Élections présidentielles – archives INA

1962 : un référendum initié par le général de Gaulle offre aux citoyens français la possibilité d’élire au suffrage universel le plus haut personnage de la République : son Président. Auparavant, cette responsabilité incombait à un collège de « grands électeurs ». Ce fut le cas pour la première élection de la Ve République, en 1958. Sous la IVe République, seuls deux présidents avaient été élus, en 1947 et 1953, par le Parlement réuni en Congrès.

Tous les 7 ans de 1965 à 2002, puis tous les 5 ans depuis 2002, ce grand rendez-vous des citoyens français avec l’univers de la politique a suscité intérêt, passion, échanges… Les campagnes électorales ont apporté leur lot de coups d’éclats, de petites phrases, de déclarations, de duels, de débats. Elles ont aussi amené sur le devant de la scène médiatique les nombreux candidats qui ont brigué le mandat présidentiel. Certains n’ont brillé que l’espace d’un scrutin, d’autres ont traversé le paysage politique durant plusieurs décennies.

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INA | Elections présidentielles 1965

INA | Elections présidentielles 1969

INA | Elections présidentielles 1974

INA | Elections présidentielles 1981

INA | Elections présidentielles 1988

INA | Elections présidentielles 1995

INA | Elections présidentielles 2002

INA | Elections présidentielles 2007

Comprendre la Corée du Nord

La Corée du Nord en 100 questions

Faut-il avoir peur de la Corée du Nord ? Les dirigeants nord-coréens sont-ils fous ? Comment la Corée du Nord est-elle devenue la première dynastie communiste du monde ? Combien la famine a-t-elle tué de Nord-Coréens en 1995 ? Comment vit-on aujourd’hui en Corée du Nord ? Une économie de marché y est-elle née ? Comment les réfugiés nord-coréens sont-ils manipulés ? Derrière les menaces nucléaires, que veut vraiment Pyongyang ?

La Corée du Nord défie le monde. L’intensification des essais nucléaires et des tirs de missiles balistiques menés par le jeune leader Kim Jong-un ravive plus que jamais les tensions en Asie du Nord. Systématiquement diabolisée, la République populaire démocratique de Corée reste pourtant une énigme pour les Occidentaux.

Pour dépasser fantasmes et clichés, Juliette Morillot et Dorian Malovic lèvent le voile sur la réalité de cette puissance nucléaire qui inquiète chaque jour davantage la planète.

En 100 questions, ils racontent l’Histoire ancienne pour éclairer le présent, décryptent l’impuissance de la communauté internationale face aux provocations de Pyongyang et nous révèlent une société traversant une mutation sans précédent.


Méconnue, la Corée du Nord se résume souvent à son arsenal militaire et sa dynastie communiste. C’est pourtant un pays fort complexe de 22 M d’habitants, point d’équilibre des puissances de l’Asie dont la plupart ont intérêt à sa survie.

La Corée du Nord est un petit pays qui suscite bien des curiosités, des fantasmes et des inquiétudes. Parce qu’on ne connait rien de lui, parce que très peu d’informations fiables en sortent, parce que cette dynastie communiste se maintient au pouvoir malgré tout, la Corée joue le rôle du méchant dans les relations internationales, ayant supplantée Cuba, l’URSS ou l’Irak. Elle associe la saveur exotique de l’Orient à la dangerosité moderne de la possession nucléaire.

Juliette Morillot et Dorian Malovic, tous deux spécialistes de l’Asie et de son histoire, ont rédigé ce livre de questions-réponses qui permet d’accoster la Corée par la voie de la connaissance et de découvrir des éléments surprenants à son sujet. Ils y traitent de l’histoire de la Corée, de sa lutte contre le Japon et de la guerre de 1950, de cette famille qui dirige le pays depuis plus de cinquante ans, de société et de culture et de son rôle réel dans la géopolitique mondiale. Ces 100 questions sont suffisamment vastes pour traiter tous les points importants de ce pays et pour découvrir réellement la complexité de la Corée du Nord.

Un chapitre utile est consacré à la propagande. Celle du nord bien sûr, mais aussi celle que l’on déverse contre lui, par exemple les exécutions fantastiques à coup d’obus ou de meute de chiens, qui seraient des inventions des médias de Corée du Sud. De quoi apporter un éclairage sur un pays pas si folklorique qu’il en a l’air.

