”, promettait Boubaker El Hakim, avant de traiter ses ennemis de “bouffons”. Fer de lance de la “filière des Buttes Chaumont”, il a été la figure héroïque, l’inspirateur de plusieurs de ses “potes”, dont deux frères tristement connus. Chérif et Saïd Kouachi, les tueurs de Charlie Hebdo. De son “nom de guerre” Abou Mouqatel, Boubaker El Hakim aurait été tué le 26 novembre dernier à Raqqa, « capitale » de l’Etat Islamique.

L’information, qui n’a pas été confirmée par les autorités françaises, a été diffusée par « Raqqa is being Slaughtered Silently » (RBSS – Raqqa est massacré en silence), organisation d’activistes pro-démocratie en Syrie et l’une des sources les plus fiables sur la ville. Selon son site Raqqa-sl.com, le Franco-Tunisien âgé de 33 ans aurait été tué dans une attaque de drone, non loin du stade de la ville, qui sert de centre de détention à Daech. Boubaker El Hakim avait été placé sur la liste noire des djihadistes du Conseil de Sécurité de l’ONU l’an dernier, signe qu’il était une cible prioritaire dans la lutte contre Daech.

Attentat déjoué : enquête sur le Marocain Hicham El-Hanafi, le routard de Daech (JDD)

Si plusieurs kamikazes du 13 novembre à Paris s’étaient glissés dans le flux des migrants à l’été 2015 pour gagner l’Europe, l’un des auteurs du projet d’attentat prévu le 1er décembre s’est, lui, fait passer pour un réfugié politique. Hicham El-Hanafi, 26 ans, natif de Fès au Maroc, a mis pied sur le continent européen à l’automne 2013. Le début d’une longue pérégrination jusqu’à sa mise en examen vendredi avec les quatre membres de la cellule de Strasbourg pour un projet d’attentat déjoué cette semaine par les policiers de la DGSI.


Union Européenne

Le vote du Parlement européen sur le CETA renvoyé à début 2017 (AFP)

Le vote du Parlement européen sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), nécessaire pour permettre son application provisoire, aura lieu début 2017 et pas en décembre comme envisagé, a-t-on appris hier de sources européennes.

Le vote est désormais programmé soit en janvier, soit plus probablement en février, « un retard dû à la demande de trois commissions parlementaires d’établir des avis » sur ce texte de 1 600 pages, a expliqué Jaume Duch Guillot, porte-parole du Parlement européen. Les commissions concernées gagnent ainsi quelques semaines pour rédiger ces avis qui seront, selon M. Duch Guillot, « adoptés assez rapidement. »

Grande-Bretagne : nouvelle action en justice susceptible de freiner le Brexit (AFP)

« Nous avons besoin de clarté juridique« , a indiqué le cercle de réflexion « British Influence » qui réclame que le Parlement soit consulté sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Espace économique européen (EEE). Réunissant les 28 Etats membres de l’UE ainsi que la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein, l’EEE est une extension du marché unique dont il reprend les principes fondamentaux de libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes.

La position du gouvernement est claire. « Puisque le Royaume-Uni est co-signataire du traité de l’EEE en sa seule qualité de pays membre de l’UE, nous allons automatiquement cesser de faire partie de l’EEE lorsque nous aurons quitté l’UE« , a répété un porte-parole de Downing Street lundi. Pour Jonathan Lis, vice-président de « British Influence« , en revanche, « il y a une forte chance que le Royaume-Uni soit dans l’illégalité en nous sortant de l’Espace économique européen avec le Brexit« .

Selon lui, Londres doit d’abord révoquer l’article 127 du traité de l’EEE (qui précise les modalités d’une sortie de l’EEE), ce qui demanderait l’aval des députés du Parlement britannique. Le député conservateur pro-Brexit Dominic Raab a aussitôt dénoncé « ces avocats qui n’arrêtent pas d’inventer de nouvelles combines pour essayer de s’opposer à la volonté du peuple » britannique qui a voté à 52% pour sortir de l’UE.

Le gouvernement doit déjà composer avec la décision de la Haute Cour de Londres accordant aux députés un droit de vote sur le déclenchement de l’article 50 du Traité de Lisbonne qui lance la procédure de divorce avec l’UE. L’exécutif a fait appel de cette décision devant la Cour Suprême qui doit se pencher sur la question début décembre et rendre son verdict en janvier.

Paul Nuttall succède à Nigel Farage à la tête de l’UKIP (AFP)

Paul Nuttall, qui vient d’être élu lundi 28 novembre président de la troisième formation politique du Royaume-Uni avec une large avance (62,6 % des voix), loin devant Evans (19,3 %) et l’ancien soldat Rees-Evans (18,1 %).

L’ancien adjoint au crâne chauve devient à 40 ans le troisième patron de l’Ukip en trois mois après la démission express en septembre de Diane James qui avait contraint l’ancien leader charismatique Nigel Farage à revenir pour un bref intérim.

Andrew Parmley, nouveau Lord-mayor de la City de Londres (AFP)

Depuis plus de 800 ans, le Lord-maire de la City de Londres règne sur ce territoire d’un peu moins de trois kilomètres carrés, coeur historique et économique de la capitale britannique Le Lord-mayor est élu chaque année par les 25 échevins de la City, eux-mêmes désignés pour six ans, à raison d’un par quartier de la City (ou Ward).

Comme ses prédécesseurs depuis la Grande Charte du Roi Jean de 1215, Andrew Parmley, 60 ans, 689ème Lord-maire de la City, a dû se rendre le deuxième samedi de novembre devant les Cours de Justice Royales, à la frontière entre le quartier de Westminster et la City, pour prononcer son serment devant des représentants de la Reine.

Son travail, pendant un an, va être de promouvoir les services financiers de la City et du reste du Royaume-Uni, dans le pays -et en particulier auprès du gouvernement et des parlementaires- et à travers le monde. Pendant sa mandature, il devra prononcer pas moins de 800 discours, visiter 30 pays et recevoir les figures de la finance dans sa résidence officielle de la Mansion House.

Le Lord-maire et son conseil ont également autorité sur la police, les écoles, les marchés, la voirie, le port et les ponts de la City. A la tête d’un immense patrimoine immobilier et culturel, quatrième sponsor culturel du pays derrière la BBC notamment, il gère aussi de nombreux espaces verts hors de la City, comme l’immense parc de Hampstead Heath dans le nord de la ville.


Monde – Géopolitique

Génocide au Rwanda : Kigali saisit la justice française dans une enquête visant 20 militaires français (Jeune Afrique)

Le procureur général du Rwanda vient de saisir la justice française d’une demande d’entraide judiciaire dans le cadre d’une enquête criminelle pour complicité de génocide visant vingt officiers de l’arme française.

« En l’absence de convention d’entraide judiciaire en matière pénale entre la France et le Rwanda, la présente demande est formulée sur base de la courtoisie internationale et de l’offre de réciprocité des magistrats requérants », ajoute le procureur général rwandais. Une allusion aux commissions rogatoires internationales effectuées au Rwanda, au cours des dernières années, par des magistrats français, en particulier ceux du pôle génocide et crimes contre l’humanité du TGI de Paris.

À deux exceptions près, la liste des officiers incriminés correspond à celle rendue publique le 31 octobre par la Commission nationale de lutte contre le génocide (CNLG), elle-même inspirée de la liste divulguée en 2008 par la Commission Mucyo. Officiellement « chargée de rassembler les éléments de preuve montrant l’implication de l’État français dans la préparation et l’exécution du génocide perpétré au Rwanda en 1994 », cette commission d’enquête rwandaise avait en effet mis en cause, au terme de ses travaux, treize personnalités politiques et vingt personnalités militaires françaises.

Depuis la réouverture récente de l’enquête instruite à Paris sur l’attentat du 6 avril 1994, qui avait entraîné la mort de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, les plus hautes autorités rwandaises ont fait savoir leur mécontentement face à une démarche qualifiée de « dilatoire ». Instruite à l’origine par le juge Jean-Louis Bruguière, cette instruction controversée, qui s’est longtemps focalisée exclusivement sur une responsabilité du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame dans l’attentat, est, selon Kigali, guidée par des « considérations politiques » héritées du contentieux ancien entre les deux pays.

Plateau du Golan : raid israélien après une attaque liée à l’EI (Euronews)

L’aviation israélienne a mené un raid la nuit dernière dans la nuit de dimanche à lundi sur le plateau du Golan syrien. La cible : un bâtiment qui a servi de base à une attaque menée la veille par un groupe de jihadistes, la Brigade des martyrs de Yarmouk, lié à l’organisation Etat islamique.

Israël, qui occupe le plateau du Golan syrien depuis 1967, reste à l‘écart du conflit qui fait rage chez son voisin. Mais le territoire est régulièrement atteint par des projectiles venus de Syrie, souvent considérés comme des tirs perdus, auxquels l’Etat hébreu a répondu à plusieurs reprises. Des opérations sont menées ponctuellement contre le Hezbollah libanais, engagé aux côtés du régime de Damas.

Russie : l’émir » de l’EI dans le nord du Caucase a été tué, affirme le FSB (AFP)

Le service fédéral de sécurité (FSB) russe a affirmé, dimanche 4 décembre, avoir tué l’« émir » du groupe Etat islamique (EI) dans le nord du Caucase au cours d’une opération dans la république du Daghestan. « Parmi les bandits neutralisés, ont été identifiés le chef de la branche de l’Etat islamique pour la région, Roustam Asildarov, et quatre de ses proches collaborateurs », a déclaré le FSB dans un communiqué.

Agé de 35 ans, Roustam Asildarov également appelé cheikh Abou Mohammad Al-Qadari, avait été nommé en juin 2015 à la tête d’un « émirat » proclamé par l’organisation djihadiste dans le Caucase, où les insurgés islamistes locaux venaient de grossir les rangs de l’EI. Il était auparavant « émir » du groupe au Daghestan.

Les Suisses votent contre une sortie accélérée du nucléaire (AFP)

Les Suisses ont dit non. Les électeurs se sont prononcés dimanche contre une sortie accélérée du nucléaire, qui prévoyait la fermeture de 3 des 5 réacteurs de ce pays dès l’an prochain.