Tzvetan Todorov : « La tentation du Bien est beaucoup plus dangereuse que celle du Mal »

« La tentation du Bien est beaucoup plus dangereuse que celle du Mal » (Le Monde)

Qu’est-ce qui fait qu’un individu s’attache plutôt à des héros bénéfiques ou bien à des héros maléfiques ? La tentation du Mal est-elle aussi puissante que la tentation du Bien ?

T. T. :Pour moi, la tentation du Mal n’existe presque pas, elle est très marginale à mes yeux. Il existe sans doute quelques marginaux ici et là qui veulent conclure un pacte avec le diable et faire régner le Mal sur la Terre, mais de ce point de vue je reste plutôt disciple de Grossman, pour qui le Mal vient essentiellement de ceux qui veulent imposer le Bien aux autres. La tentation du Bien me semble donc beaucoup plus dangereuse que la tentation du Mal.

Je dirais, au risque d’être mal compris, que tous les grands criminels de l’histoire ont été animés par le désir de répandre le Bien. Même Hitler, notre mal exemplaire, qui souhaitait effectivement le Mal pour toutes sortes de populations, en même temps espérait le Bien pour la race élue germanique aryenne à laquelle il prétendait appartenir.

C’est encore plus évident pour le communisme, qui est une utopie universaliste, même si, pour réaliser cette universalité, il aurait fallu éliminer plusieurs segments sociaux de cette même humanité, qui ne méritaient pas d’exister : la bourgeoisie, les koulaks, etc. Les djihadistes d’aujourd’hui ne me paraissent pas animés par le désir de faire le Mal, mais de faire le Bien, par des moyens que nous jugeons absolument abominables.

Pour cette raison, je préfère ne pas parler de « nouveaux barbares ». Parce que la barbarie, qu’est-ce que c’est ? La barbarie n’est pas l’état primitif de l’humanité : depuis les premières traces de vie humaine, on trouve aussi des preuves de générosité, d’entraide. De nos jours, les anthropologues et les paléontologues affirment que l’espèce humaine a su survivre et s’imposer, alors qu’elle n’était pas la plus forte physiquement, grâce à l’intensité de la coopération entre ses membres, lui permettant de se défendre contre les menaces qui la guettaient.

La barbarie, c’est plutôt le refus de la pleine humanité de l’autre. Or bombarder de façon systématique une ville au Moyen-Orient n’est pas moins barbare que d’égorger un individu dans une église française. Cela détruit même beaucoup plus de personnes. Lors des attentats dont Paris a été victime dernièrement, on a sous-estimé l’élément de ressentiment, de vengeance, de représailles, qui était immédiatement mis en avant quand on a pu interroger ces individus ou dans leurs déclarations au moment de leurs actes. Ils n’agissaient pas de façon irrationnelle, puisqu’ils pensaient atteindre les objectifs qui étaient les leurs en tuant indifféremment des personnes qui se trouvaient sur leur chemin : ils voulaient répondre à la guerre par la guerre, ce qui est une logique hélas répandue dans l’histoire de l’humanité.

Qu’est-ce qui fait qu’on bascule du côté de la tuerie au nom d’une idéologie ?

T. T. : Le jugement moral se constitue à plusieurs niveaux successifs. Au départ, la distinction même du Bien et du Mal peut être absente, faute d’avoir entouré le petit être humain par des soins et de l’avoir protégé par des attachements. Le résultat de ce manque est le nihilisme radical. Le deuxième pas dans l’acquisition du sens moral consiste à dissocier l’opposition du Bien et du Mal de celle entre Je et Autrui ou entre Nous et les Autres ; l’adversaire ici est l’égoïsme ou, sur le plan collectif, l’ethnocentrisme. Enfin le troisième degré consiste à renoncer à toute répartition systématique du Bien et du Mal, à ne pas situer ces termes dans une quelconque partie de l’humanité, mais à admettre que ces jugements peuvent s’appliquer aussi bien à nous qu’aux autres. Donc, à combattre le manichéisme du jugement.