«L’initiative de retrait nucléaire», défendue par les Verts et soutenue par les partis de gauche, proposait de limiter à 45 ans la durée de vie d’un réacteur. Elle a été rejetée par 54,23% des voix contre 45,77% et par 20 cantons sur 26.La participation n’a été que de 44,8%, car l’enjeu ne portait pas sur l’avenir du nucléaire en Suisse, mais uniquement sur un calendrier de fermeture des cinq réacteurs qui produisent environ un tiers de l’électricité du pays.

Les autorités helvétiques ont en effet décidé il y a 5 ans déjà de sortir du nucléaire, dans la foulée de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, provoquée en mars 2011 par un tsunami meurtrier. Elles n’ont toutefois pas fourni de calendrier précis, se contentant de promettre de fermer les réacteurs au fur et à mesure qu’ils approchent de leur fin de vie.

Pétrole : l’OPEP entérine une baisse de production de 1,2 million de barils par jour (AFP)

L’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole a entériné, mercredi à l’occasion du 171ème sommet de l’organisation à Vienne, la baisse de production convenue à Alger fin septembre qui doit permettre de soutenir les cours du pétrole, divisés par deux depuis la mi-2014.

La baisse de production passerait à un niveau de 32,5 millions de barils par jour — la fourchette basse des 32,5 à 33 millions de barils évoqués à Alger —, contre 33,47 en août selon l’Agence internationale de l’Énergie (AIE). Cette réduction de la production, la plus grosse depuis 2008, devrait permettre aux pays producteurs de soutenir le cours de l’or noir, en nette baisse à cause d’une offre excédentaire depuis des mois. Cet objectif est censé entrer en vigueur au 1er janvier 2017.

Dans le détail, selon Reuters, l’Arabie Saoudite aurait accepté réduire sa production de 500 000 barils par jour, à 10,06 millions de barils, l’Iran de geler sa production à 3,797 millions de barils. Une autre coupe — de 600 000 barils par jour — des pays non-membres de l’Opep, comme la Russie, était également espérée.

Revue de presse (65)

France

Ce que révèle l’enquête sur le démantèlement de la cellule de Strasbourg (Le Monde)

Lors d’une conférence de presse, organisée vendredi 25 novembre, le procureur de la République de Paris, François Molins, est revenu sur ce dossier, alors que l’ensemble des gardes à vue des sept hommes interpellés en début de semaine entre Strasbourg et Marseille, ont été levées ou sont arrivées au terme du maximum légal autorisé.

A la suite de ces auditions, cinq hommes ont été mis en examen et écroués vendredi soir. Deux autres ont été relâchés mardi, a confirmé le procureur.

Alors que les premiers éléments de l’enquête tendaient à prouver que tous ces hommes ne se connaissaient pas, les saisies informatiques et cellulaires ont permis de montrer qu’ils étaient en contact très étroits depuis longtemps, en réseau fermé, sur une messagerie cryptée et une ligne téléphonique « dédiée ».

Les hommes interpellés à Strasbourg étaient par ailleurs tous des amis d’enfance. En revanche, ils n’avaient pas de « contacts direct » avec l’un des individus interpellé à Marseille, Hicham E., 26 ans. Ce Marocain, signalé au Portugal, son pays de résidence, pour radicalisation, a tenté au moins une fois de se rendre à la frontière turco-syrienne.

Le point commun entre ce dernier et les hommes de Strasbourg, était un commanditaire installé dans la zone irako-syrienne. Un homme dont l’une des kunyas ou « nom de code » est « Abu Ali », selon nos informations, un francophone qui aurait pu être présent aussi en Turquie.

Peu de temps avant leur arrestation, les deux returnees, Hicham M. et Yassin B., s’étaient vu transmettre les coordonnées GPS, par une application cryptée, d’une planque située dans la forêt de Montmorency, dans le Val-d’Oise. Une planque où ils auraient pu récupérer plusieurs kalachnikovs et des munitions.

Alors qu’un temps cette planque avait été évoquée comme un « piège » tendu par la DGSI, dans le cadre d’un travail d’infiltration mené en collaboration avec le service interministériel d’assistance technique (SIAT) – le service qui gère les agents infiltrés –, François Molins ne s’est pas exprimé sur cette méthode de travail.

Particularité du dossier, Hicham M. et Yassin B. n’avaient pas été repérés par les services de renseignements lors de leur aller-retour en Turquie. Ils sont partis ensemble mais par un itinéraire inhabituel. Ils auraient ainsi d’abord pris l’avion pour l’île de Chypre puis seraient entrés en Turquie par voie maritime, via le port de Mersin, alors que beaucoup d’aspirants au djihad ont longtemps utilisé l’avion directement pour Istanbul ou choisi la route. Sont-ils passés côté syrien ? L’enquête devra le déterminer. Leur aller-retour n’aurait en tout cas duré que quelques jours.

Les quatre Strasbourgeois ont presque tous largement dépassé la trentaine et sont originaires des quartiers populaires de la ville, notamment du Neuhof. Hicham M., 37 ans, est manutentionnaire et vivait chez ses parents, Yassin B. est agent périscolaire, Sami. B, 26 ans, franco-tunisien, travaille dans une épicerie et est père de trois enfants. Le quatrième, Zacharia M., 35 ans, est franco-marocain. Seuls deux d’entre eux ont un casier judiciaire, Sami B. et Hicham M., avec respectivement sept et six condamnations à leur actif.

La cible précise du projet d’attentat reste encore à déterminer. Il n’est pas certain qu’elle ait été très précise au moment des interpellations. Seule la date du passage à l’acte du commando de Strasbourg était relativement établie : le 1er décembre.

Pour le reste, il s’agit plutôt de déductions à partir du bornage téléphonique, et de la consultation des sites Internet et des recherches Google repérées dans les ordinateurs et les téléphone saisis : y figuraient notamment des lieux de culte, le siège de la DGSI ou le 36, quai des Orfèvres. Des adresses dans le 20arrondissement de Paris et des cibles militaires ont aussi été un moment envisagées, ainsi que des ordres donnés pour une action sur les Champs-Elysées.

Peu de temps avant leur arrestation, les deux returnees, Hicham M. et Yassin B., s’étaient vu transmettre les coordonnées GPS, par une application cryptée, d’une planque située dans la forêt de Montmorency, dans le Val-d’Oise. Une planque où ils auraient pu récupérer plusieurs kalachnikovs et des munitions.

Alors qu’un temps cette planque avait été évoquée comme un « piège » tendu par la DGSI, dans le cadre d’un travail d’infiltration mené en collaboration avec le service interministériel d’assistance technique (SIAT) – le service qui gère les agents infiltrés –, François Molins ne s’est pas exprimé sur cette méthode de travail.

Particularité du dossier, Hicham M. et Yassin B. n’avaient pas été repérés par les services de renseignements lors de leur aller-retour en Turquie. Ils sont partis ensemble mais par un itinéraire inhabituel. Ils auraient ainsi d’abord pris l’avion pour l’île de Chypre puis seraient entrés en Turquie par voie maritime, via le port de Mersin, alors que beaucoup d’aspirants au djihad ont longtemps utilisé l’avion directement pour Istanbul ou choisi la route. Sont-ils passés côté syrien ? L’enquête devra le déterminer. Leur aller-retour n’aurait en tout cas duré que quelques jours.

Le démantèlement dans la nuit du 19 au 20 novembre de la cellule terroriste présumée fait suite à des investigations qui ont débuté en février et avaient conduit à une première série de cinq arrestations en juin, quelques jours après le début de l’Euro de football et au lendemain de l’assassinat d’un policier et de sa compagne à Magnanville (Yvelines).

A l’époque, on avait seulement pu établir que les individus visés réalisaient de nombreux prêts à la consommation suspects et qu’ils étaient en lien avec un commanditaire installé en Syrie. Ces cinq hommes étaient originaires de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et de Paris. Trois ont été relâchés sans poursuites, mais deux d’entre eux ont été mis en examen et placés en détention provisoire : un homme de 38 ans originaire de Moselle, et un autre de 40 ans, un Franco-Malien né à Paris.

Des investigations sont encore en cours, les dossiers sont encore séparés sur le plan judiciaire, mais cette première vague correspondrait au volet « financier » du projet d’attentat finalement « déjoué » ce week-end.

Washington soupçonne un Franco-Marocain d’avoir planifié les attentats de Paris (Le Figaro)

Abdelilah Himich, ancien militaire devenu membre de l’État islamique, aurait rejoint la Syrie depuis Lunel, dans l’Hérault. Il aurait dirigé un bataillon comptant dans ses rangs jusqu’à 300 hommes. Les États-Unis l’ont inscrit sur leur liste noire de «terroristes internationaux».Les États-Unis ont inscrit mardi sur leur liste noire de «terroristes internationaux» un Franco-Marocain, ancien de la Légion étrangère, qu’ils soupçonnent d’avoir planifié les attentats de Paris et de Bruxelles même s’il n’apparaît pas dans l’enquête française sur le 13 novembre 2015. Abdelilah Himich, surnommé «Abdel le légionnaire» ou «Abu Sulayman al-Faransi», est né en novembre 1989 au Maroc, a grandi à Lunel, commune près de Montpellier dans le sud de la France, ville marquée à partir de 2013 par le départ vers la Syrie d’une vingtaine de jeunes.En outre, le centre français d’analyse du terrorisme (CAT) et une source proche du dossier en France rapportent que Abdelilah Himich «a fait son service militaire dans la Légion étrangère française pendant deux ans, période durant laquelle il a servi en Afghanistan». Son parcours dans l’armée, à partir de 2008, expliquerait son «ascension rapide au sein de l’État islamique», estime le CAT. Mais les autorités américaines vont plus loin et évoquent son rôle présumé dans les attaques de Paris et de Saint-Denis le 13 novembre 2015 (130 morts) et dans celles de Bruxelles le 22 mars dernier (32 morts) revendiquées par le groupe djihadiste.

Himich «a, selon des informations, été impliqué dans la planification des attentats», affirme un communiqué du département d’État, sans toutefois fournir davantage de détails sur la participation précise du Franco-Marocain aux attaques terroristes en Europe. D’autant que, à ce stade, il n’y a pas d’éléments sur Himich dans l’enquête judiciaire conduite par des juges antiterroristes à Paris sur les attentats du 13 novembre 2015.

Son nom apparaît en revanche dans l’enquête ouverte en novembre 2013 sur les départs des jeunes djihadistes de Lunel. «Himich a eu un rôle assez important au sein de cette filière, surtout sur place en Syrie, où il aurait été à la tête du groupe des jeunes de Lunel», a expliqué la source proche du dossier en France. Dans le cadre de cette enquête sur la filière de Lunel, Himich fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Parallèlement au dossier Himich, le département d’État et le Trésor ont aussi inscrit sur cette même liste de «terroristes internationaux» Abdullah Ahmed al-Meshedani, un Irakien membre de l’EI chargé de l’accueil de «combattants terroristes étrangers» et de «l’acheminement de candidats aux attentats suicide», et Basil Hassan, accusé d’avoir tiré en février 2013 sur le polémiste danois critique de l’islam, Lars Hedegaard.

Hollande et le secret défense : une enquête ouverte pour « compromission de la défense nationale » (France info)

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « compromission de la défense nationale », lundi 21 novembre, après la publication par Le Monde d’un document classifié sur des frappes françaises en Syrie, selon les informations de Libération confirmées par une source judiciaire à franceinfo.

Ce document, obtenu par les auteurs du livre Un président ne devrait pas dire ça ! a été partiellement reproduit, le 24 août, dans un article du Monde. Il détaille l’un des raids prévus par la France en Syrie en 2013, dans le cadre de sa participation à la coalition internationale. Les horaires des frappes, le nombre et le type de missiles : tout est précisé.

Les journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet racontent avoir obtenu une copie du document estampillé « confidentiel défense » après l’avoir vu, en 2013, sur le bureau de François Hollande, pendant une interview. Ils ne précisent pas comment ils ont mis la main sur le document, ni quel rôle François Hollande a pu jouer.

« Il y a tous les éléments d’une affaire d’Etat », avait estimé le député des Républicains Eric Ciotti, après la publication de l’article du Monde. L’élu a saisi, le 7 novembre, le procureur de Paris, François Molins, « qui a donc jugé recevable cette requête », selon Libération.

Un pacte de corruption se dessine derrière les valises libyennes de Takieddine (Mediapart)

Mediapart publie quatre documents qui prouvent que Nicolas Sarkozy et ses proches se sont employés, entre 2005 et 2009, à sauver la mise judiciaire au dignitaire libyen Abdallah Senoussi dans l’affaire de l’attentat du DC10 d’UTA. Senoussi est aujourd’hui soupçonné d’avoir fait remettre 5 millions d’euros en cash à Sarkozy et Guéant, par l’intermédiaire de Ziad Takieddine, avant la présidentielle de 2007.

Migrants de Calais : une prime exceptionnelle de 2.500 euros pour inciter au retour dans leur pays (France 3)

Le gouvernement a temporairement décidé « de porter à 2.500 euros le montant maximum d’aide au retour » pour les étrangers (hors Union européenne ou pays dispensé de visas) acceptant de rentrer volontairement dans leur pays, a indiqué Didier Leschi, le directeur général de l’Ofii (Office français d’immigration et d’intégration).

Cela représente une augmentation conséquente du dispositif en vigueur, puisque l’allocation de base de 650 euros, qui avait déjà été augmentée une première fois de 350 euros en octobre, est désormais majorée de 1.850 euros, précise un arrêté du ministère de l’Intérieur daté de début novembre. Il s’agit toutefois d’une action ponctuelle, concernant uniquement le demandes faites « avant le 31 décembre », selon le texte.

Dans le sillage du démantèlement du bidonville calaisien, l’idée est d’« augmenter significativement le nombre de départs volontaires aidés », a précisé M. Leschi, notamment pour les quelque 7.000 migrants évacués de la « Jungle » et logés en Centres d’accueil et d’orientation (CAO). Les candidats au retour pourront en outre, selon les pays, bénéficier d’une aide de l’Ofii à leur arrivée (à la réinsertion sociale, par l’emploi et par la création d’entreprise) et ce « jusqu’à un montant de 10.000 euros ». « Selon les pays, cela peut les aider à monter une petite entreprise », a assuré M. Leschi, en précisant que la réinsertion se faisait sur place avec l’accompagnement d’un opérateur « pendant 12 mois ».


Union Européenne

Le Parlement européen n’enverra pas le CETA devant la justice (Euractiv)

Le Parlement européen a largement rejeté une motion initiée par 89 eurodéputés réclamant l’avis de la Cour de justice européenne sur la légalité du CETA. Une demande qui aurait retardé l’entrée en vigueur de l’accord commercial.

La proposition introduite par 89 eurodéputés a été rejetée par 419 eurodéputés le 23 novembre lors d’un vote à Strasbourg, contre 258 pour et 22 abstentions. La commission commerce du Parlement européen devra à présent s’exprimer sur l’accord le 5 décembre et espère un vote en séance plénière avant Noël.

Le meurtrier de la députée britannique Jo Cox condamné à la prison à vie (AFP)

Il a décidé de ne pas s’exprimer pour sa défense. Accusé d’avoir assassiné de trois coups de feu et quinze coups de couteau le 16 juin la députée travailliste Jo Cox, Thomas Mair a finalement été reconnu coupable ce mercredi. L’attaque s’était déroulée en pleine rue alors que la victime, âgée de 41 ans, se rendait à une permanence auprès de ses administrés, dans sa circonscription du Yorkshire, une semaine avant le référendum sur le Brexit.

Thomas Mair, qui avait plaidé non coupable, a été condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération anticipée. Une «peine très rare», selon un porte-parole du parquet de LondresLe procureur Richard Whittam avait conclu son exposition des faits mardi devant un jury populaire. Il s’était attaché à démontrer les circonstances d’«un meurtre préparé et prémédité pour des raisons politiques et/ou idéologiques». Quelques minutes après l’attaque, commise en plein jour dans le bourg de Birstall, Mair était interpellé par une patrouille de policiers, un gros sac à la main. «C’est moi», leur aurait-il dit en se laissant arrêter. «Je suis un militant politique», aurait-il ajouté. Des propos rapportés à la barre par les agents Craig Nicholls et Jonathan Wright, contestés par l’avocat du prévenu.

Dans le sac, figurait le fusil .22 long rifle à canon scié utilisé pour le meurtre, 24 balles, un poignard et un petit couteau. Y fut trouvé aussi un prospectus de la campagne du référendum sur le Brexit. Plusieurs témoins ont entendu Mair crier «Britain first» (la Grande-Bretagne d’abord), «Keep Britain independent» (maintenez l’indépendance de la Grande-Bretagne) durant l’attaque.

Lors de sa première comparution devant un juge, il avait lancé: «Mon nom est mort aux traitres, liberté pour la Grande-Bretagne». Refusant de coopérer avec la police, il n’est depuis plus sorti de son mutisme, à part pour confirmer par un simple «oui» son identité le premier jour du procès.

La veille du meurtre, ce jardinier sans emploi fixe s’était tranquillement rendu à la bibliothèque de Birstall, devant laquelle il allait tuer la députée. Sur un ordinateur, il a fait des recherches sur Jo Cox et consulté une page d’un site Internet intitulée «est-ce qu’un tir de .22 long rifle dans la tête suffit à tuer un humain?» Il s’est renseigné sur les horaires de la permanence de l’élue le lendemain dans cette même bibliothèque municipale. Il a également passé des heures à consulter des sites évoquant les Waffen SS, le Ku Klux Klan et d’autres organisations suprémacistes blanches.

Chez celui que des voisins ont décrit comme un solitaire sans histoires, résident du village de Birstall, la police a trouvé de la littérature néo-nazie, des livres sur la sélection des races, l’holocauste, l’armée allemande, les théories de la conspiration, et un article sur le terroriste d’extrême droite norvégien Anders Breivik. Sur une étagère au-dessus de son lit, trônait la sculpture d’un aigle du IIIe Reich ornée d’une croix gammée.

Turquie : Erdogan menace d’ouvrir les frontières aux migrants vers l’Europe (AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé ce vendredi d’ouvrir les frontières pour laisser passer les migrants voulant se rendre en Europe, au lendemain d’un vote du Parlement européen demandant le gel des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE.

« Ecoutez-moi bien. Si vous allez plus loin, ces frontières s’ouvriront, mettez-vous ça dans la tête », a-t-il déclaré lors d’un discours à Istanbul. Ankara et Bruxelles ont conclu en mars dernier un pacte qui a permis d’endiguer le flux de réfugiés vers les îles grecques.


Monde – Géopolitique

Qui est derrière la frappe contre une cellule jihadiste dans le sud de la Libye ? (Libération)

Sept personnes ont été tuées dans le Sud de la Libye, le 14 novembre, dans un bombardement aérien. Paris nie en être à l’origine. Pourtant, des Rafale français semblent impliqués.

D’où est venue la bombe qui s’est abattue sur Al Qarda al-Shati, à 70 km au nord de Sebha, dans la nuit du 14 au 15 novembre ? Lâchée depuis le ciel, elle a détruit deux habitations dans cette petite ville du Sud libyen. Sept personnes ont été tuées. Qui était visé, et qui a tiré ? L’aviation américaine, qui aide les forces alliées du gouvernement à Syrte, contre l’Etat islamique, a démenti avoir mené cette opération. L’armée française, dont les forces spéciales prêtent main-forte au général Haftar à Benghazi, dans l’est du pays, a également nié être à l’origine de la frappe. Pourtant, plusieurs indices pointent bien vers Paris, selon deux sources au fait des questions militaires.

Ce soir-là, un avion ravitailleur C-135 FR a été repéré à proximité des côtes libyennes par un spécialiste des questions de défense aérienne, Babak Taghvaee, qui travaille régulièrement pour des magazines britanniques. L’avion volait en cercle et est descendu à une altitude (24000 pieds) qui suggère qu’il était en train de ravitailler d’autres aéronefs. Deux voix de pilotes français auraient par ailleurs été captées par les grandes oreilles qui écoutaient le ciel libyen cette nuit-là. Pour le journaliste spécialisé, contacté par Libération, «cela ne peut pas être une coïncidence». «Quand les photos des maisons détruites ont été publiées sur Facebook, j’ai analysé les dégâts. La frappe était précise et parfaite, les dommages étaient bien plus puissants que ce peut faire un drone, poursuit-il. C’était le travail d’avions Rafale.»