A chacun de ces stades peut s’installer la perversité dont on parle. Il n’existe pas deux espèces d’êtres humains, les uns qui risquent de fauter et les autres, dont nous ferions partie, à qui ça n’arrivera jamais. D’un autre côté, si on s’ouvrait à une compassion universelle, on ne pourrait plus vivre, on devrait aider tous les sans-abri, tous les mendiants qu’on rencontre dans la rue et partager avec eux ce qu’on a, or on ne le fait pas et on ne peut le faire – sauf si on est un saint. Il y a une sorte d’équilibre qui doit s’établir entre la protection de soi et le mouvement vers autrui. Mais ignorer l’existence des autres, c’est cesser d’être pleinement humain.

Donc, contrairement à ce que l’on dit souvent, notamment à propos du djihadisme, il faut chercher à le comprendre, et non pas refuser, par principe, l’explication ?

T. T. : Très souvent, ces jeunes qui s’égarent dans le djihad cherchent un sens à donner à leur vie, car ils ont l’impression que la vie autour d’eux n’a pas de finalité. S’ajoute à leurs échecs scolaires et professionnels le manque de cadre institutionnel et spirituel. Quand je suis venu en France en 1963, il existait un encadrement idéologique très puissant des jeunesses communistes et des jeunesses catholiques. Tout cela a disparu de notre horizon et le seul épanouissement, le seul aboutissement des efforts individuels, c’est de devenir riche, de pouvoir s’offrir tel ou tel signe extérieur de réussite sociale.

De façon morbide, le djihad est le signe de cette quête globale de sens. Il est la marque de cette volonté de s’engager dans un projet collectif qui frappe souvent des personnes qui jusque-là étaient en prison pour des petits vols et des menus crimes, mais qui cessent de trafiquer, de boire ou de fumer du haschisch pour être au service d’une doctrine vraie, de ce « Un » dont vous parliez tout à l’heure. Ils sont d’abord prêts à sacrifier la vie d’autrui, mais ensuite la leur aussi.

Y a-t-il des héros ou des contre-récits qui pourraient permettre de structurer davantage leur univers mental ?

T. T. : Oui, je crois beaucoup à cette force du récit, qui est bien plus grande que celle des doctrines abstraites et qui peut nous marquer en profondeur sans que nous en soyons conscients. Ces récits peuvent prendre la forme d’images idéelles, comme Tarzan et Zorro pour Boris Cyrulnik. Mais il y en a beaucoup d’autres encore. Dans mes livres, j’essaie de raconter moi-même des histoires, que ce soit la conquête de l’Amérique ou la seconde guerre mondiale. Mais c’est un travail qui doit se répercuter dans notre culture politique et dans notre éducation.

Dans une classe d’une école parisienne aujourd’hui, on trouve des enfants de quinze origines différentes. Comment, sans rire, leur parler de nos ancêtres les Gaulois ? Je ne pense pas pour autant qu’il faudrait leur enseigner l’histoire ou la mémoire des quinze nationalités qui se retrouvent dans cette classe. On doit leur apprendre une histoire de la culture dominante, celle du pays où l’on se trouve, mais de manière critique, c’est-à-dire où l’on n’identifie aucune nation avec le Bien ou le Mal. L’histoire peut permettre de comprendre comment une nation ou une culture peut glisser et basculer dans le Mal, mais aussi s’élever au-dessus de ses intérêts mesquins du moment et contribuer ainsi à une meilleure vie commune. Bref, sortir du manichéisme qui revient en force aujourd’hui.

Comment expliquez-vous ce qui apparaît comme une déprime collective française ?

T. T. : Pour quelqu’un qui a sillonné plusieurs pays, il y a en France un pessimisme, une déprime, une complaisance excessive à observer le déclin, que je m’explique par le fait qu’au XXe siècle la France est passée d’un statut de puissance mondiale à un statut de puissance de deuxième ordre. Cela conditionne en partie cette mauvaise humeur, constitutive aujourd’hui de l’esprit français.

Pourtant, les attentats et le retour du tragique de l’Histoire sur notre sol ont bel et bien miné le quotidien de chacun… La France serait-elle une nation résiliente ?

T. T. : Je vois paradoxalement quelque chose de positif dans cette situation. Bien sûr, on ne peut se réjouir de l’existence de ces victimes en France. Mais il est salutaire de prendre conscience de la dimension tragique de l’Histoire, de ce que la violence n’est pas éliminée de la condition humaine juste parce qu’en Europe les Etats ne sont plus en guerre les uns contre les autres.