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Tunis reconnaît la présence de drones américains à la frontière libyenne (RFI)

Officiellement, « 70 soldats américains » sont actuellement en train de former des militaires Tunisiens, mais aussi « de commander des drones ». Des précisions fournies par Béji Caïd Essebsi, le président de la République, qui vient donc confirmer une rumeur qui circulait depuis des mois. Des drones du renseignement américain qui décollent du sol tunisien ? « Un secret de polichinelle ! », s’amusent certains diplomates.

Pourtant, les autorités tunisiennes s’échinaient à démentir l’information du Washington Post, parue fin octobre. Selon ce journal américain, les Etats-Unis avaient « secrètement étendu leur réseau mondial de bases de drones à l’Afrique du Nord », dont la Tunisie, « pour mener des missions espionnes en Libye voisine ».

Avec ces révélations, Béji Caïd Essebsi risque donc de relancer la polémique autour de la « souveraineté nationale ». Mais le président reste prudent : il ne précise pas de quelles bases militaires décollent ces drones américains. Des drones, qui, à la demande des autorités tunisiennes, ne sont pas armés. Mais selon le président, cette mesure est nécessaire pour « éviter des infiltrations et des attaques de jihadistes ».

Irak : L’Etat islamique revendique l’attentat antichiite qui a fait 70 morts (AFP)

L’organisation jihadiste Etat islamique a revendiqué l’attentat au camion piégé contre des pèlerins chiites qui a fait au moins 70 morts en Irak jeudi, selon le centre américain de surveillance des sites jihadistes SITE.

Dans un communiqué cité par SITE, l’organisation extrémiste sunnite affirme qu’un kamikaze « a fait exploser son véhicule au coeur du groupe (de pèlerins), faisant plus de 200 morts et blessés, dont des Iraniens ».

La Turquie émet un mandat d’arrêt contre le leader kurde syrien Salih Muslim (AFP)

La Turquie a émis mardi un mandat d’arrêt contre le leader kurde syrien Saleh Muslim, dont les forces combattent le groupe Etat islamique avec l’appui des Etats-Unis, a rapporté l’agence progouvernementale Anadolu.La justice turque a demandé l’arrestation de 48 personnes au total, en lien avec un attentat commis à Ankara en février dernier, dont les leaders du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes turcs), une organisation classée «terroriste» par la Turquie.Saleh Muslim, coprésident du Parti de l’Union démocratique (PYD, kurdes Syriens), et trois hauts dirigeants du PKK, Cemil Bayik, Murat Karayilan et Fehman Hüseyin, sont notamment visés par ces mandats d’arrêt.Les mandats d’arrêt ont été délivrés en lien avec un attentat à la voiture piégée contre un convoi de l’armée qui avait fait une trentaine de morts le 17 février à Ankara. L’attaque a été revendiquée par un groupe dissident du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK). Cependant, le gouvernement turc a affirmé que l’attentat avait été planifié conjointement par le PKK et les YPG. Le chef du PYD, Saleh Muslim, et un des responsables du PKK, Cemil Bayik, ont nié ces accusations.

Vers un déploiement permanent de missiles Iskander dans l’enclave russe de Kaliningrad ? (Zone militaire)

Le bouclier anti-missile de l’Otan justifie, aux yeux de Viktor Ozerov, le président de la commission de Défense de la chambre haute du Parlement russe, le déploiement de système de défense aérienne S-400 et de missiles balistiques Iskander à Kaliningrad.

Selon lui, il s’agit de la « réponse contrainte » de la Russie à l’installation, en Europe de l’est, de la défense antimissile de l’Otan, largement dépendante des moyens américains.

« Comme mesures de riposte à ces menaces, nous aurons à déployer des forces supplémentaires. Ce renforcement comprend le déploiement de système S-400 et de missiles Iskander à Kaliningrad », a en effet déclaré, le 21 novembre, M. Ozerov, dont les propos ont été rapportés par l’agence officielle Ria.

Le président Vladimir Poutine a quant à lui justifié ce renforcement de la présence militaire russe à Kaliningrad par les mesures de « réassurance » de l’Otan prises en faveur des pays baltes et de la Pologne. « Pourquoi réagissons-nous avec autant d’émotion à l’expansion de l’Otan? (Parce que) nous sommes inquiets par les prises de décision de l’Otan », a-t-il affirmé.

Moscou accuse Kiev de l’enlèvement de deux soldats en Crimée (RFI)

Les services de sécurité ukrainiens ont diffusé une vidéo dans laquelle un homme, le visage manifestement tuméfié, indique avoir signé un contrat avec l’armée russe après 2014, et reconnaît avoir trahi son serment de fidélité à l’Ukraine. C’est l’un des deux soldats enlevés à la frontière entre l’Ukraine et la Crimée par les services de sécurité ukrainiens. Sur une autre vidéo, on voit les deux hommes à la frontière, en train de téléphoner au milieu des véhicules, quand d’autres hommes se précipitent sur eux pour les saisir.

D’après l’agence russe Tass, les deux hommes sont des contractuels de l’armée russe, qui avaient contacté des Ukrainiens, pour acheter des diplômes leur permettant d’obtenir une meilleure situation au sein de l’armée russe. Mais les deux contractuels ont été piégés. L’Ukraine les accuse de désertion et de haute trahison.

Le ministère russe de la Défense ainsi que celui des Affaires étrangères considèrent qu’il s’agit d’une provocation des services spéciaux ukrainiens à l’encontre de citoyens russes, et exige leur retour immédiat en Russie. Interrogé sur la possibilité d’un échange avec des Ukrainiens détenus en Russie, le porte-parole du Kremlin a déclaré que ce n’était pas à l’ordre du jour. Mais cette action ressemble bien à une réponse des autorités ukrainiennes aux arrestations effectuées en Crimée ces derniers mois par les autorités russes.

Revue de presse (64)

France

Meurtre d’Aurélie Châtelain : arrestation de 4 complices présumés de Sid Ahmed Ghlam (FR3)

Ces quatre hommes, âgés de 30 à 39 ans, arrêtés par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Eragny et Osny (Val-d’Oise), Les Mureaux et Sartrouville (Yvelines), sont « soupçonnés d’avoir apporté à des degrés divers un soutien logistique » à Sid Ahmed Ghlam, selon des sources proches de l’enquête confirmant une information de LCI. Ce dernier avait été arrêté en avril 2015. L’attentat piloté depuis la Syrie par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) avait échoué, mais il avait toutefois fait une victime, une professeure de fitness originaire de Caudry (Nord), Aurélie Châtelain, retrouvée morte dans sa voiture.

Abdelnasser Benyoucef, le veteran du jihad qui a inspiré Sid Ahmed Ghlam (Le Parisien)

L’enquête sur Sid Ahmed Ghlam a permis de mettre un nom sur son commanditaire. Un Algérien passé par la France, formé en Afghanistan et devenu un cadre de l’EI.

Dans ses interrogatoires, Sid Ahmed Ghlam l’appelle « Abou Moutana ». C’est cet homme, rencontré à deux reprises sur zone en octobre 2014 et février 2015, qui l’aurait incité à commettre un attentat et suggéré de s’en prendre à une église. Selon les services de renseignement, se cache derrière ce surnom une de leurs vieilles connaissances, Abdelnasser Benyoucef. L’implication présumée de ce vieux routier du djihad prouve une nouvelle fois que l’EI a su recycler dans ses rangs toutes les strates du terrorisme islamiste de ces dernières années.

Notre-Dame-des-Landes : la justice autorise les travaux

Contre toute attente, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté toutes les requêtes déposées par les opposants. Le rapporteur public avait pourtant demandé aux juges l’annulation de ces textes nécessaires au démarrage des travaux de construction du nouvel aéroport. Les opposants ont annoncé un recours devant le Conseil d’État.

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Union Européenne

Budgets des Etats membres : la Commission européenne fait preuve de souplesse et s’éloigne de la rigueur budgétaire (Toute l’Europe)

Le verdict de la Commission européenne concernant les budgets nationaux est tombé : aucune sanction dans son appréciation annuelle des budgets des Etats membres pour l’année 2017 n’a été annoncée. Pourtant, plusieurs Etats européens étaient dans le viseur de Bruxelles, dont l’Espagne et le Portugal, encore menacés quelques semaines auparavant d’un gel des fonds structurels de l’Union européenne. La Commission européenne entend même tolérer un dépassement de 0,5% des 3% de déficit public par rapport au PIB autorisés par le Pacte de stabilité et de croissance en cas de dépenses exceptionnelles et appelle les pays en bonne santé budgétaire à investir davantage pour relancer la croissance. Un infléchissement par rapport à la politique de rigueur budgétaire préconisée jusqu’à maintenant.

Trois pays étaient particulièrement concernés par le risque de sanctions budgétaires de la part de Bruxelles : l’Espagne, le Portugal et l’Italie. « L’an passé, Madrid a enregistré un déficit public de 5,1 % du PIB, bien au-dessus des 4,2 % attendus par Bruxelles. Et Lisbonne a affiché 4,4 % de déficit, au lieu des 2,7 % prévus. Théoriquement, les deux capitales encouraient des amendes pouvant aller jusqu’à 0,2 % de leur PIB« , explique Le Monde.

L’Italie a, quant à elle, « envoyé un projet de budget avec un déficit public à 2,3 % du PIB italien alors que la recommandation de Bruxelles était de 1,8 % du PIB pour 2017. Mais les arguments du Premier ministre – l’Italie a fait face à des tremblements de terre destructeurs et va accueillir encore plus de 150 000 migrants cette année – ont porté« , rapporte le quotidien. « Un argument accepté par la Commission mais qui ne suffit pas à expliquer ce dérapage« , estime le média européen Euronews.

La Commission européenne a néanmoins pointé « un risque de non-conformité » avec les règles européennes pour ces trois pays, de même que pour la Belgique, la Finlande, la Slovénie, Chypre et la Lituanie, les enjoignant à poursuivre leurs efforts en matière budgétaire [Le Figaro avec l’AFP].

Au sujet de la France, le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici « a une nouvelle fois appelé à ne pas laisser filer les déficits publics en 2018« . « Je ne voudrais pas qu’on balaye les efforts fournis par les Français« , a-t-il déclaré, appelant « les candidats à l’élection présidentielle » à prendre « leurs responsabilités« , rapporte L’Express.

La Commission européenne se penche sur l’ingérence catalane en France (Actualité Espagnole)

La diplomatie française a signifié auprès de l’Espagne son mécontentement en raison de l’irrédentisme catalan dans les Pyrénées-Orientales. Mais l’affaire ne s’arrête pas là : suite à une initiative menée par plusieurs députés européens espagnols (dont certains appartiennent au parti Citoyens et à l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe), la Commission européenne a ouvert un dossier sur cette affaire.

Concrètement, l’organisme va enquêter sur l’infraction aux normes européennes que représente cette ingérence des séparatistes catalans dans un pays étranger et formulera le cas échéant des reproches à Madrid pour son inaction ou ses réponses trop faibles à ce défi indépendantiste.

Bulgarie: le candidat pro-russe Roumen Radev remporte la présidentielle (RFI)

Roumen Radev, candidat de l’opposition socialiste jugé proche de Moscou, a remporté dimanche le deuxième tour de l’élection présidentielle en Bulgarie, avec près de 60% des voix. Désavoué, le Premier ministre Boïko Borissov, dont le gouvernement n’a pas de majorité parlementaire, a annoncé sa démission.

Malgré une formation suivie aux Etats-Unis, Radev est considéré comme un candidat pro-russe, après avoir appelé à la levée des sanctions européennes contre la Russie. Lui-même se veut « pragmatique » vis-à-vis de Moscou et parle des relations entre les deux pays surtout dans la sphère économique.

En Moldavie, le candidat prorusse remporte l’élection présidentielle (Le Monde)

La victoire annoncée d’Igor Dodon, candidat ouvertement prorusse à l’élection présidentielle moldave, a bien eu lieu. Dimanche soir 13 novembre, les premiers résultats donnaient au dirigeant du Parti des socialistes moldaves un score de 56,5 %, contre 43,5 % à sa rivale pro-européenne, Maia Sandu. Celle-ci a pu espérer un miracle avec une participation en forte hausse chez les jeunes, mais elle n’améliore que peu son résultat de 38 % obtenu lors du premier tour le 30 octobre. M. Dodon, lui, avait rassemblé 47 % des suffrages.

Ancien ministre de l’économie et du commerce qui a commencé sa carrière en soutenant le rapprochement de la Moldavie avec l’Union européenne, M. Dodon, 41 ans, entend convoquer « rapidement » un référendum consultatif sur « l’orientation géopolitique » de la Moldavie, qui pourrait menacer l’accord d’association signé entre Bruxelles et Chisinau à la fin de 2013. Cet homme à poigne, président de la fédération nationale d’échecs, voit en Vladimir Poutine un modèle, veut « ramener l’ordre » dans son pays et y défendre les « valeurs traditionnelles », expliquait-il au Monde avant le premier tour, depuis son quartier général de campagne tapissé de clichés le montrant en compagnie du président russe ou du patriarche orthodoxe de Moscou.

Devant l’importance de l’enjeu, plusieurs candidats proeuropéens s’étaient retirés de la course avant même le premier tour, laissant le champ libre à Maia Sandu, figure de la contestation antigouvernementale de 2015 et ancienne ministre de l’éducation formée à Harvard et passée par la Banque mondiale.

La désillusion est d’autant plus forte qu’au fil des ans, l’ancienne république soviétique de Moldavie s’était imposée comme le « meilleur élève » du partenariat oriental, et un modèle régional. Le pays a aussi largement bénéficié des fonds européens, Bruxelles lui octroyant plus de 800 millions d’euros pour la seule période 2010-2015. Cela n’a pas empêché le soutien de l’opinion à l’Union européenne, supérieur à 70 % il y a quelques années, de devenir minoritaire.

Mais l’explication principale du désamour est ailleurs. Elle tient à la faillite des partis politiques proeuropéens, au pouvoir depuis 2009. L’épisode le plus saillant de cette faillite fut la découverte, à la fin de 2014, de la disparition des caisses de trois banques du pays de 1 milliard d’euros, soit 15 % du PIB, qui vont durablement plomber le budget national. Le « casse du siècle » a profondément choqué un pays où 40 % de la population vit avec moins de 5 dollars par jour.

Plus généralement, le champ politique « pro-européen » a été monopolisé par des oligarques corrompus qui ont profité de leur accès au pouvoir pour faire main basse sur de larges pans de l’économie nationale et prendre le contrôle des institutions de l’Etat, en premier lieu la justice. L’un d’eux, Vladimir Plahotniuc, dont le Parti démocrate dirige les différentes coalitions gouvernementales depuis 2009, a focalisé l’essentiel des attaques durant la campagne présidentielle, jusqu’à son vrai-faux ralliement à MmeSandu.


Monde – Géopolitique

Les hommes du président Trump

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D’anciens auxiliaires afghans des forces françaises saisissent la justice pour obtenir des visas (Zone militaire)

Le 22 novembre, le tribunal administratif de Nantes, seul compétent en matière de contentieux relatifs au refus d’accorder un visa d’entrée sur le territoire français, rendra une décision très attendue par 31 anciens auxiliaires afghans (ou « personnels civils à recrutement local » ou PCRL) des forces françaises entre 2002 et 2012.

Au cours de cette période – et même après puisque la France a continué à faire fonctionner l’hôpital et l’aéroport de Kaboul jusqu’en décembre 2014 -, environ 700 civils afghans ont été employés par les troupes françaises en tant qu’interprètes, commis de cuisine ou encore magasiniers.

Kurdistan irakien : Human Rights Watch dénonce la démolition de maisons d’Arabes dans les zones reprises à l’EI (France-Irak)

Les attaques menées par les Peshmerga risquent d’avoir de graves conséquences lors de la bataille de Mossoul – (Erbil) – Les forces de sécurité du Gouvernement régional du Kurdistan ont illégalement détruit en Irak de nombreux foyers arabes, parfois même des villages entiers, dans des régions reprises à l’État islamique, a indiqué Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.

La CPI veut enquêter sur les prisons secrètes de la CIA en Europe (Le Monde)

L’enquête à venir de la Cour pénale internationale (CPI) sur les crimes commis en Afghanistan devrait notamment porter sur les crimes commis par l’Agence centrale de renseignement (CIA) américaine dans les prisons secrètes installées en Pologne, en Roumanie et en Lituanie. Dans un document rendu public lundi 14 novembre et portant sur les dix examens préliminaires menés actuellement par ses services, dont l’un porte sur la guerre en Afghanistan, la procureure Fatou Bensouda indique qu’elle pourrait enquêter sur les crimes commis par la CIA dans les prisons secrètes en Europe où « des membres présumés d’Al-Qaida ou des talibans auraient été transférés » depuis l’Afghanistan.

Les investigations devraient s’orienter dans trois directions. Tout d’abord, les crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis par les talibans contre des partisans du gouvernement et des forces internationales, et contre des civils « hostiles au régime taliban et à leur idéologie », dont des femmes et des filles scolarisées. Ensuite, les crimes commis par les autorités afghanes, la police et les services de renseignements.

Enfin, et c’est la nouveauté de ce dernier rapport, Fatou Bensouda indique que des « membres de l’armée américaine et de la CIA ont eu recours à des méthodes constitutives de crimes de guerre de torture, traitements cruels, atteintes à la dignité de la personne et viol ».

L’existence de prisons secrètes avait été révélée en 2005. En juin 2007, enquêtant à la demande du Conseil de l’Europe, le sénateur suisse Dick Marty avait dénoncé « une toile d’araignée mondiale » de détentions et de transferts illégaux pratiqués par les Etats-Unis, en collusion avec plusieurs Etats européens. Depuis, ces Etats ont été sommés d’engager des poursuites, mais se sont souvent retranchés derrière le secret d’Etat. La Pologne, la Roumanie et la Lituanie sont toutes trois membres de la Cour, ce qui lui donne compétence pour enquêter sur les crimes de guerre commis sur leur territoire, même si les auteurs présumés sont des ressortissants des Etats-Unis, qui n’ont pas adhéré à la juridiction.

D’importantes caches d’armes découvertes dans le sud de la Tunisie (RFI)

Depuis ce weekend, les autorités tunisiennes annoncent avoir arrêté trois hommes après la découverte de trois importantes caches d’armes : les deux premières se situent dans de petites localités à proximité de la ville de Ben Guerdane, au sud du pays. La troisième, dans un quartier de Ben Guerdane. Une découverte significative pour les forces de l’ordre, qui insistent sur la quantité saisie d’armes de guerre et de munitions.

Des lance-roquettes, des missiles sol-air, des kalachnikov ou encore des mines antichar. Les forces spéciales ont mis à jour un véritable arsenal de guerre.

Trois caches d’armes ont été découvertes, dont certaines enfouies sous terre. Mais le ministère de l’Intérieur insiste surtout sur la dernière saisie : à l’intérieur d’un garage, en périphérie de Ben Guerdane, les agents ont récupéré au moins trente caisses de munitions, une cinquantaine de fusils, douze kilos d’explosifs et plus d’un millier de tasers.

Depuis 2012, les forces de l’ordre découvrent régulièrement des caches d’armes, mais rarement en d’aussi grandes quantités. Pour l’instant, les autorités ne précisent pas d’où proviennent ces armes, ni depuis quand elles ont pu être stockées là. Elles pourraient venir de la Libye voisine, où ce type d’armes de guerre circule en grande quantité.

Certains experts avancent la possibilité que ces caches existent en fait depuis plusieurs mois, préparées pour l’attaque ratée de Ben Guerdane. En mars dernier, un commando de plusieurs dizaines de combattants armés avait tenté de prendre le contrôle de cette ville, dont la proximité avec la Libye facilite l’acheminement des armes, mais aussi le mouvement des groupes jihadistes.

Attentat du Bardo : un jihadiste tunisien arrêté au Soudan (Huffington Post)

Un commandant du groupe Etat islamique (EI), qui avait été condamné en Italie pour activités terroristes, a été arrêté au Soudan, a annoncé lundi un sénateur italien, Giacomo Stucchi. M. Stucchi, qui préside le comité parlementaire chargé de superviser les services secrets italiens, a indiqué que ceux-ci avaient joué un rôle-clé pour retrouver ce jihadiste tunisien connu sous le nom de Abu Nassim – de son vrai nom Moez Fezzani – qui commandait jusqu’à récemment les combattants de l’EI basés près du port de Sabratha (nord-ouest de la Libye). Après avoir vécu une bonne partie de sa jeunesse en Italie, où il était arrivé en 1989, Nassim avait combattu en Afghanistan et en Syrie, avant de s’établir en Libye en 2014, selon les services de renseignement. La Tunisie avait émis un mandat d’arrêt contre lui en relation avec l’attentat contre le musée du Bardo, en mars 2015 à Tunis, dans lequel 21 touristes et un policier avaient été tués.