Hervé Juvin – Les perspectives du transhumanisme

Conférence d’Hervé Juvin, essayiste et économiste français, au Parlement européen le 31 janvier 2017

La condition politique repose sur la séparation des groupes humains qui assure leur diversité. Jusqu’ici cette séparation entre les hommes provenait de la langue, des mœurs, des lois et des cultures, et se traduisait par le phénomène universel de la frontière : on traçait des séparations matérielles entre «nous» et les «autres». Il s’agissait d’une séparation géographique, matérielle, et horizontale.

Depuis une trentaine d’années, on assiste à un phénomène nouveau, une forme de transgression qui se traduit par le « tout est possible » ou « le monde est à nous ». Tout cela est en train de faire naitre une nouvelle séparation qui bouleverse radicalement tout ce qui faisait société.  Cet espoir un peu fou, c’est le transhumanisme : il propose de s’affranchir totalement de la condition humaine et veut en finir avec toutes les limites, toutes les déterminations de la nature.

Cette idéologie des « trans » vise à construire un homme hors-sol, délié de toute origine, et déterminé uniquement par sa propre volonté. C’est le retour du mythe de l’homme nouveau appuyé sur un délire scientiste qui voudrait que chacun soit à lui-même son petit Dieu autocréateur, pur produit de son désir, de ses intérêts ou de sa volonté propre.

C’est cela, la « grande séparation » : la fabrique d’un homme sans origines, sans liens et sans foi, mais qui a chaque instant se choisit lui-même et choisit qui il est.

Enquête sur le totalitarisme de demain.

Version mp3 – Ekouter.net

2005 : quand les Français ont dit non à l’Europe

Le 24 juin 2016, les Britanniques ont dit non à l’Europe. Si la Grande-Bretagne est le premier pays à quitter l’Union européenne, il n’est pas le premier à la sanctionner.

Rappelez-vous, il y a 12 ans, le 29 mai 2005, les Français eux aussi ont voté la défiance en disant non au traité de Constitution européenne, non à l’Europe de l’austérité et du libéralisme, à 55%. Ce résultat sonne la fin d’une campagne âpre et clivante.

Placés sous les projecteurs, les tenants du « oui » ont été soutenus par une presse largement acquise au traité alors que les tenants du « non » ont été mis à l’écart des plateaux de télévision et des tribunes des journaux. Malgré cette campagne médiatique partisane, le « non » l’emporte et les Français sont traités de « populistes ».

Trois ans plus tard, faisant fi du vote populaire, Nicolas Sarkozy modifie la constitution et fait voter la loi qui permet de ratifier le traité de Lisbonne, copie conforme de la Constitution européenne rejetée lors du référendum. À droite et comme à gauche, la majorité des parlementaires a contourné le vote du peuple. Ce déni de démocratie marque le début d’une rupture, d’un divorce entre les Français et les élites politiques et médiatiques.

De 2005 à 2016, ce documentaire raconte pourquoi le rejet d’une Europe « libérale » n’a cessé de creuser une fracture démocratique entre deux France, « celle d’en haut et celle d’en bas. » Et comment les promesses non tenues d’une Europe plus sociale ont fait le lit du Front National. Crédité de 15% des voix en 2002, le parti de Marine Le Pen a doublé ses scores électoraux en dix ans…

Un film écrit et réalisé par Elizabeth DrévillonFrance 3

De Gaulle au XXIè siècle

Conférence de Pierre-Yves Rougeyron le 19 décembre 2016 pour la sortie du 19e numéro de Perspectives Libres : De Gaulle au 21e siècle

Sommaire – Dossier : « De Gaulle au XXIème siècle »

  • Dans la vallée du roi – Pierre-Yves Rougeyron
  • De Gaulle : sous la statue, le volcan – Yannick Jaffré
  • Chronique d’un rendez-vous raté : la France gaullienne et l’Espagne franquiste – Nicolas Klein
  • L’amitié et la solitude de la grandeur – Daniel J. Mahoney
  • De Gaulle et l’héritage français de l’Etat directeur – Kees Van Der Pijl
  • Ni capitalisme ni marxisme : la signification chilienne de la visite de Charles de Gaulle – Joaquin Fermandois