La Turquie nomme un ambassadeur en Israël et acte la normalisation des relations (RFI)

C’est un pas de plus vers la normalisation des relations entre Israël et la Turquie. Ankara a annoncé ce mercredi 16 novembre avoir nommé un nouvel ambassadeur dans le pays, avec qui les tensions étaient vives depuis six ans.

La brouille remonte à 2010. Une flottille humanitaire se dirige alors vers la bande de Gaza. L’une des embarcations, un bateau turc, est prise d’assaut par les forces spéciales israéliennes, tuant dix militants turcs à bord.

Les ambassadeurs des deux pays sont rappelés, d’un côté comme de l’autre. Et ce n’est qu’en juin dernier qu’Ankara et Jérusalem décident de régler ce différend, après des discussions secrètes dans plusieurs pays tiers, notamment les Etats-Unis, soucieux de voir la Turquie, son allié dans l’Otan, renouer de bonnes relations avec Israël.

Ces discussions ont abouti à un accord dans lequel Israël s’engage à verser 20 millions de dollars de compensation et à présenter ses excuses pour le raid meurtrier. Les autorités israéliennes ont également permis à l’aide turque de parvenir à Gaza via le port israélien d’Ashdod.

Le nouvel ambassadeur Kemal Okem est un proche du Premier ministre turc Binali Yildirim dont il est jusqu’à maintenant conseiller aux Affaires étrangères.

Mardi 15 novembre, c’est Israël qui avait annoncé la nomination d’un ambassadeur en Turquie. Il s’agit d’Eitan Naeh, jusque-là chef de mission adjoint à l’ambassade israélienne à Londres.

Le ministre de l’économie russe mis en examen pour corruption et démis de ses fonctions (Le Monde)

Le ministre de l’économie russe, Alexeï Oulioukaïev, a été démis de ses fonctions mardi 15 novembre, après sa mise en examen pour « extorsion de pots-de-vin » et son assignation assigné à résidence, a annoncé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Il a été arrêté dans la nuit de lundi à mardi au cours d’une opération menée par le Service fédéral de sécurité (FSB). Dans un communiqué, le principal organe d’investigation de la Fédération de Russie a expliqué qu’il s’agit de malversations à grande échelle. M. Oulioukaïev risque une peine de huit à quinze ans de prison.

D’après le comité d’enquête, le ministre, en poste depuis 2013, a reçu, lundi, 2 millions de dollars en échange de son approbation de l’acquisition par le géant pétrolier semi-public russe Rosneft du pétrolier Bachneft, intervenue en octobre. « M. Oulioukaïev a été pris la main dans le sac », a déclaré à l’agence de presse RIA Novosti Svetlana Petrenko, porte-parole de l’organe d’investigation : « Il s’agit d’une extorsion, accompagnée de menaces. »

L’Etat russe avait vendu, le 12 octobre, au groupe géant Rosneft, pour 5,2 milliards de dollars, le sixième producteur de pétrole du pays, Bachneft, installé dans la région du Bachkortostan, dans le sud de la Russie.

La Russie refuse la juridiction de la CPI (Russie politics)

Le 16 novembre, sur proposition du Ministère de la justice, avec l’accord de la Procuratura, du Ministère des affaires étrangères, de la Cour suprême et du Comité d’enquête, le Président russe a signé l’acte demandant au Ministère des affaires étrangères de signifier au Secrétaire général de l’ONU la décision de la Russie de ne pas être partie à la Cour Pénale Internationale.

Ces paroles interviennent après la publication le 14 novembre du rapport annuel de la CPI. Rapport dans lequel, en ce qui concerne l’Ukraine, elle occupe une position totalement partiale, que l’on peut sembler tirer non pas d’une enquête objective, mais d’une synthèse des articles du Monde. La Russie remet donc en cause et la politisation et l’efficacité de cet organe.

Le Statut de Rome, acte fondateur de la CPI, est le résultat de la Conférence de Rome du 17 juillet 1998. Le 13 septembre 2000, la Russie a signé ce traité, mais en raison du conflit en Tchétchénie, elle ne l’a pas alors ratifié. Elle attendait aussi que le terme d’agression soit juridiquement encadré, afin de comprendre l’étendue de ses obligations juridiques.

Vadim Troyan, ancien commandant du bataillon Azov, est nommé à la tête de la police ukrainienne

Khatia Dekanoidze, une réformiste géorgienne, a démissionné et a aussitôt été remplacée par Vadim Troyan, un proche du ministre de l’Intérieur.

Un an après son arrivée à la tête de la police ukrainienne, Khatia Dekanoidze, 39 ans, a démissionné lundi de son poste en dénonçant la corruption et le blocage des réformes qu’elle avait engagées.

En attendant la validation du cabinet des ministres, c’est son adjoint, Vadim Troyan, au profil extrême et inquiétant, qui va prendre la tête de la police, alors que cet ancien commandant du bataillon Azov a autrefois évolué dans la mouvance néonazie.

RD Congo : Joseph Kabila nomme Samy Badibanga au poste de Premier ministre dans le cadre de l’accord politique avec l’opposition (Jeune Afrique)

Quarante-huit heures après son discours sur l’état de la nation, Joseph Kabila a nommé ce jeudi Samy Badibanga au poste de Premier ministre. Ce dernier fait partie des opposants qui ont participé au dialogue politique à Kinshasa.

Sa nomination intervient deux jours après le discours sur l’état de la nation au cours duquel le président Joseph Kabila avait promis de désigner « incessamment » un Premier ministre. Soit 30 jours après la signature de l’accord politique du 18 octobre avec une frange de l’opposition.

En Inde, la démonétisation des billets provoque d’immenses files d’attente dans les banques (Reuters)

La décision du premier ministre indien Narendra Modi de retirer de la circulation les gros billets pour tenter d’enrayer l’évasion fiscale continue de provoquer des immenses files d’attente dans les banques.

Des millions d’Indiens se sont rendus samedi 12 novembre dans les établissements bancaires pour tenter d’échanger les billets de 500 et de 1 000 roupies (soit 6,50 euros et 13 euros), soudainement devenus inutilisables car démonétisés sur décision du gouvernement cette semaine, contre de petites coupures ou la nouvelle coupure de 2 000 roupies.

Le gouvernement a demandé mardi à la population de restituer les billets démonétisés d’ici au 30 décembre. M. Modi, qui entend s’en prendre à l’« argent noir » – terme qui concerne les transactions effectuées en dehors des circuits officiels et qui pourraient équivaloir à 20 % du produit intérieur brut – veut entre autres éliminer les billets de contrefaçon qu’utilisent, selon lui, des ennemis de l’Inde pour financer leurs actes de violence.

Les deux valeurs faciales retirées représentent plus de 80 % de la monnaie en circulation, et la période de transition laisse des millions de personnes sans argent liquide et menace de paralyser provisoirement une économie fortement dépendante des liquidités.

Colombie : le processus de paix relancé (AFP)

La guérilla des Farc et le gouvernement colombien ont signé un nouveau traité samedi à La Havane pour tenter de sauver la paix.

Le texte initial prévoyait que les Farc déposent les armes et deviennent un parti politique, mais le camp du « non » en Colombie, mené par l’ex-président Alvaro Uribe, prônait des sanctions plus sévères pour les ex-guérilleros.

Au total, selon Santos, 56 des 57 dispositions du premier accord ont été modifiées, mais aucun changement fondamental ne semble avoir été apporté à l’accord initial, selon les premiers éléments divulgués par le gouvernement. La participation politique des ex-guérilleros reste le seul volet inchangé. Il est maintenu que ces derniers ne recevront pas automatiquement de sièges au Congrès, mais ils pourront être candidats aux élections. Sur le thème polémique de la justice, le chef négociateur de la partie gouvernementale, Humberto de la Calle, a laissé entendre devant la presse que seraient conservées les dispositions prévoyant que les auteurs de crimes graves repentis évitent la prison.

Ivan Marquez, chef de la délégation des Farc qui a signé l’accord avec Humberto de la Calle, a assuré que ce traité « préservait la structure et l’esprit » du premier texte, mais que « le seul chemin que doit prendre le nouvel accord est son application ».

Les parties n’ont pas précisé si une consultation serait à nouveau organisée pour valider cet accord remanié et tourner enfin la page d’un conflit qui a fait officiellement 260 000 morts, près de 7 millions de déplacés et quelque 45 000 disparus.

Revue de presse (63)

France

Comment les terroristes des attentats de Paris et de Bruxelles se sont infiltrés en Europe (Le Monde)

L’enquête sur les attentats de Paris et de Bruxelles révèle chaque jour un peu plus comment cette cellule terroriste mise sur pied à Rakka, en Syrie, a su tirer profit de la crise migratoire pour se reconstituer au sein de l’espace Schengen. Sous de fausses identités, la plupart des kamikazes ont suivi la route des Balkans jusqu’en Hongrie, plate-forme de transit des réfugiés, avant de rejoindre Bruxelles, base opérationnelle des terroristes.

Dans une étude sur la fabrication de cette cellule, publiée jeudi 10 novembre par la revue américaine spécialisée Sentinel, le Centre d’analyse du terrorisme (CAT), dirigé par Jean-Charles Brisard, retrace très précisément le cheminement de ces terroristes à travers l’Europe. Une mine d’informations tirées de documents judiciaires et obtenues auprès de services de renseignement étrangers, que Le Monde a pu recouper.

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Oussama Atar, coordinateur présumé des attentats de Paris et Bruxelles (Le Monde)

« Abou Ahmad ». Ce nom de guerre plane depuis plusieurs mois sur les attentats de Paris en novembre 2015 et de Bruxelles en mars 2016. Derrière cette kunya (surnom musulman) se cache le seul donneur d’ordre établi en Syrie à avoir laissé des traces de son implication dans la vague d’attaques qui a endeuillé les deux capitales. Le seul que les enquêteurs pensent avoir identifié.

Selon les informations du Monde, les services de lutte antiterroriste belges sont parvenus à la conclusion que ce mystérieux donneur d’ordres s’appelle Oussama Ahmad Atar, un djihadiste belge de 32 ans. Son identité a récemment été recoupée par les enquêteurs français : Oussama Atar a été désigné comme étant Abou Ahmad, sur une planche comprenant plusieurs photographies, par l’un des terroristes qu’il avait envoyés en Europe.

Oussama Atar avait déjà été évoqué en août par la presse belge comme un possible « cerveau » des attentats de Bruxelles, sans que son rôle opérationnel soit détaillé. Un certain consensus existe aujourd’hui au sein de la communauté du renseignement sur son implication dans les attaques qui ont frappé les deux capitales.

Oussama Atar est suspecté d’avoir coordonné ces deux opérations depuis la Syrie : il a été désigné comme le recruteur des deux kamikazes irakiens ayant déclenché leurs ceintures piégées aux abords du Stade de France à Saint-Denis, le 13 novembre 2015, et est soupçonné d’être l’homme à qui les terroristes ont soumis leurs plans d’action avant de se faire exploser dans la capitale belge, le 22 mars 2016.

Oussama Atar clame son innocence dans une lettre adressée à sa mère (DH)

Accusé d’être le fameux Abou Ahmad , c’est-à-dire le présumé cerveau des attentats de Paris et de Bruxelles , Oussama Atar, 32 ans, a récemment écrit une lettre à sa maman dans laquelle il clame son innocence. Il la lui a fait parvenir par l’intermédiaire de l’une de ses sœurs avec qui il a repris contact sur Facebook et à qui il a demandé, non sans ironie, de prévenir également de l’envoi de sa lettre les enquêteurs “pour pas qu’ils fassent (d’elle) la terroriste la plus dangereuse d’Europe !”

Dans cette missive, dont La DH a pu se procurer copie, celui qui est actuellement présenté comme “l’un des hommes les plus recherchés de Belgique et même d’Europe” commence par s’enquérir de l’état de santé de sa “mère” , espérant la trouver “en très bonne santé malgré tout ce que ces criminels te font subir à toi et à la famille” . Avant de la rassurer à son sujet : “Je vais très bien. Mon fils se porte très bien et grandit vite” .

Puis, Oussama Atar embraye immédiatement sur “les mensonges et la diffamation qui a été menée ces derniers temps dans les médias à (son) encontre” . Pour assurer qu’on n’aurait strictement rien à craindre de lui, mot pour mot, comme suit : “Non, je ne suis pas le mentor ou le cerveau qui a mis en place les attaques de Bruxelles et je n’étais pas au courant de ce que Brahim et Khalid (El Bakraoui, qui sont ses cousins, NdlR) projetaient (qu’Allah leur fasse miséricorde) et ces chiens savent très bien que, depuis qu’ils m’ont poussé à m’enfuir de la Belgique, je n’ai plus jamais eu de contact avec eux. Non, je ne suis pas Oussama ben Laden, ni la main droite d’Abou Bakr Baghdadi (chef de l’État islamique, NdlR) , et ces chiens savent très bien qu’à aucun moment, je ne l’ai rencontré, ni en prison, ni ailleurs.”

Et d’ajouter : “Non, je ne suis pas en Europe et non, je ne pense pas y retourner, après qu’Allah, gloire à lui, m’a sauvé de ces criminels, et ces chiens savent très bien où je me trouve en ce moment, alors pourquoi, ces mensonges et ces guerres acharnées contre vous (sa famille) ? […] C’est pour essayer de me faire le plus mal à moi car ces chiens rageux n’arrivent pas à se remettre du fait que j’ai échappé à leur cellule qu’ils m’avaient préparée bien des années avant que je finisse ma peine en Irak, comme l’a si bien précisé le procureur le jour où je suis passé au palais.”

Ce qu’il faut comprendre entre ces quelques lignes, c’est qu’Oussama Atar prétend avoir pris la fuite après son retour en Belgique parce nos autorités judiciaires voulaient lui faire un nouveau procès pour son voyage en Irak, qui lui avait déjà valu d’être emprisonné de longues années là-bas. “Avant qu’il ne revienne, ils lui avaient donné la garantie qu’il ne serait pas poursuivi ici. Il était donc revenu et il avait même entrepris des démarches administratives pour ouvrir un commerce à Bruxelles. Mais c’était avant de comprendre qu’il risquait de se retrouver à nouveau en prison ici” , dit l’un de ses proches.

Mégafichier TES : les Français pourront refuser la prise de leurs empreintes digitales (AFP)

Le gouvernement lâche du lest. Les usagers qui ne souhaitent pas que leurs empreintes digitales figurent dans ce mégafichier controversé regroupant les données personnelles des Français pourront le refuser, ont annoncé jeudi 10 novembre les ministres Bernard Cazeneuve et Axelle Lemaire.

Axelle Lemaire, qui avait exprimé lundi de vives réserves sur ce mégafichier, évoquant un décret « pris en douce par le ministère de l’Intérieur » et un « dysfonctionnement majeur », s’est dite rassurée par ces « clarifications ». « Il n’y a pas de couac » au gouvernement qui « prend ses responsabilités face aux attentes des citoyens », a-t-elle affirmé.

Le gouvernement a, en outre, décidé que le dispositif ne serait déployé qu’après « avis conforme » de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes informatiques (Ansssi). Enfin, il « s’engage à fournir tous les éléments pertinents au Parlement » pour un « suivi en continu de ce traitement de données », et à « fournir le retour d’expérience » du test du fichier TES « actuellement lancé dans les Yvelines et prochainement en Bretagne »« J’ai reçu l’assurance » que cette « base de données » n’est pas destinée « à ficher les Français », a déclaré Axelle Lemaire.

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Migrants: le plus gros centre de transit européen ouvre à Paris (Le Figaro)

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Union Européenne

La France se plaint auprès de l’Espagne du séparatisme catalan (Actualité Espagnole)

L’ingérence systématique de Barcelone de ce côté-ci de la frontière (notamment via le financement de manifestations politiques et culturelles) a fini par provoquer le malaise de la Chancellerie française. Notre ministère des Affaires étrangères a en effet envoyé une « note verbale » (c’est-à-dire un document écrit) ce 2 novembre au palais Sainte-Croix (le « quai d’Orsay espagnol ») afin de protester contre la résolution votée le 6 octobre par le Parlement régional catalan.

Cette résolution reconnaît en effet le « droit à l’autodétermination » des Pyrénées-Orientales, ce qui ouvre la porte à une hypothétique reconfiguration générale des États en Europe occidentale et constitue une violation du principe de souveraineté des nations. Cet épisode diplomatique rappelle par ailleurs que Paris ne reconnaît pas Raül Romeva (considéré par les autorités indépendantistes comme le « ministre catalan des Affaires étrangères ») comme interlocuteur valide…

CETA : un référendum se profile aux Pays-Bas (AFP)

Samedi, des «groupes citoyens» néerlandais ont affirmé avoir recueilli près de 200.000 signatures sur les 300.000 nécessaires pour forcer le gouvernement à organiser un référendum sur le traité. Un nouveau revers qui laisse présager d’autres difficultés lors du processus de ratification auprès des parlements nationaux.

«On veut dire clairement aux politiques que ces accords devraient être discutés plus ouvertement et radicalement modifiés», a expliqué Niesco Dubbelboer, du mouvement néerlandais Meer Democratie-Plus de démocratie. Ce mouvement est allié au groupe néerlandais de défense de l’environnement Milieudefensie, et à d’autres ONG.

Les signataires de cette pétition anti-Ceta affirment ne pas être eurosceptiques: «Je suis pro-UE, affirme Niesco Dubbelboer, mais je crois que l’Europe devrait être plus démocratique.» En avril, un référendum consultatif de ce type avait rejeté un accord entre l’Europe et l’Ukraine alors que les 27  l’avaient ratifié.

Grèce : Alexis Tsipras affiche son obéissance totale aux créanciers (La Tribune)

Le premier ministre grec a remanié son gouvernement en excluant les quelques récalcitrants et revu son objectif de restructuration de la dette à la baisse. Son objectif semble désormais celui d’accepter rapidement les demandes des créanciers pour obtenir une victoire de façade sur le terrain de la dette. Et remonter dans les sondages.

Tous les ministres qui avaient émis des doutes sur la politique de privatisation, notamment, ont été écartés. Alexis Tsipras a ainsi exclu du gouvernement le ministre de la mer, Theodoros Dritsas, qui avait émis des réserves sur la privatisation du port du Pirée… tout en la signant. Mais c’est surtout le transfert au ministère de l’Intérieur, dont se désintéressent les créanciers, de Panos Skourletis, jusqu’ici ministre de l’Energie, qui est significatif du changement de stratégie du gouvernement.

Panos Skourletis avait fait part de son opposition à la privatisation complète de la compagnie publique d’énergie réclamée par les créanciers. Il est remplacé par Giorgos Stathakis, jusqu’ici ministre de l’Economie et qui est un partisan connu des « réformes ». C’est lui qui, en juillet 2015, avait plaidé auprès d’Alexis Tsipras pour que la Grèce accepte un nouveau mémorandum. Giorgos Stathakis sera lui-même remplacé par Dimitris Papadimitriou, un économiste qui a travaillé dans de nombreuses universités aux Etats-Unis, et qui a un profil tout à fait rassurant pour les bailleurs de fonds.

Le transfert du ministre du travail, Giorgos Katrougalos, qui avait bâti une réforme des retraites que les créanciers avaient du mal à accepter, au poste symbolique de vice-ministre des Affaires étrangères, va dans le même sens. Sa remplaçante, Effie Achtioglou, jusqu’ici sa vice-ministre, est réputée pour entretenir d’excellentes relations avec les autorités européennes.

L’objectif de ce nouvel exécutif a été rapidement fixé par Alexis Tsipras lors de la première réunion de ce nouveau cabinet. Il s’agit d’achever avant le 5 décembre, date de la dernière réunion prévue en 2016 de l’Eurogroupe, les 93 « actions préliminaires » demandées par les créanciers avant de conclure la deuxième revue et de pouvoir entamer les discussions sur la dette, mais aussi de voir le pays intégré dans le programme de rachats d’actifs de la BCE (« QE ») dont il est toujours exclu.

On risque donc d’avoir un déluge législatif en Grèce en novembre. Le gouvernement devrait aussi se passer de toute forme de négociation sur des sujets assez sensibles comme la réforme du code du travail, les privatisations, le recouvrement des créances douteuses détenues par les banques et le budget 2017 que les créanciers veulent expurger des quelques éléments sociaux proposés par le gouvernement.

Grèce : jet de grenade devant l’ambassade de France, un policier blessé (AFP)

Deux inconnus circulant à moto ont jeté jeudi matin une grenade devant l’ambassade de France à Athènes, blessant légèrement un policier en faction, a indiqué une source policière.

La brigade anti-terroriste s’est saisie de l’enquête sur cet attentat, qui s’est produit peu avant 5 heures du matin, sur une des grandes avenues centrales d’Athènes, en face du Parlement.

La police privilégie dans l’immédiat la piste d’un acte commis par la mouvance extrémiste anarchiste locale, qui revendique régulièrement des attaques sans victimes contre des cibles diplomatiques, économiques ou politiques, selon la même source.

Les représentations françaises en Grèce sont sporadiquement visées par des actions revendiquées par ou imputées à des groupes extrémistes anarchistes. En octobre, cette nébuleuse avait annoncé une série d’actions pour réclamer la libération de Georges Ibrahim Abdallah, un Libanais qui purge depuis 1987 une peine de détention à perpétuité en France pour actes terroristes.


Monde – Géopolitique

Afghanistan : deux soldats et deux contractors US tués lors d’une attaque suicide à Bragram (Lignes de défense)

Ashton Carter, le Secrétaire américain à la Défense, a confirmé la mort de quatre Américains, tués sur l’aéroport de Bagram, à 60km au nord de Kaboul. Les victimes sont deux soldats US et deux contractors du Pentagone (le nom de la leur société n’a pas été précisé).

L’explosion de samedi matin, a blessé 16 autres soldats américain et un soldat polonais. L’attentat s’est produit à l’aube à l’intérieur de la base de Bagram. Le kamikaze qui a déclenché une bombe serait un employé afghan de la base. Cette attaque est la plus meurtrière depuis décembre 2015 à Bagram : un kamikaze taliban à moto avait alors déclenché sa chargé près de la même base, provoquant la mort de six militaires américains.

Mali : Ansar Dine revendique la mort du militaire français Fabien Jacq (AFP)

Le groupe djihadiste, Ansar Dine, du Malien Iyad Ag Ghaly, lié à Al-Qaïda, a revendiqué la mort du militaire français, victime d’une mine dans la nuit de vendredi à samedi au nord du Mali. Fabien Jacq, maréchal des logis-chef, est décédé des suites de ses blessures au poste français de Tessalit.

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Série d’attaques dans le centre du Mali (Zone militaire)

Dans la nuit du 5 au 6 novembre, une unité des forces armées maliennes (FAMa) a été prise à partie à Gourma-Rharous, dans la région de Tombouctou. À l’issue d’échanges de tirs nourris, qui, a priori, n’ont pas fait de victimes, les assaillants – non encore identifiés – ont emporté au moins 3 véhicules ainsi que des équipements militaires.

Quelques heures plus tard, c’est un convoi de la Mission mutidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) qui a été visé alors qu’il se trouvait à 45 km de la ville de Douentza, dans la région de Mopti (centre du pays). L’attaque a commencé par l’explosion d’une mine ou d’un engin explosif improvisé (IED), suivie par des tirs. Un Casque bleu togolais a été tué, de même que deux civils.

Enfin, au cours de la nuit du 6 au 7 novembre, un groupe armé, probablement jihadiste, a lancé un raid sur la localité de Banamba, située à seulement 140 km au nord de Bamako. L’objectif des assaillants était de libérer 21 détenus d’une prison, selon le ministre malien de la Justice, Ismaël Konate. Un porte-parole des FAMa a précisé que l’attaque avait commencé à 21 heures et qu’un gardien de prison est porté disparu.

Les Forces démocratiques syriennes lancent une offensive sur Raqqa avec le soutien de la coalition (Zone militaire)

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui réunissent les milices kurdes syriennes (YPG) et des groupes rebelles arabes, viennent de lancer une opération d’ampleur visant à chasser l’EI de Raqqa.

Seules les FDS sont impliquées dans cette opération, qui, appelée « Colère de l’Euphrate », mobilise 30.000 combattants, appuyés par la coalition internationale anti-EI dirigée par les États-Unis.

« Raqqa sera libérée grâce à ses fils et ses factions arabes, kurdes et turkmènes, des héros combattant sous la bannière des FDS, avec la participation active des Unités de protection du peuple kurde (YPG) (…) en coordination avec la coalition internationale », explique un communiqué des FDS.

Turquie : arrestation du patron du journal d’oppisition Cumhuriyet (AFP)

Le président du directoire du quotidien d’opposition turc Cumhuriyet, Akin Atalay, a été arrêté et placé en garde à vue ce vendredi, a indiqué le journal. Akin Atalay a été interpellé à son arrivée à l’aéroport Atatürk d’Istanbul, en provenance d’Allemagne, a précisé sur son site Cumhuriyet

La semaine dernière, neuf journalistes avaient été placés en détention, dans le cadre d’une enquête pour “activités terroristes”.

Tunisie : le chef du groupe terroriste Jund al-Khilafa abattu par l’armée (AFP)

Le ministère tunisien de la Défense, Farhat Horchani, a annoncé mercredi que l’armée avait abattu Talal Saïdi, le chef du groupe terroriste Jund al-Khilafa. Ce groupuscule est notamment lié à l’organisation État islamique (EI), et est responsable entre autres de l’assassinat d’un militaire à son domicile le 5 novembre dans une région montagneuse du centre-ouest du pays.

Les monts Salloum et Mghilla sont des maquis jihadistes dans le centre-ouest de la Tunisie. Le groupe qui se présente sous le nom de Jund al-Khilafa (soldats du califat, en arabe) avait aussi revendiqué au nom de l’EI la décapitation d’un berger de 16 ans il y a un an, également sur le mont Mghilla.

Les forces de sécurité tunisiennes traquent depuis 2012 des groupes extrémistes armés retranchés dans des zones montagneuses du pays, notamment sur les monts Mghilla et Chaambi.

Pakistan : un attentat contre un sanctuaire soufi fait au moins 52 morts (AFP)

Au moins 52 personnes ont été tuées samedi dans l’explosion d’une bombe pendant une cérémonie religieuse soufie au Baloutchistan, a annoncé le ministre de l’intérieur de cette province méridionale du Pakistan en proie à des troubles récurrents. Cent-cinq autres fidèles ont été blessés.

Selon les autorités de la province, un kamikaze adolescent est à l’origine de l’attentat. « C’était un attentat suicide. Nous avons trouvé des morceaux du corps de l’assaillant, qui montrent qu’il était âgé de 16 à 18 ans », a déclaré le secrétaire aux affaires intérieures de la province. L’attentat a été revendiqué dans la nuit par l’organisation Etat islamique (EI).

La déflagration s’est produite au milieu de la foule des fidèles au sanctuaire de Shah Noorani, un saint du soufisme, une branche mystique de l’islam considérée comme hérétique par certains groupes islamistes radicaux, a déclaré à l’Agence France presse un responsable du gouvernement local, Javed Iqbal.

En juin, le meurtre d’un célèbre chanteur soufi à Karachi, la métropole du sud du Pakistan, a suscité une vague d’indignation dans le pays. Amjad Sabri, un interprète de qawwali, une forme traditionnelle de musique religieuse islamique très appréciée en Asie du Sud et dont l’origine remonte au XIIIe siècle, fut tué par deux hommes à moto, et la police parla alors d’« acte de terrorisme ».

Crimée : le FSB arrête un groupe de « saboteurs » liés au renseignement militaire ukrainien (AFP)

Les services spéciaux russes (FSB) ont annoncé jeudi l’arrestation d’un groupe de « saboteurs-terroristes » envoyés selon eux par Kiev dans la péninsule annexée de Crimée pour y attaquer des sites militaires et des bâtiments administratifs.

Selon ce communiqué, le groupe, arrêté mercredi, « prévoyait de commettre des actes de sabotage sur des cibles comme des infrastructures politiques et militaires » et avait en sa possession « des engins explosifs puissants, des armes, des munitions » et des moyens de communication.

Le ministère ukrainien de la Défense a démenti ces accusations, dénonçant dans un communiqué publié sur son site internet « une autre imposture » visant à discréditer l’Ukraine et à dissimuler les « actes répressifs » commis par la Russie contre les habitants de Crimée critiques à l’égard de Moscou.

En août, la Russie avait déjà annoncé avoir déjoué des « attentats terroristes » préparés par l’Ukraine pour déstabiliser la péninsule, des accusations démenties par les services spéciaux ukrainiens (SBU).

Ukraine: l’ancien président géorgien Saakachvili démissionne de son poste de gouverneur d’Odessa (Courrier international)

Le 7 novembre au matin, l’ancien président géorgien, Mikheïl Saakachvili, gouverneur de la région d’Odessa depuis plus d’un an, a lancé un pavé dans la mare en annonçant sa démission, rapporte le quotidien en ligne Oukraïnska Pravda. Il a justifié sa décision en invoquant la lenteur des réformes, mais aussi et surtout la corruption des élites.

La région d’Odessa n’est pas seulement corrompue, a-t-il déclaré. Elle est vendue aux ennemis de l’Ukraine. J’en ai vraiment plus qu’assez.” Il a ajouté qu’Odessa ne pourrait “se développer que quand Kiev aura été débarrassée de la corruption qui protège directement le banditisme et la criminalité.”

Saakachvili, devenu citoyen d’Ukraine le 29 mai 2015 par décret présidentiel, a plus particulièrement visé son ancien allié, le président Petro Porochenko, qu’il accuse de “soutenir personnellement deux clans dans la région d’Odessa — des gangsters, des assassins”.

Porochenko s’est contenté de faire savoir qu’il acceptera la démission du gouverneur si le conseil des ministres la lui soumet, comme le veut la loi. Pour l’instant, Saakachvili reste donc officiellement à son poste, mais sans doute pour peu de temps.